Critiques de théâtre, opéras, concerts (Marseille et région PACA), en ligne sur ce blog puis publiées dans la presse : CLASSIQUE NEWS (en ligne), AUTRE SUD (revue littéraire), LA REVUE MARSEILLAISE DU THÉÂTRE (en ligne).
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à
RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
Ci-dessous : liens vers les sites internet de certains de ces supports.

L'auteur

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Agrégé,Docteur d'Etat,Professeur émérite des Universités,écrivain,traducteur,journaliste DERNIÈRES ŒUVRES DEPUIS 2000: THÉÂTRE: LA VIE EST UN SONGE,d'après Caldéron, en vers,théâtre Gyptis, Marseille, 1999, 2000; autre production Strasbourg, 2003 SORTIE DES ARTISTES, Marseille, février 2001, théâtre de Lenche, décembre 2001. // LIVRES DEPUIS 2000 : LA VIE EST UN SONGE, d'après Calderón, introduction, adaptation en vers de B. Pelegrín, Autres Temps, 2000,128 pages. FIGURATIONS DE L'INFINI. L'âge baroque européen, Paris, 2000, le Seuil, 456 pages, Grand Prix de la Prose et de l'essai 2001. ÉCRIRE,DÉCRIRE L'AMÉRIQUE. Alejo Carpentier, Paris, 2003, Ellipses; 200 pages. BALTASAR GRACIÁN : Traités politiques, esthétiques, éthiques, présentés et traduits par B. Pelegrín, le Seuil, 2005, 940 pages (Prix Janin 2006 de l'Académie française). D'UN TEMPS D'INCERTITUDE, Sulliver,320 pages, janvier 2008. LE CRITICON, roman de B. Gracián, présenté et traduit par B. Pelegrín, le Seuil, 2008, 496 p. MARSEILLE, QUART NORD, Sulliver, 2009, 278 p. ART ET FIGURES DU SUCCÈS (B. G.), Point, 2012, 214 p. COLOMBA, livret d'opéra,musique J. C. Petit, création mondiale, Marseille, mars 2014.

vendredi, septembre 04, 2015

MUSIQUE A CAPPELLA


LES VOIX ANIMÉES
Cycle
ENTRE PIERRES ET MER
ANGES ET MUSES

Musique de la Renaissance a cappella
La Tour royale, Toulon, 28 août 2015

    Comme un château de sable à l’échelle des titans, concrétisé en pierre au fil des siècles, la Tour royale de Toulon, au bout d’une presqu’île, domine désormais paisiblement la rade, sans canons, tambours ni trompettes, en géant débonnaire, dépositaire d’un passé guerrier aujourd’hui heureusement révolu : elle accueille désormais dans son creux, dans sa cour, la paix universelle de la musique. Il faut y aller au crépuscule pour jouir de la sérénité du vert tapis du parc à ses pieds, quand la mer reflète en rose le rougeoiement intense du soleil avant qu’il ne sombre avec faste, semblant éclairer la mer par en dessous, et ce soir-là, la lune, à l’est, presque pleine, prenait sur les flots et le ciel le relais lumineux.

    Une petite scène adossée au mur, une rampe lumineuse, des pupitres pour tenir les tablettes numériques de partitions pour éviter autant en emporte les rages et ravages du vent, qui demeura très sage ce soir exceptionnel de douceur, de beauté sereine, des rangées de siège de front et, de dos, au-delà des créneaux, la mer : « Entre pierres et mer », tel était le programme, entre terre et ciel, ajouterai-je.
Luc Coadou

    Les éléments semblaient s’être accordés musicalement, mis au diapason de la douceur pour profiter de ce concert : le vent, la mer faisaient silence, tendant l’oreille à la finesse de ce programme, à la délicatesse de son exécution, à la pureté de voix nues, en leur vérité, sans un habillage ou fard instrumental :


Anne-Claire baconnais
Anne-Claire Baconnais
, Adèle Pons, soprani, Laurence Recchia, mezzo, Josquin Gest, contre-ténor, Damien Roquetty, Eymeric Mosca, ténors et la voix la plus grave, Luc Coadou, baryton et directeur musical. Un choix délicat de timbres à la trame serrée du grave viril à l’aigu masculin et féminin, avec des interventions solistes des soprani, éclosions stellaires dans le doux velouté nocturne du chant choral. Harmonie de nuit avec les costumes d’un sobre raffinement : filles en robe noire, écharpe de soie vaguement dorée sous la lumière, hommes en cravates de la même couleur qui éclaire l’élégance stricte des costumes.
Adèle Pons


