Critiques de théâtre, opéras, concerts (Marseille et région PACA), en ligne sur ce blog puis publiées dans la presse : CLASSIQUE NEWS (en ligne), AUTRE SUD (revue littéraire), LA REVUE MARSEILLAISE DU THÉÂTRE (en ligne).
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
Ci-dessous : liens vers les sites internet de certains de ces supports.
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
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L'auteur
- Benito Pelegrín
- Agrégé,Docteur d'Etat,Professeur émérite des Universités,écrivain,traducteur,journaliste DERNIÈRES ŒUVRES DEPUIS 2000: THÉÂTRE: LA VIE EST UN SONGE,d'après Caldéron, en vers,théâtre Gyptis, Marseille, 1999, 2000; autre production Strasbourg, 2003 SORTIE DES ARTISTES, Marseille, février 2001, théâtre de Lenche, décembre 2001. // LIVRES DEPUIS 2000 : LA VIE EST UN SONGE, d'après Calderón, introduction, adaptation en vers de B. Pelegrín, Autres Temps, 2000,128 pages. FIGURATIONS DE L'INFINI. L'âge baroque européen, Paris, 2000, le Seuil, 456 pages, Grand Prix de la Prose et de l'essai 2001. ÉCRIRE,DÉCRIRE L'AMÉRIQUE. Alejo Carpentier, Paris, 2003, Ellipses; 200 pages. BALTASAR GRACIÁN : Traités politiques, esthétiques, éthiques, présentés et traduits par B. Pelegrín, le Seuil, 2005, 940 pages (Prix Janin 2006 de l'Académie française). D'UN TEMPS D'INCERTITUDE, Sulliver,320 pages, janvier 2008. LE CRITICON, roman de B. Gracián, présenté et traduit par B. Pelegrín, le Seuil, 2008, 496 p. MARSEILLE, QUART NORD, Sulliver, 2009, 278 p. ART ET FIGURES DU SUCCÈS (B. G.), Point, 2012, 214 p. COLOMBA, livret d'opéra,musique J. C. Petit, création mondiale, Marseille, mars 2014.
jeudi, mai 17, 2018
mercredi, mai 16, 2018
GRAND GUITARISTE, GRAND COMPOSITEUR, GRAND INTERPRÈTE
Aube et crépuscule
Concert au jardin samedi 19 mai 2018 à 16h00
Venez nombreux au nouveau spectacle de l'ensemble Magellan empli de poésie et d'inspiration le samedi 19 mai 2018
PAF: 15 euros, gratuit pour les enfants jusqu'à 12 ans apéritif compris.
Adresse:La félicité, 595 route des Milles, 13090 Aix en Provence
lundi, mai 14, 2018
BIEN ÉVEILLÉ
Enregistrement 12/4/2018, passage, semaine 14/4//19/5/18
RADIO DIALOGUE RCF (Marseille : 89.9 FM,
Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)
« LE BLOG-NOTE
DE BENITO » N° 314
lundi : 18h45 ; mercredi : 20
h ; samedi : 17h30
Semaine
20
Quand
on parle de de Moyen-Âge on considère rarement que c’est une très longue période
de l’histoire de l’Europe, qui couvre près d’un millénaire, dix siècles, qui
vont du Ve au XVe siècle, entre l’Antiquité et
les Temps modernes. On le fait débuter avec la chute de Rome, en 476 avec la
déposition du dernier empereur romain par Odoacre : c’est le lent déclin de l’Empire d’Occident, les invasions
barbares. Le Moyen Âge se termine par la Renaissance et les Grandes
découvertes. Cette immense période est subdivisée entre le haut Moyen Âge (VIe – Xe siècles),
le Moyen Âge (XIe – XIIIe siècles) et le Moyen Âge tardif
ou bas Moyen Âge (XIVe – XVe siècles). C’est
dire si c’est un long moment de notre histoire qu’on peut difficilement
appréhender culturellement dans son immense diversité.
