Critiques de théâtre, opéras, concerts (Marseille et région PACA), en ligne sur ce blog puis publiées dans la presse : CLASSIQUE NEWS (en ligne), AUTRE SUD (revue littéraire), LA REVUE MARSEILLAISE DU THÉÂTRE (en ligne).
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à
RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
Ci-dessous : liens vers les sites internet de certains de ces supports.

L'auteur

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Agrégé,Docteur d'Etat,Professeur émérite des Universités,écrivain,traducteur,journaliste DERNIÈRES ŒUVRES DEPUIS 2000: THÉÂTRE: LA VIE EST UN SONGE,d'après Caldéron, en vers,théâtre Gyptis, Marseille, 1999, 2000; autre production Strasbourg, 2003 SORTIE DES ARTISTES, Marseille, février 2001, théâtre de Lenche, décembre 2001. // LIVRES DEPUIS 2000 : LA VIE EST UN SONGE, d'après Calderón, introduction, adaptation en vers de B. Pelegrín, Autres Temps, 2000,128 pages. FIGURATIONS DE L'INFINI. L'âge baroque européen, Paris, 2000, le Seuil, 456 pages, Grand Prix de la Prose et de l'essai 2001. ÉCRIRE,DÉCRIRE L'AMÉRIQUE. Alejo Carpentier, Paris, 2003, Ellipses; 200 pages. BALTASAR GRACIÁN : Traités politiques, esthétiques, éthiques, présentés et traduits par B. Pelegrín, le Seuil, 2005, 940 pages (Prix Janin 2006 de l'Académie française). D'UN TEMPS D'INCERTITUDE, Sulliver,320 pages, janvier 2008. LE CRITICON, roman de B. Gracián, présenté et traduit par B. Pelegrín, le Seuil, 2008, 496 p. MARSEILLE, QUART NORD, Sulliver, 2009, 278 p. ART ET FIGURES DU SUCCÈS (B. G.), Point, 2012, 214 p. COLOMBA, livret d'opéra,musique J. C. Petit, création mondiale, Marseille, mars 2014.

mardi, septembre 12, 2017

LA ROQUE CHEZ NOUS


 

FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE D'ANTHERON



vendredi 15 septembre 2017 – 20h00 – Philippe Giusiano

Dans le cadre de son partenariat avec le Département des Bouches-du-Rhône,
le Festival propose un concert Hors Saison, avec le pianiste Philippe Giusiano
le vendredi 15 septembre 2017 à 20h00
dans la cour d'Honneur du Château Borély à Marseille
(132 Avenue Clôt Bey - Place Carthaillac - 13008 Marseille)




Programmation

Vendredi 15 septembre 2017– 20h00 

 Cour d'Honneur du Château Borély
Marseille



Philippe Giusiano, piano

Chopin :           . Prélude en ut dièse mineur opus 45
. Fantaisie Impromptu en ut dièse mineur opus 66
. Barcarolle en fa dièse majeur opus 60
. Vingt-quatre Préludes opus 28

Renseignements-réservations : ( : 04 42 50 51 15  - courriel : info@festival-piano.com  -
             web : www.festival-piano.com
Tarifs : 20,00 € - jeune et étudiant : 16,00 € (placement libre)


Biographie

Philippe Giusiano piano
     Vainqueur du 13e Concours Chopin de Varsovie en 1995, Philippe Giusiano fait figure de référence dans l’interprétation des œuvres du compositeur polonais. Ses études de piano commencées à l’âge de 5 ans, il étudie au Conservatoire de Marseille avec Odile Poisson et Pierre Barbizet et devient à 13 ans le plus jeune lauréat du concours Liszt des Pennes Mirabeau (1986). L’année suivante, il remporte également le Premier Prix du concours Darius Milhaud (1987), avant d’intégrer le CNSMD de Paris où il obtient à 16 ans un Premier Prix à l’unanimité dans la classe de Jacques Rouvier. Il se perfectionne alors avec Karl-Heinz Kämmerling au Mozarteum de Salzbourg, puis avec le pianiste et compositeur polonais Milosz Magin. Invité de prestigieux festivals en France et à l’étranger - La Roque d’Anthéron, festivals Chopin de Nohant et Bagatelle, Les Nuits Romantiques du Lac du Bourget, Festival de la Ruhr en Allemagne, Ravello en Italie, Festival “Chopin i jego Europa” à Varsovie… -, il est applaudi sur de nombreuses scènes à travers le monde - Carnegie Hall de New York, Concertgebouw d’Amsterdam, Théâtre de Vérone, Scala de Milan, Suntory Hall de Tokyo, Salle Gaveau à Paris... -, et se produit sous la direction de grands chefs tels Antoni Wit, Krzysztof Penderecki, Philippe Entremont, Yutaka Sado, Jacek Kaspszyk et Grzegorz Nowak. Au disque, ses interprétations des œuvres de Rachmaninov et de Chopin ont reçu un accueil chaleureux de la critique et du public, tout particulièrement ses enregistrements des Études et des Préludes de Chopin, parus chez Mirare et qui ont fait l'unanimité auprès de la presse internationale. Son tout dernier album consacré aux œuvres de jeunesse de Chopin et enregistré pour le label de l’Institut Chopin de Varsovie est attendu pour l'été 2017.