Laurence Recchia
    Les compositeurs, brièvement et simplement présentés par Luc Coadou sont la constellation de la polyphonie de la Renaissance européenne aux frontières du Baroque, du XVIe siècle, qui vit l’érection de ce fort, au début du XVIIe qui n’a pas encore abandonné la « prima prattica », le « stilo antico » : anglaise (Tallis, Byrd, Dering, Bennett, Weelkes), espagnole (Victoria, Lobo), française et franco-flamande (Lassus, Ponte, Clemens non Papa) germanique (Hassler), et italienne bien sûr (Gastoldi, Marenzio). C’est un vaste panorama, un nocturne arc-en-ciel vocal à la fois religieux (les Anges) où domine le latin mais aussi profane (les Muses) en langues vulgaires (anglais, français, italien) mais la différence est plus textuelle que musicale, musique savante, politique et courtisane comme les éloges des Anglais à Élisabeth 1re.
Josquin Gest 
   On admire la cohésion, le plissé, le galbe des lignes solistes qui se joignent, se tissent, se tressent, se pressent, se séparent dans une calme draperie aérienne, où  la mathématique métronomique, la fin précise du son est moins une coupure brutale qu’une respiration, une exhalaison, un  silence qui laisse entrer l’espace et la nuit dans cette musique ajourée.

Damien Roquetty
    Dans la calme nuit d’été, dans cette écriture polyphonique déjà figurale, les voix claires aux entrées étagées, décalées, montaient, descendaient, entrecroisant leurs mélodieuses lignes, dessinant d’invisibles et légères nervures ogivales soutenues par la clé de voûte de la voix grave de Luc Coadou, sombre armature droite, tronc solide d’où semblaient parfois jaillir, fleurir les fins branchages, la frondaison, l’efflorescence lumineuse d’une constellation vocale aspirant, dans la douceur, à la musique des sphères de la voûte céleste. 
Eymeric Mosca
   Immobiles « Voix animées » mais qui, au sens propre, ont une âme et qui éveillent ou réveillent la nôtre.

Toulon, la Tour royale
Abbaye du Thoronet le 29 le 28 août
Entre pierres et mer
Musique de la Renaissance a cappella
Par les Voix animées
Anne-Claire Baconnais, Adèle Pons, soprani, Laurence Recchia, mezzo, Josquin Gest, contre-ténor, Damien Roquetty, Eymeric Mosca, ténors, Luc Coadou, baryton et directeur musical.

Prochains concerts :
In Æternum,
Missa Assunmpta est Maria de Palestrina,
Motets de Tomás Luis de Victoria et de William Byrd,
Création de Tomas Bordalejo.
12 septembre, 21 heures,  Abbaye du Thoronet ;
13 septembre, 17 heures, Temple de Toulon .

SITES :
la web-série des VoiZ'Animées sur le site www.lesvoizanimees.com 


 NOTE :
En 2014, Les Voix animées sont invitées à participer à l’émission de France 2 « La Boîte à musique » de Jean-François Zygel, à l'enregistrement d'un sujet sur les Abbayes cisterciennes de Provence pour le JT de Claire Chazal (TF1) ainsi que dans plusieurs enregistrements pour France 3, France Musique, Le Mouv... En octobre 2014, le Festival « Rota das Artes » programme deux concerts du groupe vocal à Lisbonne (Portugal) : ainsi s’ouvre la présence des Voix animées sur la scène internationale. La web-série « La vidéo de promotion des VoiZ’Animées ».

mardi, septembre 01, 2015

ISABELLE BONNADIER

AVANT D'INCARNER AVEC HUMOUR ET PANACHE L'UNE DES 4 BARBUES POILANTES  AU THÉÂTRE DE LENCHE DU  26 SEPTEMBE AU 1er OCTOBRE, ISABELLE  NOUS LIVRE ICI, DANS L'INTIMITÉ, L'UNE DES FACETTES DE SON TALENT MULTIPLE ET DE SA JOLIE VOIX DE DISEUSE ET CHANTEUSE



Messages, messagers…
Lettres à dire et à chanter


par Isabelle Bonnadier

« Un très beau moment d’élégance et de poésie »… 
« Une fête des mots et des sentiments »
« Une rare intensité »

Samedi 12 Septembre à 19h
(Accueil à partir de 18h30)

Chez Eliane Ferrier
Villa Phrygé – 19B Parc Beauvallon
183 chemin de Morgiou
 13009 MARSEILLE