Ainsi, la musique médiévale,
forcément très diverse, n’est pas très courue. Pourtant, il y a quelques
frémissements qui laissent espérer un intérêt pour des pans de ce monde dont
nous sommes issus. Récemment, ouvrant ses frontières temporelles, au titre du
thème marseillais de 2018 sur l’amour, Mars en Baroque avait accueilli, le mardi
13 mars, en l’Église Saint-Cannat, le jeune ensemble APOTROPAÏK pour un concert
intitulé AŸ AMOUR ! Ces jeunes
musiciens nous avaient fait goûter des pièces rarement données en concert, dont
des chants de troubadours occitans, parmi lesquels, le célèbre alors Foulquet de Marseille. C’est pourquoi, après avoir
parlé de la Musique au temps de
Saint-Louis, je suis heureux de saluer, le CD d’un autre tout jeune
ensemble, un disque qui sort des sentiers battus : En
Seumeillant : « Rêves et
visions au Moyen-Âge »
par le Sollazzo Ensemble, aux Éditions Ambronay
Le Sollazzo Ensemble est fondé à Bâle en 2014 par la
vièliste Anna Danilevskaia, qui le
dirige, réunissant autour d’elle cinq musiciens, deux sopranos, Perrine Devillers et Yukie Sato, un ténor, Vivien Simon, un harpiste, Vincent Kibildis, et une autre
vièlistes à archet, Sophia Danilevskaia. Les membres de Sollazzo ont tous
étudié dans des institutions renommées pour leur spécialisation en musique
ancienne : la Schola Cantorum
Basiliensis, de Bâle même, l'Esmuc de Barcelone et le CNSM de Paris. L’année
même de la fondation de l’ensemble, ils sont sélectionnés, choisis, pour
participer au programme du célèbre Centre culturel des rencontres d'Ambronay.
L’année suivante, ils reçoivent trois prix pour leur interprétation de musique
ancienne. Leur premier disque, Parle
qui veut, en 2017, est distingué par de nombreuses distinctions,
Diapason d'Or, CD de l'année de la revue Gramophone,
etc. Gageons que ce dernier CD, exigeant, à peine sorti, aura le même accueil
favorable. Et pourtant, aucune facilité dans le choix de la musique qu’ils
appellent tardo-médiévale, puisée en Catalogne, Italie, France, d’entre les
XIIIe et XVe siècles, de styles et d'esthétiques très
différentes, classée sous la rubrique unitaire de « Rêves et visions au
Moyen-Âge ».
Rêve
qui peut être un cauchemar, comme dans ces visions d’apocalypse, du Jugement
dernier, de ce Cant de la Sibilla catalan
dont je vous lis le refrain obsédant :
« Al jorn del Judici parrà el qui haurà feyt servici ». ('Le jour du Jugement ceux qui
auront bien servi seront récompensés'). Les autres, punis .
J’en résume quelques vers : ‘Un grand feu descendra du
ciel , /brûlant
mer, sources et rivières./Les poissons pousseront de grands cris/
[…] Avant le Jugement viendra l’Antéchrist/et donnera du tourment à tout le monde/et il se fera servir comme Dieu/et fera mourir celui qui ne lui obéira pas.’ Nous écoutons un extrait :
mer, sources et rivières./Les poissons pousseront de grands cris/
[…] Avant le Jugement viendra l’Antéchrist/et donnera du tourment à tout le monde/et il se fera servir comme Dieu/et fera mourir celui qui ne lui obéira pas.’ Nous écoutons un extrait :
1) PLAGE
1
Eh bien, cet air saisissant d’une
de ces sibylles, prophétesses ou illuminées dont les chants existaient dans
toute l’Europe, s’est préservé à Palma de Majorque et on le chante toujours
dans des églises, et notamment dans la cathédrale de Palma, pendant la messe de
minuit. Au milieu de la réjouissance de Noël, un petit garçon ou une petite
fille, brandissant un sabre, vient troubler la fête en rappelant brutalement, en
ce début heureux, la fin terrible de tout.
« Le chant de la Sibylle de Majorque » a été inscrit par l'UNESCO du patrimoine
culturel immatériel de l’humanité.
Certes, cette pièce est bien
connue. Mais parmi les morceaux les plus saisissants, à cheval entre les XIVe
et le XVe siècles, il y a deux chants dits « des Fumeurs », du nom
d’une société secrète. Bien sûr, ce ne sont pas des fumeurs de tabac, qui ne
fut importé d’Amérique par les Espagnols qu’au XVIe siècle. Mais il
n’est pas interdit de penser qu’on pouvait aussi fumer, inhaler des fumées de
plantes hallucinogènes. En tous les cas cet air étrange, semble bien exprimer
une sorte de transe, de délire en sourdine. Voici le refrain de la strophe,
traduite de l’ancien français : ‘Le
fumeux fume en la fumée/De fumeuses spéculations ». Et le couplet :
‘Car il enfume sa pensée/ Le fumeux fume en la fumée/ Car il lui plaît fort de
fumer/Jusqu’à ce qu’il soit satisfait’.