LA PAROLE, LE GESTE, LA VOIX : THÉÂTRE…


Les Lundis à partir du 18 septembre 2017 

THÉÂTRE /LECTURE /ORALITÉ
Ateliers...
       ... conduits par Jean-Claude Nieto, metteur en scène 
Objectifs des ateliers :
- Pratique du jeu théâtral par le texte (classique et contemporain)
- Transmission d'un texte par la lecture à haute voix (littéraire ou autre)
- Prise de parole en public.
Possibilité de travail en espagnol.
Les Participants :
- Ateliers ouverts à tout public (amateur ou professionnel) dès l'âge de 8 ans 

Renseignements pratiques :
- Jour et horaire : Lundi 17h30 à 19h30 (hors vacances scolaires)`
- Lieu : Maison des Arts et des loisirs créatifs (M.A.L.C)
233 Corniche Kennedy – 13007 Marseille – (Possibilité parking- Bus n° 83)
- Participation financière : 155 € par trimestre
- Contact et inscriptions :
Texte et Projets 06 82 21 61 58 - jean-claude.nieto@orange.fr
06 61 33 71 57 – fjouve.13@gmail.com
Quelques citations qui participent d'une réflexion sur la conduite de l'atelier :
« ...le texte nous lit, nous questionne, dans la lecture à haute voix... » - Errata de G. Steiner ;
« ...
le son est la matière orale du sens... » - La rime et la vie de H. Meschonnic ; « ...on ne lit pas un sens mais des mots... » - extrait de Dire la poésie

Jean-Claude Nieto 

est comédien, metteur en scène, traducteur, adaptateur, spécialiste de la lecture à haute voix.
Comédien – metteur en scène
Elève d'Etienne Decroux, après des spectacles comme acteur (Bernard Sobel, Bruno Bayen, Trevor Vibert, Guy Parigaud, Jean Signé...), il devient metteur en scène : Molière, Racine, Shakespeare, Musset, Zweig, Schnitzler, Skármeta, Dubillard, entre autres.
Textes et musiques
En outre, il crée plusieurs spectacles alliant musique et littérature (Letras del Sur, Le Fou d'Elsa, Biographie d'un amour, Les poètes du tango, Regard blessé, Du galop dans le sang...).
Il participe à de nombreuses manifestations littéraires au cours desquelles il lit Octavio Paz, Mahmoud Darwich, Luis Sepúlveda, René Char, Michel Butor, Jean-Christophe Rufin, Saint-John Perse, Benito Pelegrín et de nombreux écrivains. Il lit Albert Camus à la Cité du livre (Aix-en-Provence 2013) :
Un auteur sans commentaires, à l'occasion du centenaire de sa naissance.
Dernières réalisations et projets
Traduction, adaptation, présentation de « Inocentes golondrinas » (Naïves hirondelles) et représentations de « Paradero desconocido » (Inconnu à cette adresse) - Buenos Aires avril 2017 ;
Performances dans le cadre de "Book Project International " - Atelier Vis-à-Vis Marseille ; Actions éducatives du Département : « Le dieu du carnage », « Le facteur de Neruda »,

« Inconnu à cette adresse ».

dimanche, septembre 10, 2017

L'ARMÉNIE AU CŒUR : ARARAT


Enregistrement 4/9/2017, passage, semaine du 11/9//16/9/17

RADIO DIALOGUE RCF (Marseille : 89.9 FM, Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)

« LE BLOG-NOTE DE BENITO » N° 283

lundi : 12h15 et 18h15 ; samedi : 17h30

Semaine 36        
         Les vacances sont finies ou s’achèvent. La reprise s’amorce dans le proche quotidien. Mais, pour rêver encore un peu d’horizons lointains, voici un disque récent qui nous parle d’hier en nous faisant réfléchir à aujourd’hui. C’est un CD du label Ambronay, du groupe de musique ancienne d’Emmanuel Bardon Canticum novum et s’appelle ARARAT, sous-titré « France-Arménie, un dialogue musical ».
         Le mont Ararat, appelé Masis par les Arméniens, est un volcan recouvert de neiges éternelles, dont le sommet culmine à 5 165 mètres et en fait le plus élevé de Turquie dont il fait partie désormais. Il reste cependant un symbole cher aux Arméniens, d’autant que la Bible (livre de la Genèse 8,4) mentionne pour la première fois le mont Ararat où se serait échouée l'Arche de Noé après le Déluge. Ce disque, dont le projet fut soutenu par la Fondation Bullukian parlera beaucoup au cœur de nos concitoyens d’origine arménienne tout en nous berçant d’un charme étrange comme une mémoire musicale lointaine ressuscitée ou vivifiée par Canticum novum bien nommé : musiques, cantiques, chants anciens rendus neufs à nos oreilles d’aujourd’hui. 