Tarif : 12 euros 
Une collation vous sera offerte après le récital


Un récital-lecture à domicile 
A travers leurs échanges épistolaires, hommes et femmes de lettres, mais aussi philosophes, savants, peintres, musiciens se sont, de tous temps, livrés à cœur ouvert. Certains compositeurs sont allés  jusqu’à mettre en musique des lettres, envoyées ou reçues, réelles ou imaginaires.
Nous-mêmes avons tous, un jour ou l’autre, saisi notre plume pour dire notre amour, notre révolte, nos convictions, nos doutes, ou tout simplement les gestes et les bonheurs quotidiens, en de petits mots, billets doux, longs courriers et autres cartes postales…
Isabelle Bonnadier, voix
Tour à tour chanteuse et lectrice, elle vous invite à savourer quelques-unes des plus belles pages de l’art de la correspondance ;  un genre littéraire à part entière où se mêlent  coups de gueule et envolées lyriques,  gravité et franche drôlerie.
Des poèmes et textes de Philippe Forcioli, Raymond Devos, Mahmoud Darwich,  Blaise Cendrars, Arthur Rimbaud, Héloïse, Marcelline Desbordes-Valmore, Marina Tsetaeva, Rainer Maria Rilke, François de Grignan, Jean Cocteau, Molière, Zouc,  Julos Beaucarne, Pierre Desproges, Patti Smith, Fernando Pessoa, St-Exupéry, Christian Bobin, René-Guy-Cadou, Charles Chaplin…
Des chansons de Romain Didier, Claude Nougaro, Arthur H., Léo Ferré, Julien Clerc, Aristide Bruant, Isabelle Bonnadier, Anne Sylvestre, Jacques Offenbach, Michel Polnareff, Barbara, Danièle Messia, Philippe Forcioli, Claudio Monteverdi…

RENTRÉE SYMPHONIQUE





OPÉRA DE MARSEILLE


DIRECTEUR GÉNÉRAL MAURICE XIBERRAS
VENDREDI 11 SEPTEMBRE 2015 - 20H00 AU SILO
GUSTAV MAHLER
Des Knaben Wunderhorn
RICHARD STRAUSS
Der Rosenkavalier, Suite
FRANZ LISZT
Concerto pour piano n°1
Direction musicale
YARON TRAUB
Mezzo-soprano
AURHELIA VARAK
Basse
DANIEL KOTLINSKI
Piano
PLAMENA MANGOVA

Orchestre Philharmonique de Marseille


RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
TARIF DES PLACES : 20 à 25 euros
LOCATION - A l’Opéra, du mardi au samedi de 10h à 17h30 – Angle Place Ernest Reyer / Rue Molière - Fnac - Par téléphone : 04 91 55 11 10 – 04 91 55 20 43 du mardi au samedi de 10h à 17h30 - Internet : http://opera.marseille.fr
RENSEIGNEMENTS + RÉSERVATIONS
04 91 55 11 10 – 04 91 55 20 43 du mardi au samedi de 10h à 17h30
LE SILO
35 Quai du Lazaret, 13002 Marseille
CONTACTS Véronique Guégan Service presse de l’Opéra TEL : +33 (0)4 91 33 10 50 vguegan@mairie-marseille.fr
Pierre Collet / William Chatrier / Pierrette Chastel
Associés en communication / imagine TEL : +33 (0)1 40 26 35 26 collet@aec-imagine.com – 06 80 84 87 71 chatrier@aec-imagine.com – 06 63 56 35 26 pierrette.chastel@aec-imagine.fr - 06 33 55 29 88


NOUVEAUTÉ : PASS 25 > Pour les moins de 25 ans, 7 concerts pour 25€

DEUX RENDEZ-VOUS À POURRIÈRES!

HABILLER JOYEUSEMENT LE CORPS!


HABILLER DOUCEMENT SON ÂME


mardi, août 25, 2015

Chansons marseillaise à bord!

     ÇA VA TANGUER TANGO, ÇA VA VOGUER (ET VOGUE LA GALÈRE!) SOUS L'ŒIL DE LA BONNE MÈRE ET L'AILE PROPICE DU VENT ET DU CHANT AVEC CES JEUNES ET BEAUX INTERPRÈTES QUI SE PRÊTENT ET S'APPRÊTENT POUR NOUS CHARMER DE CES REFRAINS IMMORTELS DES HEURES DE GLOIRE DE L'OPÉRETTE MARSEILLAISE, DE L'ALCAZAR AUX QUATRE COINS DU MONDE, DU VENT: LE GÉNÉREUX DON DU TALENT!
    TOUS À BORD! À L'ABORDAGE MUSICAL ET AMICAL DE CE VAISSEAU QUI N'EST PAS FANTÔME MAIS BIEN INCARNÉ EN ARTISTES DE CHAIR ET D'OS ET DE MUSIQUE.
https://www.youtube.com/watch?v=Ls7zECJczHw


BILAN DU FESTIVAL DE LA ROQUE D'ANTHÉRON


Enregistrement 24/08/2015, passage, semaine du 31/08 au 6/10/2015
RADIO DIALOGUE (Marseille : 89.9 FM, Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)
« LE BLOG-NOTE DE BENITO » N° 189

    Estival se cache sous festival, disais-je. Par la vertu de la consonance, on ferait presque des synonymes de ces mots, surtout dans notre  belle région favorable aux manifestations de plein air avec ses risques parfois. Et cette saison, exceptionnellement chaude, malgré ou à cause de la canicule, avec son temps également beau, a fait, autant qu’on sache, qu’aucun spectacle à l’air libre n’a été annulé, la terreur des directeurs des festivals demeurant les intempéries. Mais l’été en peinte douce vers son crépuscule automnal, les grandes festivités musicales de notre région s’éteignent peu à peu pour laisser une prochaine place, dès le 29 septembre, à la saison, qui s’annonce riche et diverse.