Nous en écoutons un extrait, à
mi-voix, dissonant, planant :
2) PLAGE 7
Le disque nous promène donc
dans un Moyen Âge non de rêve de quelque reconstitution plus ou moins
fantaisiste, mais, explique-t-il, de la rêverie la plus innocente à la chanson
à boire paillarde en passant par la vision mystique, comme cette italienne Magdalena degna da laudare , ‘Madeleine, digne de louange’ ou
la sombre litanie mortuaire exprimée aussi par des dissonances, Litania mortourum discordans,
d’une époque qui connut les horreurs de la Peste noire qui ravagea l’Europe. La
mort délivre aussi de l’amour, comme dans Morte
m'a sciolt' d’amore ('La Mort m'a libéré d'amour') tiré de Pétrarque. Il y a des morceaux souriants,
lumineux, comme La bella stella ,
‘La belle étoile’, le plaisant Or sus, vous dormez trop. Mais nous
quittons ce beau CD sur l’amusant En ce
gracieux temps de Jacob de Senlèche, où vous entendrez le rossignolet et
ses cris, « Oci, Oci » avec ceux du coucou, naturellement,
« cocu, cocu » :
3) PLAGE 11
En Seumeillant : Rêves et visions
au Moyen-Âge
, Sollazzo Ensemble
, 1CD Éditions Ambronay Durée
du CD : 62'34''
dimanche, mai 13, 2018
CYGNE NOIR
LOHENGRIN
Opéra en trois actes de
RICHARD
WAGNER
Coproduction Opéra de Marseille / Opéra de Saint- Étienne
Coproduction Opéra de Marseille / Opéra de Saint- Étienne
Opéra
de Marseille, 8 mai
Cette œuvre n’avait pas été
représentée à Marseille depuis 1983, soit trente-cinq ans, et y revient en
apothéose.
L’ŒUVRE
Lorsque
Lohengrin est créé par Liszt à Weimar
en 1850, en son absence, Wagner, réfugié en Suisse après les événements
révolutionnaires de 1848 qui secouent l’Europe, a déjà à son actif plusieurs
ouvrages lyriques, Die Feen, ‘les Fées’, de 1833 mais créé
seulement en 1888, Das Liebesverbot, oder Die Novize von Palermo (‘La défense d'aimer, ou la Novice de
Palerme’) d'après Mesure pour mesure de Shakespeare, qu’il
dirige lui-même en 1836, Rienzi de 1842, influencé par Meyerbeer,
son premier succès, mais le compositeur lui-même le renie et l’œuvre n’est
jamais entrée au répertoire du Festival de Bayreuth. Dans ce sacro-saint de ce
qui sera le wagnérisme n’ont droit de cité que les opéra qui suivent, Wagner
ayant trouvé sa manière, un style qu’il ne va cesser de peaufiner et
d’approfondir : Der Fliegende Holländer (1843), Tannhäuser (1845)
et enfin Lohengrin en 1850.
C’est
un opéra de transition avec ses œuvres futures, qui n’a pas encore rompu
entièrement avec la tradition de l’opéra italien et du romantisme germanique avec
des vers itératifs qui donnent souvent une sorte de clôture à des
« airs » détachables. Mais la mélodie continue y est déjà sensible et
le motif, sinon encore exactement leimotiv,
(motif conducteur varié) du Graal, depuis l’ouverture, plane comme une auréole
de grâce évanescente sur nombre de passages.
Style troubadour
Avec
sa musique de l’avenir, Wagner demeure un homme culturellement tourné vers le
passé et un auteur sensible à la mode de son temps, au style troubadour, la vogue médiévaliste du néo-gothique qui envahit
les arts à partir du premier tiers du XIXe siècle, dont Violet
Leduc, restaurateur et créateur de monuments médiévaux, est l’exemple génial.