Spécialiste de musiques anciennes, l’ensemble Canticum Novum s’est forgé une identité singulière en puisant son répertoire dans des identités plurielles diverses, avec le facteur commun des traditions du bassin méditerranéen et des cultures qui en sont issues ou proches. Ainsi, répertoires afghans, turcs, persans, arabes, séfarades, arméniens et chypriotes du XIIIe au XVIIe siècle, sont tissés fraternellement avec les musiques d’Europe occidentale, tissage complexe mais simple à l’écoute, entre musique populaire et la musique savante qui y puise des racines. Bref, une croisée de chemins, de cultures et d’expressions artistiques, de musiques immémoriales qui restent encore très vivantes. Elles témoignent d’un passé toujours vivace et nous invitent aujourd’hui au respect et à la tolérance : la convivencia ancienne des Espagnols, ce "vivre ensemble" dont on se gargarise tant aujourd'hui, alors qu'il est battu en brèche par les nationalismes et les fanatismes, qui on une même origine : la peur et la haine de l'Autre. Ce disque de Canticum novum en est le vif témoignage, comme leur précédent, Shalom, Samlem, Paz, ‘Paix’, respectivement en hébreu, juif et espagnol (cultures qui surent coexister dans l'Espagne médiévale) que j’avais salué ici et ailleurs.
Nous en écoutons un premier extrait, un poétique chant traditionnel de l’Arménie du nord qui fut recueilli par le fameux Révérend Père Komitas ou Gomitas (1869-1935), un précurseur de l’ethnomusicologie moderne qui collecta et sauva quelque 3000 chants populaires. Ici, Barbara Kusa nous chante le Mont Alakias avec fraîcheur et fervuer :
1) PLAGE 6
Ce programme musical Ararat, qui a donné lieu à divers concerts, avec le résultat aujourd’hui de ce disque, fut conçu par Emmanuel Bardon en 2015, à l’occasion du centenaire du génocide Arménien, désormais reconnu officiellement, comme un dialogue interculturel entre la France et l’Arménie. Des liens —dont on eût aimé qu’une préface nous en dît davantage— furent noués entre les deux pays, il y a fort longtemps, à l’époque terribles des Croisades, impitoyables guerres mais qui, finalement, mirent en contact, des cultures qui s'ignoraient sauf en Espagne. Cette étroite relation entre les deux royaumes chrétiens fut établie dès 1252, quand Léon II de Lusignan, issu d’une noble famille poitevine, est nommé roi de Chypre, de Jérusalem et d’Arménie. L’influence de cette famille perdurera, avec plus ou moins d’intensité jusqu’en 1375, et la fin du royaume d’Arménie sous les coups des Turcs.
Canticum novum a intégré au disque deux airs séfarades, c’est-à-dire judéo-espagnols, autrement dit appelés ladinos, 'latin', par les Juifs pour les distinguer de l'hébreu, avant d'être chassés d’Espagne en 1492. Nostalgiques de "Sefarad", l'Espagne, les exilés s’établirent dans le pourtour méditerranéen, gardant au cœur, avec la blessure de la perte  du pays abandonné, un inestimable patrimoine culturel de cette ingrate Espagne ancienne qui les chassait de la patrie et les pourchassait, même convertis, sur le territoire péninsulaire. L’un de ces chants est un romance, et non une romance comme il est surnommé à tort dans le disque. Le romance est un bref poème octosyllabique narratif, assonancé régulièrement aux vers pairs, patrimoine hispanique qu’emportèrent les Juifs dans leur exil, conservant comme des trésors, préservés grâce à eux, des chants aujourd’hui disparus en Espagne.
Nous écoutons le second de ces chants, appelé encore à tort romance, car il est à six pieds, sans assonance régulière et n’es donc pas un romance. Il est chanté par Emmanuel Bardon et parle de ‘Mères éplorées ‘ sur la perte d’Israël, sur le malheur de l’exil, qui est bien universel, et a frappé si durement les Arméniens, légitimant l’inclusion ici de ce morceau qu’on dirait allogène :
2) PLAGE 13
On félicitera le chanteur d’avoir fait l’effort —sensible— de chanter le texte avec la prononciation des séfarades, qui est celle du vieux castillan de l’époque de leur expulsion qu’ils ont fidèlement conservée et, encore grâce à eux, les Espagnols ont la chance de savoir comment se prononçait leur langue à la fin du XVe siècle. Les chants séfarades sont très à la mode et l’on est affligé d’entendre que tant de chanteurs qui se frottent à ce répertoire,  ne prennent pas la peine d’en étudier la prononciation, se contentant de les chanter comme de l'espagnol moderne et encore plus ou moins bien prononcé. 
 Si chaque morceau est bien présenté dans le livret du disque, avec la nomination des instruments, on regrette cependant que le CD ne présente pas globalement l’instrumentarium, dont ce duduk nostalgique, instrument typiquement arménien, dont nous avons à Marseille un célèbre virtuose en la personne de Levon Minassian.
On aurait aussi aimé quelques mots sur l’histoire de l'Arménie, sur cette cour médiévale dont on nous joue les musiques.  L’Arménie d’aujourd’hui, enclavée entre la Géorgie au nord, l’Azerbaïdjan à l’est, l’Iran au sud, la Turquie à l’est, sans accès à la mer, fut un immense royaume durant l’Antiquité, comprenant, un siècle avant notre ère, partie de l’Iran, de la Syrie et de la Turquie actuels, s’étendant de la mer Noire à la Méditerranée, englobant le Liban. 
On sait désormais le génocide subi par le peuple Arménien. Un chant poignant sur lequel nous nous quittons, interprété par Varinak Davidian, nous rappelle les massacres de la ville d’Adana en 1896 et 1909, atroce prélude de 1915 : 
3) PLAGE 2
CD du label Ambronay, ARARAT, sous-titré « France-Arménie, un dialogue musical » par Canticum novum d'Emmanuel Bardon.
 Musique liturgique et populaire arménienne, chants séfarades.
Musique française : Estampies et Danses Royales – Le Manuscrit du Roi ca. 1270-1320.