       Festival Durance Luberon,
     Samedi 22 août, le Festival Durance Luberon, commencé le 8 août, animant de concerts très variés les jolis villages qui jalonnent et sillonnent les pentes du Luberon et serpentent aussi le long de la Durance, finissait en beauté à 21h en l’Abbaye de Silvacane de La Roque d’Anthéron avec un ambitieux spectacle musical et visuel, Ténèbres et lumières, du très bel ensemble vocal Ad Fontes Canticorum dirigé par Jan Heiting, ténèbres sans doute du sujet, fondé musicalement sur deux requiems, deux messes des morts, le premier de Rey Eisen, le second, fameux, de Gabriel Fauré. Deux requiems éclairant de leur sombre lumière musicale, mais aussi de leur espoir lumineux, des textes de la Divine Comédie de Dante, dits par une comédienne, d’abord extraits de l’Enfer, mais ensuite, du Paradis, illustrés par des vidéos. Message de mort et de vie renouvelée sous les voûtes médiévales et intemporelles de cette austère et pure abbaye.

    Solidité de roc, la Roque
   La veille, le vendredi, le XXXVe FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE DʼANTHERON, dont certains concerts siègent aussi dans la nef et le cloître de l’abbaye de Sylvacane, le plus tardif mais le plus long des grands festivals de la région, qui a duré près d'un mois, du 24 juillet au 21 août 2015, tirait  donc son rideau végétal et son bilan, clôturant en apothéose avec un concert de jazz du mythique pianiste Monty Alexander et son combo, sa formation réduite d’abord à un trio puis à un sextette d’instrumentistes virtuoses éblouissants.
Monty Alexander et son groupe, photo Christophe GREMIOT
   Belle conclusion pour un festival déjà ancien mais toujours jeune avec trente-cinq ans de succès. Pour en mesurer la réussite, rappelons la gageure initiale du premier, lancé par René Martin, éternel adolescent, qui en demeure le directeur artistique, et le jeune fils Onoratini, hélas disparu, dans le cœur battant du parc du château de Florans : une petite estrade pour scène sur un petit plan d’eau, un minuscule bassin, quelques rangées sièges étagés, et la magie du piano, des arbres, des nuits d'été, et de la convivialité d'un public ravi. Il y a trente-cinq ans, donc mais, comme un caillou lancé dans une onde calme, le petit festival voué au piano a étendu ses palpitantes ondes telles les harmoniques d’une note, de plus en plus larges, jusqu’à un infini de silence et de rêve charmés, dans une diversité de musiques et de lieux.
Youri Favorin, Photo Samuel Cortès
   Notre première halte musicale, c’est un court extrait du Prélude N°5 en sol majeur, opus 32 de Rachmaninov interpréta par le grand pianiste russe Boris Berezovsky, un habitué du festival, tiré d'un disque Mirare/la Roque d'Anthéron/ France-Musique :

1) DISQUE I, PLAGE 1 

   Berezovsky a été l’un des 370 artistes invités cette année qui se distribuent en 61 solistes, 4 chefs d'orchestre, 236 musiciens d’orchestres et de chœurs, 30 musiciens de jazz et de musique latine, 20 musiciens de musique de chambre, 19 musiciens en résidence (5 trios et 2 duos) pour 89 concerts programmés, pratiquement trois par jour, auxquels 76 500 spectateurs ont fait un accueil enthousiaste mérité. 
Anna Vinnitskaya,  photo Samuel Cortès
    Ce public, selon une étude, provient pour 60,10 % de la région PACA, résidents et vacanciers, nous dit-on (mais vacanciers de l'intérieur de la région, et d'où?). Cela prouve, en tous cas, le bel ancrage régional et la nécessité locale de ces poumons artistiques que sont les festivals. La région parisienne, forme 15,71 % de ce public,  et, d'autres régions de France, 18,75 %, les Dom-Tom et l'étranger représentant 5,44 %. Il serait aussi intéressant de connaître la moyenne d'âge du public car, habitué des festivals de la région, il me semble que, si l'on y retrouve avec plaisir de vieux fidèles du début, la proportion des jeunes m'y semble remarquable.
   Malgré tout, réduire le Festival de Piano de La Roque d’Anthéron au simple feuillet de son bilan, comme je l'ai déjà dit, c’est résumer la forêt à un arbre et l’arbre à une feuille, même celle, généreuse, des platanes du parc Florans du festival initial. Mais nous écoutons l’adorable Anne Queffélec, une autre habituée dans le Rondo en la mineur, K 511 de Mozart :