Féru de mythes médiévaux, à partir du précédent Tannhäuser, inspiré de personnages historiques réels, dont le
minnasänger (trouvère germanique)
éponyme, qui donne son nom à l’œuvre, et son compétiteur Wolfram von Eschenbach, il
greffe à leur légendaire concours de chant la légende de sainte Élisabeth de
Hongrie. À partir de là, il trouve l’inspiration de ses autres opéras dans le
merveilleux médiéval chrétien comme Parsifal,
ou païen germanique comme la Tétralogie.
Lohengrin est
une charnière thématique intéressante, puisque le personnage d’Ortrud
représente le conflit entre le Dieu chrétien et les anciens dieux païens
germaniques et nordiques qu’elle entend venger, héros de la future Tétralogie. La seule exception est la
comédie Die Meistersinger von Nürnberg, ‘Les Maîtres chanteurs de Nuremberg’ (1868), version populaire de ces
poètes qui chantent la dame, l’amour, lors de concours publics de poésie, seule
œuvre échappant au mythe, laïque, dont la seule transcendance est sans doute
l’Art.
Ce poétique
et mystérieux Chevalier au cygne, dont l’identité ne sera révélée qu’à la fin,
Lohengrin, est un
personnage légendaire médiéval connu dès le XIIe siècle par des
chansons de gestes. Wagner s’inspire du minnasänger
qu’il avait déjà mis en musique dans son Tannhäuser, Wolfram von Eschenbach (1170 1220), de son poème
épique Parzival, Parsifal, Perceval
pour nous, qui rattache Lohengrin au cycle du Graal des chevaliers de la Table
ronde. C’est un mystérieux et merveilleux inconnu qui aborde un jour un
rivage dans une nacelle, une petite barque, tirée par un cygne. Par sa
vaillance, il se gagnera un fief et une épouse. Mais, un jour, le cygne qui
l’avait guidé réapparaît, l’appelle, le rappelle : le bel inconnu, venu
d’on ne sait où repart pour on ne sait quelle autre lointaine et impénétrable
mission, s’envole à jamais dans sa barque tirée par un cygne, gardant à jamais
son mystère.
Chez
Wagner, sur les bords de
l’Escaut, devant Heinrich der Vogler,
‘Henri l’Oiseleur’, roi de Germanie et l’assemblée des nobles du Brabant, il
vient défendre d’une injuste accusation de fratricide portée par le comte
Telramund, à l’instigation de son intrigante femme Ortrud, la pure Elsa de
Brabant, romantique héroïne rêveuse. Il la défend, vainc, l’épouse avec
l’injonction de ne jamais lui poser la question fatale de son nom et de son
origine mais, tel Orphée vaincu par
l’insistance de sa femme arrachée aux Enfers, l’infraction du tabou par une
Elsa tenaillée par le doute instillé par Ortrude, forcé de révéler son identité,
il est contraint de la quitter pour retourner à Montsalvat où son père Parsifal
garde le Saint Graal. Non sans avoir ressuscité Gottfried, le frère
prétendument occis par Elsa, que la magie d’Ortrud avait changé en cygne.
Proust et Wagner
Wagner
avait cherché à Paris, alors capitale musicale de l’Europe, une consécration
qui, à l’exception de rares esprits éclairés tels Baudelaire ou plus tard
Mallarmé, ne viendra que bien tard, vers la fin du XIXe siècle après
l’apaisement de la germanophobie consécutive à la défaite française de 1870 et
la perte de l’Alsace et la Lorraine. À cheval sur les deux siècles, Proust,
amateur subtil, témoigne dans À la
recherche du temps perdu, de l’accueil controversé de Wagner en France. Il adorait sa
musique, il avait peut-être vu Lohengrin lors de sa création française en 1887 mais, surtout, il
fréquentait les Concerts Lamoureux qui, passée l’hostilité rageuse contre le
wagnérisme, programmait des pages symphoniques. L’écrivain s’avoue
« Persuadé que les œuvres qu’[il y entendait] (le
Prélude de Lohengrin, l’ouverture de Tannhäuser, etc.) exprimaient les
vérités les plus hautes ».