Interprètes : trois chanteurs et neuf instrumentistes
Barbara Kusa, Emmanuel Bardon, Varinak Davidian  : chant ; Aliocha Regnard : nyckelharpa & fidula ; Emmanuelle Guigues  : kamantcha & vièle ; Valérie Dulac : violoncelle, vièle & lyre d’archet ; Spyros Halaris : kanun ; Philippe Roche : oud ; Gwénael Bihan : flûtes à bec ; Agop Boyadjan : duduk ; Ismaïl Mesbahi, Henri-Charles Caget : percussions.

http://www.canticumnovum.fr 

Écoutable sur : 
http://www.qobuz.com/fr-fr/album/ararat-canticum-novum-and-emmanuel-bardon/3760135104499

jeudi, septembre 07, 2017

Gravures en noir d' hommes hauts en couleurs…


                       
 ANKE DOBERAUER
HOMMES

EXPOSITION 
du 24 aout au 29 septembre 2017

En parallèle avec la rentrée automne 2017 -
Art-O-Rama

 
VERNISSAGE
Jeudi 7 septembre à partir de 19h
GT MUNDART , 72, rue la Joliette (Perpendiculaire à la rue e la République, parallèle au Boulevard des Dames)
ESPACE d'exposition GT au MundArt

Anke Doberauer – HOMMES
 
« Nous étions accoutumés à ce que les peintres et les sculpteurs soient attirés par le corps de la femme. Le renversement de cette situation était difficilement imaginable, avant tout parce qu'il n'a jamais eu lieu dans l’histoire de la peinture (…) Imaginons que les tableaux d'Anke Doberauer soient l'œuvre d'un homme. Le regard homosexuel serait en quelque sorte manifesté au grand jour. Moi, qui n’ai jamais établi de différence entre un artiste masculin et un artiste féminin, puisqu'il ne s'agit que d'art, je suis confronté ici à un conflit extrêmement productif (…) Ce renversement de situation que suscite Anke Doberauer est un défi à la catégorie ‘hommes’ et n’est pas dénué de conséquences. L’observateur masculin se sent mis à nu. Si l’auteur du tableau était un homme, cet observateur pourrait garder ses distances par rapport à l’artiste ou à son désir. Etant donné que l’artiste est une femme, il doit d’abord accepter fondamentalement son désir comme étant celui d’une femme, transposé dans une œuvre artistique. » Jean-Christophe Ammann, 1995 
 
Anke Doberauer, connue du public marseillais surtout pour ses panoramiques en grand format, s’était fait une réputation artistique internationale dans les années 1990 en peignant des hommes à l’échelle un, inversant ainsi le couple historique artiste-homme/modèle-femme.
Ses tableaux ont été présentés dans des institutions comme les Kunsthalle de Düsseldorf ou Breme, Castello di Rivara (Turin), FRAC Languedoc-Roussillon (Montpellier), MAC et MuCEM (Marseille), IVAM (Valencia) ou encore le MMK (Francfort), musée qui possède un ensemble important de son travail —dont Leo de 1995, exposé au MuCEM lors de son ouverture en 2013.
 
La couleur joue un rôle primordial dans l’œuvre de l’artiste, d’autant plus surprenant que les premiers croquis préparatoires se limitaient au noir et blanc. Il s’agit là d’une série de gravures en aquatinte de 1986, à l’échelle 1:10 des tableaux, ayant servi de modèle à sa toute première série d’hommes. Les gravures ne furent éditées qu’en 2013, et l’artiste a complété l’ensemble par une nouvelle série du même format et sujet.
 