2) DISQUE I, PLAGE 11

Sous la conque, Vinnitskaya, Photo Samuel Cortès

   Le festival s’est vite diversifié heureusement en horaires et dans des lieux où la musique a trouvé, tout harmonieusement, le sien. Car le Festival, éclos à Florans, a essaimé harmonieusement et fleuri  d’autres scènes à l’ombre des divers clochers des jolies petites villes et villages d’alentours, Cucuron, Lourmarin, Rognes, Lambesc, Saint-Martin-de-Crau, Silvacane, Gordes, Mimet mais il en a bercé musicalement nombre d’autres communes dont la liste est comme une poétique litanie provençale  : Meyrargues / Plan d'Orgon, Saint-Rémy, Saint-Estève-Janson, Maussane-les-Alpilles / Mallemort, Verquières / Jouques, Vernègues / Charleval, Eygalières / Eyguières.
   Laissons- nous accompagner, pour notre troisième pause musicale, par une autre grande dame habituée de la Roque, où elle anime aussi des master classes, Claire Désert, avec quelques accents  de l’Intermezzo N°6 en si mineur, op. 4 de Robert Schumann, qu'elle nous livre avec une passion contagieuse :

3) DISQUE I, PLAGE 14


 C'était un extrait du même disque album, qui rassemble neuf des grands pianistes internationaux familiers de la Roque, enregistré sur place, et paru en 2006.


   Master classes, résidences
   Car c’est cela aussi ce festival : un lieu où de jeunes pianistes peuvent venir se perfectionner auprès de leurs prestigieux aînés. Ainsi, cette année, 62 master classes publiques ont été dispensées du 8 au 14 août par 9 professeurs qui en font un merveilleux sacerdoce : Claire Désert, Emmanuel Strosser, Christian Ivaldi, Olivier Charlier, Lise Berthaud, Yovan Markovitch et les membres du magnifique Trio Wanderer, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, Raphaël Pidoux et Vincent Coq. Et 1046 spectateurs ont assisté à ces enrichissantes séances où les maîtres expliquent communiquent aux disciples les secrets de leur art, avec la connivence réceptive d'un public conquis qui enrichit sa connaissance du piano et des œuvres.
   Nous nous quittons avec le grand maître du piano moderne que fut, Chopin qui a eu quinze concerts cette année, interprété par un autre habitué de la Roque, Luis Fernando Pérez, qui nous émeut aux larmes avec le Nocturne en ut dièse mineur op. posthume, un disque également du label Mirare, Chopin, Nocturnes, volume N° 1 :


4) DISQUE II , PLAGE 10 : FIN ET FOND




Au revoir, la Roque!

www.festival-piano.com

lundi, août 17, 2015

samedi, août 15, 2015

LA BASSE DANS SA GLOIRE



NOBLESSE DE LA BASSE
Récital de Nicolas Courjal

Chorégies d’Orange, Cour Saint-Louis
1 août 2015


Bas problèmes pour chanteurs à la hauteur
    Les voix graves ne sont pas gâtées par le répertoire lyrique, du moins selon la typologie héritée de l’opéra du XIX e siècle : le baryton, selon l’axiome plaisant, y est l’empêcheur de tourner en rond des amours entre la soprano et le ténor, devenus les clairs héros de toute intrigue amoureuse. Quant à la voix de basse, elle est infligée, affligée, aux voix de vieillards, raisonneurs radoteurs, ou pères parâtres, pères nobles, plus souvent ignobles, tyranniques et inquisiteurs.
     Il n’en était pas ainsi à l’époque baroque où la voix médiane caractérise : « les hommes importants [qui] discourent d’une voix médiane, calme et magnifique »[1] selon le Comte Bardi dont la fameuse Camerata florentine et ses érudits et musiciens, pose et expose les prémisses théoriques et rhétoriques du dramma per musica,  qu’on nommera bien plus tard ‘opéra’. La voix de basse, si elle est également affectée aux ivrognes et à ceux qui somnolent, caractérise aussi la noblesse profonde de certains héros et des dieux. La voix aiguë est le caractère de la colère mais aussi des vieillards, vérité physiologique puisque, avec l’âge, l’homme perdant les hormones de la masculinité, la testostérone, acquiert des traits de la féminité, alors que la femme, épuisant son capital œstrogénique, à l’inverse, se virilise, perd l’aigu de sa voix. Cela explique un réalisme, même burlesque, des emplois baroques d’hommes travestis jouant le rôle de vieilles femmes, de sorcières. Proust notait aussi que, vieillis, homme et femme se confondent souvent, sans doute par ce croisement hormonal inverse.
    D’où la difficulté de monter un récital pour ce type de voix basse mal traité par le répertoire mais au magnifique traitement musical par certains compositeurs.