Proust consacre nombre de commentaires à Wagner, à Lohengrin dans Du Côté de Guermantes, À
l’Ombre des jeunes filles en fleur, La
Prisonnière, etc. C’est un aperçu
intéressant de l’engouement et de l’aversion envers Wagner dans les cercles
élégants. Ainsi, le salon républicain et progressiste de Madame Verdurin
organise un voyage à Bayreuth. Cependant, même le salon aristocratique et
royaliste des Guermantes, pourtant conservateurs, débat du cas Wagner, ainsi le
savoureux dialogue entre le duc trouvant que Wagner l’endort « immédiatement »
qui s’attire cette réplique de sa femme :
« Vous avez tort, dit Mme de Guermantes, avec des longueurs insupportables
Wagner avait du génie. Lohengrin est
un chef-d’œuvre. Même dans Tristan il
y a çà et là une page curieuse. Et le chœur des fileuses du Vaisseau fantôme est une pure
merveille. »
Mais
abandonnant les salonards à leurs catégoriques et lapidaires jugements, comment
ne pas partager ce sentiment de Proust qui goûte
« cette
sorte de tendresse, de sérieuse douceur dans la pompe et dans la joie qui
caractérisent certaines pages de Lohengrin » ?
RÉALISATION
Ce
Prélude fameux de Lohengrin, douce ouverture,
mais sur un monde où la pureté et la poésie vont s’opposer cruellement à la
dureté et méchanceté des hommes, débute en sourdine dans une brume moirée embuée
de rêve aux bords d’un sommeil finissant, dont les évanescentes vapeurs se
dissipent au tout léger souffle de vent sur le feuillage de peupliers, faisant
miroiter la face argentine des feuilles, léger rideau qui s’ouvre lentement, sur
une scène, un onirique et impalpable paysage d’ailleurs, montant sur un
crescendo, un fracas de soleil avant de s’estomper, délicatement conduit par la
baguette inspirée de Paolo Arrivabeni, est malheureusement gâché par
l’indiscrète animation parasite imposée par la mise en scène de Louis Désiré dans le décor de Diego
Méndez Casariego, un étagement, à cour,
d’une sombre et énigmatique bibliothèque où passeront une jeune femme et un
jeune homme, dont l’esprit, distrait de la merveilleuse musique, tente de
déchiffrer l’énigme avant d’identifier Elsa et son frère disparu supposé
assassiné par elle, quand il suffisait de lire le texte du programme pour le
savoir.
Bonne idée que le livre, caressé par la jeune femme,
relais passé à des enfants qui situe l’intrigue dans l’univers des contes, mais
le mimodrame casse le drame, capte trop l’attention au détriment de la
musique ; excellente idée que de l’opposer, à jardin, à ce touffu trophée
d’armes, antithèse guerre et culture, le presque trait d’union de cette table, tronc
d’arbre à peine arraché à la nature, voisinant avec le fauteuil Louis XVI,
aboutissement raffiné de l’art, couvert de soldats de plomb ambigus, jouets
enfantins et plans et tactique pour le combat.
Cet anonyme, roi valise à la main, même pour
signifier une fuite précipitée, manque singulièrement de majesté dans son
neutre costume de fuyard pour rendre crédible qu’il règne majestueusement sur
un combat singulier dont il impose la règle à tous. Rien ne le distingue, dans
sa stricte veste sombre à boutons dorés, du reste de la troupe, à part les
manches passementées d’or de son manteau comme Telramunt et un pendentif trop
petit pour être identifié de loin. Des civils en costume se mêlent aux
militaires et même les femmes ont des robes sévères (Méndez Casariego)
qu’on dirait de pensionnaires, à part Elsa en clair et Ortrud dans son habit de
fête de nuit au revers de feu. Cela a une harmonie globale austère non
sans grandeur. Dans la tonalité ténébreuse de l’ensemble, les masses se
fondent, confondent, s’étagent vaguement dans d’angoissants clairs-obscurs, des
pénombres, les lumières somptueuses de Patrick Méeüs arrachant de
l’ombre, de saisissante et fantomatique façon, des silhouettes, des têtes, des
visages. Dans cet univers ténébreux, l’image surélevée du lit des deux époux
dans les draps, d’une éclatante blancheur, a le charme naïf de certaines
enluminures médiévales présentant, des gestes raides stéréotypés, des amants
heureux.