Ce sont ces œuvres intimes, d’une maîtrise technique étonnante et très variée, que l’Espace GT est heureux de pouvoir présenter pour la rentrée 2017.
 


lundi, août 14, 2017

"BRASIER D'ÉTOILES"


Enregistrement 15/5/2017, passage, semaine du 22/5/27/5/17

RADIO DIALOGUE RCF

(Marseille : 89.9 FM, Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)

« LE BLOG-NOTE DE BENITO » N° 273

lundi : 12h15 et 18h15 ; samedi : 17h30

Semaine 21

Brasier d’étoiles
(Rediffusion)

Voici un disque que l’on a du bonheur à saluer. Oui, l’art non plus n’a pas de frontières et meurt en vase clos, faute d’oxygène universel. Justement, voici un disque d’ici, par des artistes d’ici, des talents et un génie d’ici, qui dépasse tout régionalisme, tout nationalisme étriqué pour, partant d’ici, parlant d’ici, parle de nous et parle à tous, convoque, de chez nous, un universel d’art et d’amour, poésie, musique, chant et piano. Il vient de sortir sous le label Maguelone et s’appelle, nom significatif, cosmique, Brasier d’étoiles. C’est le nom d’un ensemble de neuf poèmes d’Alain Borne (1915-1962), cycle de mélodies pour soprano et piano, mis en musique par Lionel Ginoux, jeune compositeur marseillais. Les interprètes en sont, pour la voix, Jennifer Michel, jeune soprano de Nîmes qui a fait ses classes dans le regretté CNIPAL de Marseille (Centre National d’Insertion Professionnelle d’Artistes Lyrique), que l’on applaudit sur de nombreuses scènes lyriques, notamment à l’Opéra de Marseille et qui nous fit la grâce d’illuminer de son timbre notre concert de Noël au temple Grignan, le 4 décembre 2016. La pianiste, c’est Marion Liotard qui y fut longtemps maître de chant et remarquable accompagnatrice très sollicitée.
Mais la première partie de ce disque de mélodies est consacré à un compositeur marseillais aux origines corses, sans doute le plus grand, Henri Tomasi (1901-1971) que l’on peut qualifier, sans emphase, de génie, à l’œuvre immense, où la quantité ne cède en rien à la qualité, qu’on ne cesse de découvrir ou de redécouvrir, avec une surprise émerveillée.
 Et ce n’est pas seulement parce que, en effet, Tomasi a touché à tous les genres : musiques instrumentales, orchestrales ou solistes, pour les instruments les plus variés ; œuvres vocales, des chansons du folklore corses recueillies et harmonisées aux compositions grandioses pour chœur et orchestre ou piano, en passant par les œuvres pour voix seule et piano ou a cappella. Les œuvres scéniques abondent, de la musique de film, pour son et lumière, aux pièces radiophoniques et ballets (13 opus) et pas moins de onze opéras dont nous avons eu la chance, à Marseille, d’admirer, il y a trop longtemps, au moins trois indiscutables chefs-d’œuvre, Don Juan de Mañara, d’après Milosz, L’Atlantide, d’après Pierre Benoît, et un passionné Sampiero Corso.
Grand compositeur français qui honore son pays, joué dans le monde entier, on ne l’honore guère en France. C’est pourquoi on se réjouit que ces jeunes interprètes lui prêtent leur talent et leur enthousiasme dans ce disque qui contient quatre mélodies du cycle Cantu di Cirnu nom grec de l’île, ‘Chants corses’ des mélodies écrites entre 1929 et 1933 sur des poèmes de Santu Casanova (1850-1936). Nous écoutons aussitôt, par la lumineuse Jennifer Michel accompagnée au piano par Marion Liotard, un extrait du Cantu di malincunia (1933), ‘Chant de mélancolie’ :

1) PLAGE 1

À côté de ces chants corses, on trouve également un poétique Chant de la fée des îles et quatre Chansons de Geishas (1935) sur des poèmes de René Dumesnil (1879-1967). Voici un bref exemple, un bref extrait de Fête à Katushita, qui fut dédié à la grande Janine Micheau :

2) PLAGE 7 

On découvrira avec ravissement les autres mélodies de Tomasi. 

Lionel Ginoux, vit et travaille à Marseille. Jeune encore, il a déjà une œuvre abondante derrière lui jouée en France et à l’étranger, pour orchestre (symphonies, concertos), chœur, ensemble instrumental, opéras de chambre (Vanda, Médée Kali,) et de très nombreuses mélodies. Comme Henri Tomasi en son temps, sans être inféodée à aucune école, son œuvre, aux formes très diverses, se caractérise par une liberté d’écriture où prime un lyrisme à la fois rythmique et sensible. Un brasier d’étoiles est à l’origine un cycle de huit mélodies, dédié à Marion Liotard, la pianiste, sur les poèmes d’Alain Borne, auquel s’ajoute une neuvième dédiée à l’interprète Jennifer Michel. Nous en écoutons un extrait, qui nous permet d’apprécier le long ambitus vocal, dramatique ici, assumé par la jeune soprano solaire dont la voix a mûri en médium sans perdre de sa légèreté dans l’aigu. Voici :« J’ai vécu sans amour comme vivent les pierres… » :