Un programme harmonieux
    Ainsi, l’on sait gré à Nicolas Courjal du choix qu’il nous propose, dans cette Cour Saint-Louis écrasée de chaleur à 18 heures, avec le soleil qui le frappe parfois de plein fouet selon la mobilité de l’astre à travers les feuilles d’un arbre.
   En première partie, ce sont quatre des dix-sept mélodies d’Henri Duparc, transposées pour sa voix très longue, aux graves pleins, jamais écrasés, souvent posés avec légèreté sans perdre de leur noire profondeur veloutée, aux aigus faciles,  lumineux mais colorés, distillés dans un souple arc-en-ciel de nuances délicates et expressives, de la demi-teinte au pianissimo le plus fin mais toujours timbré et sonore. La trop fameuse Phydilé (Leconte de Lisle), entendue à satiété dans des tessitures aiguës et dans une tradition française au maniérisme proche de la fadeur, acquiert ici, même dans des murmures comme des frissons de la peau, une chair plus concrète, voluptueuse, vaporeuses, rêveuse, dans le velouté de la voix, tandis que le piano attentif et subtil d’Antoine Palloc ruisselle d’une émotion solidaire. On admirera le phrasé, la ligne, la montée du crescendo avec le sens du texte, dramatique de Testament (Armand Silvestre), tout sensuel et onirique de La vie antérieure (Baudelaire), grandiose  dans La vague et la cloche (François Coppée).
     Les Quatre chansons de Don Quichotte, commandées au trop lent Ravel qui se vit supplanté par Jacques Ibert pour le film Don Quixote de Georg Wilhelm Pabst (1933) où jouait et chantait Chaliapine, permettent à Courjal d’exprimer tout son art belcantiste dans la virtuosité que demandent certains traits, les mélismes et rythmes espagnols où il déploie grâce et légèreté avec une grande aisance, en rien affligé par la lourdeur qui affecte souvent les voix de basse ; mais la dernière, la Chanson de la mort, est interprétée avec une sensibilité sans sensiblerie qui nous prend à la gorge, tendrement dramatique sans dramatisme appuyé, avec cette manière directe et touchante d’entrer dans le texte :

        «Ne pleure pas Sancho, ne pleure pas, mon bon
,
         Ton maître n’est pas mort, il n’est pas loin de toi… »

    Mais, sur le derniers vers, qui résume la trajectoire humaine et littéraire du Chevalier à la Triste Figure, il est simplement bouleversant, avec un mi aigu pianissimo, sfumato, dirait-t-on, qui se fond et confond dans l’espace et le silence de l’émotion : 

       « Fantôme dans la vie, et réel dans la mort. »

      La seconde partie, consacrée à des airs d’opéra, lui permettra de déployer le sombre tissu somptueux de sa voix et la même maîtrise du chant. Il sera tour à tour un magnifique et serein Sarastro dans son second air aux grands arabesques (La Flûte Enchantée de Mozart), un Soliman tourmenté  (La Reine de Saba de Gounod), un Philippe II très humain (Don Carlos, version française de Verdi), introduit par le long cantabile legato qui passe sans perte musicale du violoncelle originel au piano expressif d’Antoine Palloc. Nicolas Courjal passe avec la même aisance de l’air, large et noble, du Prince Grémine (Eugène Oneguin de Tchaïkovski) à l’insinuant et tonitruant Basilio (Il barbiere de Seviglia de Rossini) qui explose sur le fameux colpe di cannone, le coup de canon de l’écrasement du malheureux calomnié après les perfides sotto voce de la calomnie tortueuse  à voix basse.
         Une démonstration de l’art du chant, intimiste et grandiose, d’un interprète intelligent qui chante la mélodie comme l’opéra et l’opéra avec toute la richesse de nuances intimistes de la mélodie.