Le héros a
une chemise contrastant avec son manteau, affublé d’un dossard convoquant les
plumes du cygne absent, évoquant surtout un blouson de motard angelino, de Los Angeles, ‘la cité des
anges’. Détail pas très heureux sans doute mais, le fameux cygne inexistant est
en fait intelligemment disséminé dans le décor, dans des murs, dans la petite
cape de plumes d’Elsa pour son mariage, et, dans le tendre adieu au cygne de
Lohengrin, magnifique trouvaille, c’est, dans un rideau de devant de scène
soudain semé d’étoiles, la Constellation du Cygne qui se définit sous nos yeux
avant de se reperdre dans cette Voix Lactée.
INTERPRÉTATION
Distribution triée sur le volet même
dans les comparses, tel le quarteron de fidèles de Telramund même défait et
déchu, loyauté indéfectible des vassaux à leur suzerain, Florian Cafiero, Samy
Camps, Jean-Vincent Blot et Julien Véronèse. À cette image féodale, brutale dans sa
raideur virile guerrière, inexpiable, inflexible lors du procès et du duel
(bien traité dans un remous de foule) s’oppose subtilement, la douceur féminine de dames dont les gestes bien
trouvés traduisent la solidarité avec Elsa, accusée, bien campées ensuite dans le cortège de la mariée, symbolisée
en quatre dames, Pascale Bonnet-Dupeyron, Florence Laurent, Elena Le Fur et Marianne Pobbig.
Si l’on a regretté la scène adventice
parasitant le Prélude, il faut reconnaître les moments où l’image et le son
semblent ne faire qu’un dans une miraculeuse osmose. Ainsi, ces masses perdues
dans des fonds lointains obscurs, ces chœurs minutieusement travaillés par Emmanuel
Trenque, dans des murmures presque
imperceptibles à peine nappés d’orchestre par la délicatesse d’Arrivabeni,
donnent une sensation, un sentiment de profondeur et de distance, horizon
lointain d’humanité compassive, qui contrastera avec la combattive ardeur
d’autres moments. C’est, à coup sûr, l’une
des réussites de cette production. L’on soulignera que, loin de jouer
l’emphase, l’enflure, les plaies d’interprétation surchargées de Wagner, le
chef, qui sait être épique, nous en fait goûter les finesses, les évanescences
poétiques, attentif aux chanteurs comme le savent être les directeurs italiens,
mettant magnifiquement en valeur le texte, souvent à la limite du parlando,
d’un auteur compositeur tout aussi attentif à la bonne écoute de sa musique que
de ses paroles.
Et il n’y
avait ici que de grands interprètes pliés à la musique et dramaturgie
wagnériennes. Le héraut du roi est
campé par un Adrian Eröd, à la voix solide comme une lame
de ces épées qu’il appelle à se mesurer. Le Roi Henri l'Oiseleur, partagé
entre la nécessité de rendre justice et ce que l’on sent de pitié pour Elsa,
est humainement incarné par Samuel Youn, déjà apprécié en grand
Hollandais. Personnage le plus dramatique, le seul à mourir, Frédéric de Telramunt, chevalier féal, fidèle à la mémoire de
son suzerain, défendant la justice en accusant une Elsa qu’il croit sincèrement
fratricide et lascive, est un Macbeth germanique, manipulé par sa femme
à laquelle l’unit et la fidélité dynastique et la chair, voit son monde s’écrouler
lorsqu’il est défait dans le duel à outrance du Jugement de Dieu qui l’oppose à
Lohengrin. Ses remords, sa honte d’avoir été épargné sont tout aussi sincères
avant d’être reconquis par sa femme. Avec son long manteau volant dans ses
accès de fureur, le baryton Thomas Gazheli a des envolées hallucinées, se
mettant sans doute en danger par sa véhémence et une excessive ouverture des
sons, mais il est d’une expressivité dramatique extraordinaire et sait servir
le texte en en détaillant au murmure certains passages. Aussi contrôlée qu’il
est impétueux, tempétueux, la femme et le pantin, Petra Lang, cheveux
d’un roux maléfique en tresses chignonnées de gardienne de stalag, mezzo ou
grand soprano dramatique, voix longue, corsée, est une Ortrud uniformément
maléfique, ironique, machiavélique, qui se joue du rôle comme des autres, grandiose
dans l’aveu orgueilleux de son crime.