3) PLAGE 17

       Brasier d’étoiles, ardente constellation nocturne, est semé de sombres harmonies, de dissonances, avec un traitement parfois subtilement jazzy du piano, violentes vibrations des graves, gros bouillons d’arpèges, trilles obstinés, sur une ligne vocale cantabile parfois hérissée d’aigus comme les crêtes écumeuses d’une mer tourmentée. La pianiste Marion Liotard, rompue à la subtilité de l’accompagnement, au Brasier d’étoiles et ses fulgurances ombreuses, orageuses, fait dérouler et déferler les flots presque wagnériens, orchestraux de ce piano de Ginoux, conçu à sa mesure : c’est un capitaine inexpugnable de force dans la tempête, un phare pour la voix. À part la mélodie 4, « Dis-moi… », d’une délicatesse intimiste, debussyste par la couleur transparente et la ligne simple de la voix et du piano rêveur, et la 6, trouée de silences étranges, l’ensemble est d’une violence qui n’exclut pas la langueur sensuelle parfois, servie par la voix charnue de Jennifer Michel.
          Nous nous quittons sur « je voudrais… », dernière mélodie du cycle :

4) PLAGE 18

     Label Maguelone Brasier d’étoiles, mélodies, d’Henri Tomasi et de Lionel Binoux, Jennifer Michel, soprano, Marion Liotard, piano, Préface de Jean-Marie Jacono, spécialsite de Tomasi



vendredi, août 11, 2017

CAPTATION TÉLÉ AÏDA : ARGUS AUX YEUX MULTIPLES


Aïda, de Guiseppe Verdi,

(1871)

Chorégies d’Orange

Captation du 5 juillet 2017



Retransmission télévisuelle du mercredi 9 août sur la 5


         Rien ne remplace le spectacle vivant, qui se fait —ou se défait sous nos yeux, c’est le risque— avec des acteurs vivants, leur grandeur mais aussi, éventuellement, leurs faiblesses, bien humaines. Une captation filmique, une retransmission télévisée, unit le paradoxe magnifique de voir, de revoir, mais avec un autre regard que le nôtre, avec des yeux démultipliés par les caméras, un spectacle passé, dont nous fûmes témoin en spectateur d’une place fixe, redevenu présent, et présent à volonté si on l’a enregistré. Focalisé de sa place fixe, le regard à l’évidence partiel que l’on y a, sans être forcément partial mais tout de même inévitablement subjectif, devient multifocal sous l’objectif mouvant de la caméra.
         Un spectacle est toujours spatialisé, on en reçoit les images, on en perçoit la musique selon l’endroit où l’on est situé : la proximité peut incliner en faveur d’un acteur selon qu’on en soit plus près ou non, à cour ou à jardin, et il est certain que, placé près des cordes ou des percussions on n’a pas la même sensation musicale. C’est donc aussi la magie, l’illusion de la captation radiophonique, microphonique, d’homogénéiser l’écoute générale, l’amplifiant sans doute, tout en particularisant des détails en gros plans, le chef, les musiciens solistes, les chanteurs ou les fondant dans des plans généraux de l’orchestre, des chœurs.
Ainsi, sans renverser absolument le jugement critique que j’ai exprimé dans mon article ci-dessus sur la première d’Aïda le 2 juillet, avec la grande distance du dixième rang de gradins sur les trente-quatre de l’immense théâtre, dont il faut rappeler que même les chanteurs, à l’avant-scène, sont à plus de trente mètres du chef pour en dire l’échelle, cette remarquable captation, abolissant ou accusant les distances, plans panoramiques ou serrés, m’a permis de revivre au plus près un spectacle, malgré mes réserves, et d’en nuancer certaines critiques.
Je rappelle simplement l’indiscutable réussite orchestrale et chorale, succès justifié d’Anita Rachvelishvili en impérieuse et humaine Amnéris, expressive autant dans son jeu qu’explosive dans la voix, Nicolas Courjal en Ramfis jeune grand prêtre glacial, à la voix d’ombre contrastant sur la blancheur de sa robe, Quinn Kelsey en Amonasro belliqueux et vigoureux, Ludivine Gombert en prêtresse éthérée, en nuances d’azur ou de Nil : la proximité sonore plus grande que leur offre le micro permet d’en goûter davantage la qualité vocale. En revanche l’Aïda d’Elena O’Connor, favorisée par ses talents de comédienne à l’image, bénéficie d’un gain de volume appréciable mais le micro accuse son excessif vibrato. En Pharaon, le flou José Antonio García gagne en présence et en projection. Quant au Radamès de Marcelo Álvarez, malgré la beauté d’un timbre souple et chaud, il accuse de près les défauts perceptibles de loin : phrases hachées en dépit de la syntaxe dans son premier air, si bémol tendu et peu tenu, sans le double pp, repris à l’octave.
Le générique est une belle création. Comme des souvenirs surgis du passé d’une mémoire très ancienne trouée d’incrustations de visages, ceux des chanteurs, des images classiques d’un art égyptien à son plus haut niveau : tête de la belle Néfertiti, de Toutankhamon ; sur son socle élégant de marbre, le hiératique chien noir Anubis sur ses pattes, longues oreilles dressées aux rehauts d’or à l’intérieur comme son collier et rubans, qui trône, veillera, marmoréen, sur tout le drame.
Alors que la réalité de la présence physique au spectacle nous cloue, prisonnier de notre place, nous impose une même optique sur l’immensité de la scène lointaine, la retransmission télévisée, comme effaçant les limites du petit écran, nous offrira la magie de l’ubiquité du regard d’une infatigable caméra agile, ailée dirait-on, survolant, surplombant l’immense théâtre antique, avec des plongées saisissantes sur l’ovale lumineux de la fosse d’orchestre, éclairant soudain en gros plan, papillons de nuit, quelques partitions sur les pupitres des musiciens, quelques instrumentistes. Inversant diamétralement son optique, elle nous révèle, de la scène, la vision frontale, grandiose, effrayante, qu’ont les chanteurs de tout le théâtre bondé, nous donne à voir le chef de face, passant une main rapide sur ses cheveux ébouriffés par le vent, puis s’envole par des panoramiques offrant une vision idéale, la nette épure au sol de ce long tapis souligné du plateau relevé symétriquement sur ses deux bouts par les gradins, imperceptible dans sa globalité de notre place de fourmi. La parfaite symétrie à trois côtés de rectangle, le quatrième étant le trait de l’avant-scène, l’alignement blanc des prêtres, devient ici sensible et le cercle, la ronde des premières danseuses vraiment à l’ancienne qui s’y circonscrit prend alors un sens plastique, géométrique qui nous échappait.
Les encombrants éléments de décor, Anubis, trois pyramides, le temple de Memphis ou Thèbes, celui de Philae, l’obélisque, le buste de Toutankhamon, écrasés par la perspective presque horizontale de notre dixième rang, s’aèrent dans l’espace de plans larges, semblent prendre une juste proportion par rapport au gigantesque mur antique, du moins perçus individuellement, quand la caméra les singularise, soulignant leur intrinsèque beauté.