Photo : Kris Picart

Nicolas Courjal ; au piano, Antoine Palloc



[1] Voir mon livre sur le Baroque, D’Un temps d’incertitude, I, Temps de l’incertitude, VII.  L’empire des passions,  « Effets des affects . Typologie des voix et des affects », Éditions Sulliver, 208, p.102 et passim.

dimanche, août 09, 2015

Concerts au crépuscule à la Roque


UN CRÉPUSCULE À LA ROQUE

XXXVe FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE DʼANTHERON
24 juillet au 21 août 2015
   Estival se cache sous festival. Par la vertu de la consonance, on ferait presque des synonymes de ces mots. Mais on en ferait encore un autre avec le Festival de Piano de La Roque d’Anthéron tant la gageure initiale du premier, dans le cœur battant du parc du château de Florans, il y a trente-cinq ans, comme un caillou lancé dans une onde calme, a étendu ses palpitantes ondes telles les harmoniques d’une note de plus en plus larges jusqu’à un infini de silence et de rêve charmés, dans une diversité de musiques et de lieux.
Le piano et ses lieux
     Des lieux où la musique a trouvé, tout harmonieusement, le sien. Car le Festival, éclos à Florans, a essaimé harmonieusement et fleuri à l’ombre des divers clochers des jolies petites villes et villages d’alentours, Cucuron, Lourmarin, Rognes, Lambesc, jusqu’aux aux verts bocages aquatiques de l’étang des Aulnes de Saint-Martin-de-Crau, en passant par lʼAbbaye de Silvacane et les pudiques paupières de son cloître, dans de hauts lieux du patrimoine culturel ou naturel provençal comme le Théâtre des Terrasses de Gordes, et, désormais, à Aix-en-Provence, le Grand Théâtre de Provence ou à Château-bas de Mimet.
    On n’en retiendrait que deux, naturels, et l’on saluerait la pari gagné de ce festival multiple en un, déjà ancien mais toujours nouveau : les carrières de Rognes et l’Etang des Aulnes, la pierre dorée et l’eau argentée. Coupée à angles vifs dans le beurre calcaire de la colline, la carrière étage ses cubes creux de ville géométrique virtuelle, dont les surfaces virent du jaune à l’or, au roux, dans la lumineuse patine progressive des crépuscules d’été. Des pins hirsutes griffonnés sur leur crête, quelque brouillonne broussaille tombant avec des nonchalances de chevelure, adoucissent la rigueur géométrique des lignes pures. Ici règne souvent le jazz mais, cette année, aussi le tango.
    Les Aulnes se nichent dans un creux de la Crau, à Saint-Martin. Longue ligne de lauriers-roses, de peupliers verticaux au bout, le plan d’un vaste pré, une inflexion douce du relief et, en contrebas, un étang buvardant de ses eaux plates les teintes mourantes du soleil, lumineux miroir ensuite à un astre pour nous disparu. A gauche, une belle bastide restaurée ; à droite, une grange aménagée où la musique est chez elle, comme de toute éternité.

Crépuscule à Floran : l’heure exquise
La conque désormais tutélaire

     Réduire le Festival de Piano de La Roque d’Anthéron à un feuillet, c’est résumer la forêt à un arbre et l’arbre à une feuille : plus de soixante et dix concerts en un mois, divers en lieux et en horaires.
  Il y a une heure, au crépuscule, où les choses brillent mieux, surtout à la charnière d’août et son jour déjà déclinant tamisé par la frondaison heureuse des grands arbres. Parc du Château de Florans : le doigté végétal de la nature en écho visuel à la touche délicate du piano. Le ciel, lentement rougi par le couchant, à travers les ramures sombres des arbres du parc, c’est une amoureuse chair rosie sous la dentelle noire de la soie. Avec l’ombre avancée à petits pas, les cigales déchaînées mettront une progressive sourdine au profit des grenouilles apaisées du parc et les oiseaux, étonnés, entonneront des chants nouveaux pour le jour tout neuf des proches projecteurs nocturnes. Mais, pour l’heure, sous la conque acoustique, nid inversé fait de coquilles d’œufs géants, posé sur la scène, grand oiseau noir prêt à l’envol, le piano ouvre son aile luisante de corbeau striée par les cordes brillantes. Une vague lueur du couchant reflétée, des gradins, se love dans le creux déjà ombreux du piano où se niche encore discrètement la nuit.
    Au jour et sans lumières, ces concerts de 18 heures, pendant toute la durée du festival, sont une occasion vespérale non seulement d’entendre les plus grands pianistes du monde, révélés souvent ici et révérés, mais de rêver des révélations de jeunes solistes dont on aura le bonheur de suivre ensuite la carrière. Ainsi, comment ne pas s’attendrir et s’émerveiller de découvrir, le jeudi 20 août, comme autrefois Hélène Grimaud, Alexander Malofeyev, un prodige de treize ans, applaudi sur les plus grandes scènes de Russie et lauréat en 2014 du Premier Prix du Concours International Tchaïkovski pour Jeunes Artistes. À l’assaut ici de Tchaïkovski, de Liszt et de Stravinsky !
     Un festival ouvert en lieux, programmes, horaires, mais aussi en public grâce à des prix dont il faut saluer l’éventail judicieux. La volonté de s’ouvrir au plus grand nombre a guidé le choix d’un tarif préférentiel pour ces concerts de fin d’après-midi : proposés au tarif unique de 16 euros, c’est une belle incitation offerte aux jeunes, d’autant qu’une entrée pour les moins de 16 ans est offerte pour toute entrée adulte achetée, belle invitation à venir en famille.
    Avant les concerts de la nuit, la vaste pré de Florans, délimité par la majesté placide des platanes, prenant des allures de Glyndebourne démocratique, se fleurit de nappes de spectateurs se régalant d’un pique-nique avant les concerts nocturnes de 20 ou 21 heures. On peut aussi bien assister aux concerts de 18 heures et en faire autant ensuite, tout en entendant encore, par la générosité des feuilles sonores d’arbres qui ne sont pas des frontières, les accents poétiquement estompés du piano de la nuit : avant l’heure grise et grisante des concerts nocturnes, l’heure exquise des concerts crépusculaires.