Elsa, ne serait qu’une héroïne romantique
stéréotypée à laquelle ne manque même pas un monologue nocturne à la fenêtre
chantant les caresses des brises, sans les doutes qui la taraudent face au
mystère imposé, il est vrai abusivement, par le mystérieux chevalier au Cygne. Barbara
Haveman, soprano, lui prête une voix sûre, solide peut-être un peu trop
pour l’évanescence de son rêve, le médium a mezza voce parfois atteint d’un vibrato
excessif au début puis récupérant, surtout dans les dernières scènes,
paradoxalement après le mariage, une stabilité, une pureté virginale et un
timbre lumineux. Homme providentiel venu d’ailleurs, Lohengrin serait d’une
insignifiance sereine s’il n’avait la poésie du mystère, même inhumain. Cette
mise en scène lui met un peu les pieds sur terre, sa victoire au duel étant
celle de Dieu, promenant paisiblement son triomphe parmi les soldats (on l’imaginerait
se prêtant aux selfies). Norbert Ernst, ténor, lui offre un timbre
lumineux comme son épée, mais sans rien d’acéré, avec une grande fraîcheur dans
son récit final du Graal, traduisant à la fois son plaisir de se révéler enfin à
tous dans sa gloire, après l’amertume de l’échec amoureux face à l’hystérie
inquisitrice d’Elsa ne sachant être belle et tais-toi comme il l’exigeait.
Un personnage mystérieux, blanc, torse nu, désincarné
par le mince Massimo Riggi, avec des battements de bras comme des ailes, traverse la scène, témoin
muet et parfois consterné de l’action, et s’avère donc comme le frère fantôme d’Elsa
du mimodrame du Prélude, transformé en cygne par le maléfice d’Ortrud et rendu
à sa figure humaine de duc Gottfried par la prière finale de
Lohengrin. Des enfants (Lisa Vercellino, Matteo Laffont)
donnent à l’opéra sa dimension féerique de conte, de légende : pour petits
et grands.
Opéra de Marseille
Lohengrin, de Wagner,
2, 3 et 8 mai
Direction
musicale : Paolo ARRIVABENIMise en scène : Louis DÉSIRÉ
Décors et costumes : Diego MÉNDEZ CASARIEGO ; Lumières Patrick MÉEÜS
Distribution :
Elsa de Brabant : Barbara HAVEMAN ; Ortrud : Petra LANG
Lohengrin : Norbert ERNST
Fredrich de Telramund : Thomas GAZHELI
Le Roi Henri l’Oiseleur : Samuel YOUN
Le Héraut du Roi : Adrian ERÖD
Les nobles de Brabant : Florian CAFIERO, Samy CAMPS, Jean-Vincent BLOT, Julien VÉRONÈSE
Le Duc Godfried : Massimo RIGGI
Les pages : Pascale BONNET-DUPEYRON, Florence LAURENT, Eléna LE FUR, Marianne POBBIG ; les enfants : Lisa VERCELLINO, Matteo LAFFONT.
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille. Chef de Chœur : Emmanuel TRENQUE
Photos : © Christian Dresse :
lundi, mai 07, 2018
MIEUX QU'UN PIANO, DEUX PIANOS
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DES FLEURS POUR GABY DESLYS
Enregistrement 26/4/2018, passage, semaine 7/5//13/5/18
RADIO DIALOGUE RCF (Marseille : 89.9 FM,
Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)
« LE BLOG-NOTE
DE BENITO » N° 317
lundi : 18h45 ; mercredi : 20
h ; samedi : 17h30
Semaine
19
Nul
n’est prophète en son pays, et encore moins prophétesse : là au moins, la
parité existe. À preuve, pour le genre masculin, le chanteur Jean-Christophe
Born, et, pour le féminin porté à l’extrême de la féminité, la chanteuse Gaby
Deslys. Ainsi donc, le jeune et talentueux ténor Christophe Born qui nous avait
fait l’honneur et l’amitié de participer à notre concert de Noël, né à
Poitiers, passe sa jeunesse au Gabon, découvre à seize ans, sinon l’Amérique, du
moins sa musique à Broadway, avant de s’installer à Marseille où il fait ses
études universitaires, musicales et vocales.