Le temple, perçu en fond central d’un symétrique déploiement latéral de prêtres blancs, le Grand Prêtre puis la Prêtresse au milieu, donne une étonnante illusion de vérité ; quand les personnages sont habilement captés au pied des socles, l’échelle réduite de ces maquettes de monuments paraît alors justifiée.
Sans doute pensés pour la proximité intimiste de la caméra, on découvre certains détails raffinés, invisibles à l’œil nu : coiffes, coiffures luxueuses, mèches emperlées d’Amnéris, son maquillage, son fauteuil historié, fleur de lotus des colonnettes du délicat métier à tisser, harpes de ses femmes ; nuances des costumes sombres imperceptibles à la distance ; le danseur soliste, ses sauts de biche et entrechats, etc. On perçoit de la sorte la cohérence des ensembles et du détail dans la fluidité du flot continu de la musique qui, par le choix judicieux des angles et des images, n’est pas parasitée ici par l’accumulation mouvante, trop voyante des blocs de décors.
Comme celle du spectacle, il y a une mise en scène des images : on saluera donc  aussi l’intelligente dramaturgie d’une sorte de découpage des plans d’ensemble des situations aux gros plans des visages expressifs des personnages qui la subissent : c’est une véritable lecture qui se surimpose à celle de la mise en scène en captant au plus près les émotions violentes des héros. Loin de l’outrance lyrique qui affligeait parfois le jeu pour compenser la distance du dernier rang, ces chanteurs d’aujourd’hui, ne déméritaient pas dans les gros plans, autrefois éprouvants pour le spectateur, émouvants ici par une vérité humaine rendue sensible et proche par une caméra pleine de douce empathie : Elena O’ Connor, profil digne d’un pur dessin ou bas-relief égyptien, biche effarouchée, effrayée, terrorisée au fil ascendant de l’action, crédible et touchante Aïda par son jeu retenu ; Anita Rachvelishvili, dans la plénitude d’une féminité heureuse, a la morgue de la princesse aux fausses douceurs maternelles envers son esclave favorite, puis rebutée en amour, elle est en bute aux fureurs de la jalousie sans sombrer dans la caricature, âme souffrante enfin de la douleur d’autrui, visage tragique, fondu enchaîné dans une ingénieuse condensation de deux plans,  surimposé sur le fond effrayant des prêtres condamnant à mort son bienaimé ; de Nicolas Courjal, inflexible Grand Prêtre vêtu de lin blanc candide comme dirait Hugo, on distingue le clair regard pour des pensées sûrement aussi sombres que sa voix, aussi agitées qu’il est raide et roide à tenir sa crosse, symbole de son pouvoir religieux ; Quinn Kelsey, tempétueux dans sa voix, est orageux dans son attitude, crédible en roi éthiopien coiffé à la rasta. Voix mystique et mystérieuse des coulisses du temple, en Prêtresse issue de l’ombre, Ludovine Gombert, immobile statue aux voiles ailés de vent, est une éloquente muette divinité. On a le plaisir de trouver un visage au clair Messager de Rémy Mathieu, et même le Pharaon José Antonio García, avec le bénéfice du micro amplificateur et de la caméra scrutant son visage, gagne à être vu de près. Seul Álvarez déçoit, la caméra, impitoyable, rendant trop manifestes ses tics de ténor à l’ancienne, avec des coups de menton trop visibles pour donner le moindre aigu.