Suite et fin des concerts de 18h00 à La Roque

Dimanche 9 août, Beatrice Rana, étoile montante du piano italien : Bach Partita n°2 en ut mineur BWV 826 ; Chopin : Sonate n°2 en si bémol mineur opus 35, « Funèbre » ; Ravel : La Valse.
Mardi 11 aoûtMiroslav Kultyshev : Chopin Vingt-quatre Préludes opus 28
Mercredi 12 août,  Duo Jatekok : Borodine : Danses polovtsiennes, extraits de l’opéra Le Prince Igor ;  Ravel : Rhapsodie espagnole, La Valse, version pour deux pianos ;  Brahms :Variations sur un thème de Haydn opus 56b.
Jeudi 13 août, Marie-Catherine Girod : Chopin : Ballade n°1 en sol mineur opus 23 ; Fantaisie en fa mineur opus 49 ; Ballade n°4 en fa mineur opus 52 . Trois Nocturnes opus 9 ; Andante spianato et Grande Polonaise brillante opus 22.
Vendredi 14 août : Professeurs des Ensembles en résidence : Trio Wanderer trio avec piano : Olivier Charlier, violon, Yovan Markovitch, violoncelle, Claire Désert, piano, Emmanuel Strosser, piano, Christian Ivaldi, piano.
Dimanche 16 août,  Yuri Favorin : Chopin/Liszt : Six Chants Polonais opus 74 : Chopin : Andante spianato et Grande Polonaise brillante opus 22
. Deux Mazurkas posthumes . Sonate n°2 en si bémol mineur opus 35, « Funèbre ».
Mercredi 19 août, Mami Hagiwara : Mozart : Neuf Variations sur un menuet de Duport K. 573 ; Fantaisie en ré mineur K. 397 ;  Chopin : Grande valse brillante en mi bémol majeur, opus 18 ; Valse en ut dièse mineur opus 64 n° 2 ; Valse en ré bémol majeur dite du petit chien, opus 64 n°1 ; Sonate n°3 en si mineur opus 58.
Jeudi 20 août,  Alexander Malofeyev : Tchaïkovsky/Pletnev :  Suite du ballet Casse-Noisette ; Doumka, opus 59 ; Liszt : Rhapsodie hongroise n°2 ; La Campanella ; Consolation n°2 en mi majeur ; Méphisto-Valse 1 ; Stravinsky : Le Sacre du printemps, première partie.

TARIF D : 16,00 € (une entrée moins de 16 ans : gratuite pour une entrée adulte
achetée)


Mais aussi, ailleurs, autres concerts au crépuscule :

Lundi 10 août 18h30, Cloître de l’Abbaye de Silvacane , Nathanaël Gouin,  piano : Haydn : Sonate n°31 en la bémol majeur Hob. XVI. 46 ; Brahms : Variations sur un thème original opus 21 n°1 ; Schubert : Sonate pour piano n°21 en ut mineur D. 958.

Mardi 11 août , 18h, Temple de Lourmarin : Florent Boffard , l’éclectique :
Janácek, Sonate ; Chopin, Barcarolle en fa dièse majeur opus 60, Extraits des Vingt-quatre Préludes opus 28 ; Berg : Sonate opus 1 ; Boulez Sonate n°3.

Lundi 17 août, 18h30, Cloître de l’Abbaye de Silvacane, Pierre Hantaï clavecin (Hændel, Bach).

Mercredi 19 août,18h30, Cloître de l’Abbaye de Silvacane, Bertrand Cuiller clavecin (Couperin, Rameau, d’Anglebert, Royer).

Site du Festival : www.festival-piano.com
Covoiturage : www.covoiturage.autoclubaix.com ou : www.festival-piano.com


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