Plongées, contreplongées sur les personnages, interrogeant, scrutant, caressant le visage des héros, nous rendant plus sensible leur proche humanité, la caméra, sans s’attarder de façon pesante, capte en passant des groupes qu’on dirait sculpturaux s’ils n’étaient en mouvement, tels les prêtres solennels aux plis des robes balayés de vent, adagio pour les musiciennes, allegro agité pour la sombre houle de la folle foule de dames balzaciennes avec l’écume blanche de leur col, contrepoint aux déchirements d’Amnéris, la prière suppliante et dansante de ses femmes en blanc, agenouillées.
  Mais ce regard objectif souligne cruellement le ridicule des anachronismes en fond de scène XIXe aux antiques Égyptiens, ces bourgeois repus faisant de l’art repos dominical et ces prêtres, peut-être des jésuites ou d’autres congrégations, célébrant l’érection du phallique obélisque, chantant en chœur la gloire de Pharaon et les divinités païennes du panthéon égyptien. Après avoir personnalisé à coup sûr Vivant Denon que j’ai identifié dans mon précédent article, premier importateur d’antiquités égyptiennes pour le Louvre du futur empereur Napoléon, sans doute Paul-Emile Fourny a-t-il voulu, par cette indiscrète inclusion anachronique, rappeler (mais à quel savant spectateur s’adresse-t-il en l’absence, à ma connaissance, de toute explicite « Note d’intention »?) que le premier fonds important d’antiquités égyptiennes, est acquis  par le roi Charles X en 1826, ou que, dix ans après, sous Louis Philippe, Paris reçut en cadeau cet obélisque en hommage à Champollion, mort, qui avait réussi à traduire la Pierre de Rosette. À ce compte, les cryptiques intentions des metteurs en scène, aussi indéchiffrables que les hiéroglyphes pour le profane, auraient besoin d’un autre Champollion, nommé par Charles X, en 1826 conservateur de la division des monuments égyptiens du Louvre. Ainsi, vue de loin ou de près, on est informé et confirmé de la richesse culturelle indubitable d’un spectacle, gommée par la distance et, au contraire, démultipliée par sa proximité télévisuelle, mais qui, sans annonce subtile, se dénonce à l’œil, proche ou lointain, comme une arbitraire imposition, superposition et non cohérente fusion avec l’œuvre.
Mais il est vrai aussi que la multiplication, le morcellement avide des plans par les yeux multiples des caméras, jonglant avec virtuosité avec les images, nous permet de les savourer dans leur diverse et singulière beauté même si elles ne sont pas assujetties à une homogène et cohérente globalité historique : les trompettes à l’ancienne affrontées du haut des deux plateaux face à face, sont belles en soi, le plan fixe sur les grenadiers de la Garde nous épargnant de les confronter à la foule en liesse des guerriers égyptiens. On ne boude pas non plus à la machinerie de l’érection de la pyramide de Louxor (de la Concorde !)
On parle aujourd’hui d’un proche futur de « l’homme augmenté », aux moyens et facultés accrus par l’informatique et la techno-médecine, par des implants scientifiques, relayant les vieux mythes d’Icare, d’Argus. Mais n’y sommes-nous pas, depuis longtemps, avec des lunettes qui augmentent notre vue, des appareils auditifs qui corrigent notre audition, entre autres, avec ces téléphones qui prolongent désormais naturellement nos bras, nous donnant accès, connexion immédiate au monde ? Et que dire de ces caméras, tel l’Argus du mythe aux cent yeux, qui démultiplient les points de vue, la vision, nous offrant avec ces projections qui font présent d’un événement passé, le rêve fou, faustien, d’un regard total.

Aïda, de Guiseppe Verdi,
 (1871)
Chorégies d’Orange
Pour la distribution, voir ma critique de la première du 2 août ci-dessous.
Captation du 5 juillet 2017
Retransmission télévisuelle du mercredi 9 août sur la 5
A voir ou revoir sur France télévision, Culture box

Une coproduction
ACTE4 productions, Radio France
En association avec les Chorégies d’Orange,
Avec la participation de France télévisions,
Le soutien du Centre national de l’image animée,
Producteurs délégués Alexandra Clément et Jacques Clément,
Réalisateur : ANDY SOMMER ;
Prise de son et mixage : Radio France ;
Musicien metteur en onde : Daniel Zalay ;
Directeur du son : Yves Baudry.
Génériques : Emmanuel Duchemin.

Crédit photos : voir article précédent.





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