Et
notre ville l’enchante tellement, qu’il la chante et l’exalte dans des
spectacles qu’il monte lui-même, ressuscitant l’opérette marseillaise, dans Marseille, mes amours. Il est encouragé
dans sa voie et voix lyriques par de grands chanteurs telle la grande Montserrat
Caballé ; il est récompensé par des prix internationaux. Mais, tout en
menant une carrière de ténor dans un répertoire allant de la musique baroque à
la contemporaine, qui le promène dans plus d'une quinzaine de pays différents,
Jean-Christophe Born cultive de jolis spectacles qu’il monte lui-même, tel celui
dévolu à l’opérette marseillaise et une mémorable My Fair Lady réduite à deux personnages, un exploit réussi. Le voici,
enfin, qui rend à la vie cet autre prophète, au féminin, oubliée par son ingrat
pays, par son ingrate ville natale, Marseille, Gaby Deslys. Qui ne connaît, sur
la Corniche, la somptueuse villa Gaby, témoignant encore aujourd’hui des fastes
d’antan, de la Belle Époque? En face, comme un modeste Château d’If, un
petit îlot appelé aussi (de)Gaby, surmonté d’un étroit fortin : certains, prétendus
connaisseurs, murmurent que c’est le tombeau de Gaby.
Mais,
au fond, qui connaît cette désormais fantomatique et mythique Gaby Deslys,
évanouie dans la mémoire collective, survivant seulement, surnageant dans le
souvenir hérité de très, très vieux Marseillais ? Mais Born, notre
dynamique ténor lui voue un culte, lui consacre un spectacle, véritable
déclaration d’amour : Gaby, mon
amour ! Ce fut déjà monté l’an dernier, puis cet hiver joué à New York,
lieu de triomphe de cette célèbre Marseillaise, Gaby, mon amour! / avec le sous-titre “I'm a good little devil! (‘je
suis un bon petit diable ! ‘) qui est un programme, presque
une identité de la belle, pourtant guère diablesse, mais plutôt angélique par sa générosité et charité.
On pourra
découvrir le spectacle à Marseille du 7 au 13 mai au Théâtre de l'Atelier des Arts, 33 boulevard de Sainte-Marguerite,
(13009) et le 15 mai à Carry-le-Rouet. On applaudira dans le rôle de Gaby, la brillante
soprano Clementine Decouture, finaliste du
concours des voix Nouvelles 2018, 1er prix d'Opérette de l'Odéon, 1er prix
d'Opéra à Marmande, et nommée révélation artiste lyrique Spedidam 2018. Jean-Christophe Born incarnera Harry Pilcer, partenaire et compagnon de Gaby ; ils seront accompagnés au piano par
l'exceptionnel Mark Nadler, élu best performer de l'année
2015 à Broadway, qui dansera aussi.
Nous en écoutons le début, Born en présentateur et acteur chanteur de la
revue tombant amoureux de l’image de Gaby justement en couverture d’une revue, en cover girl :
De son vrai nom Marie-Élise Gabrielle Caire, celle qui deviendra la fameuse Gaby
naît à Marseille en 1881,
dans une famille de la bourgeoisie commerçante. Elle étudie au
Conservatoire de la Ville où elle obtient un premier prix de solfège et un
deuxième prix de chant. En 1900, elle monte à Paris pour l’Exposition universelle au bras d’un
jeune et riche journaliste pour tenter sa chance. Elle est jeune,
belle, talentueuse, mais travailleuse : elle perfectionne son chant, étudie la
danse, le jeu, gomme son accent marseillais. Son ascension va être fulgurante, meneuse de revue ("commère") des
cabarets modestes aux plus grands :
l'Alhambra, les Folies Bergère, le Moulin Rouge. En 1906, elle triomphe à Londres, en revient
riche. On l’adule à Paris, on l’adore partout.
La
revue Son altesse l’amour du Moulin Rouge semble
prophétique : le jeune Roi du
Portugal Manuel de Bragance en tombe éperdument amoureux, la couvre de cadeaux,
l’installe même au Portugal dans un palais près du sien en 1910. Malgré leur discrétion, le
scandale sépare les amants : elle rentre à Paris. Mais la
passion du monarque est telle qu’il la refait venir clandestinement au
Portugal, la loge, en toute discrétion, dans le château au Bois dormant : on croirait un conte de fées où le roi serait
le Prince charmant. Hélas, encore une fois, l’opinion publique qui, elle, ne
croit pas aux princes qui épousent des bergères, les pousse à la séparation
et le roi est contraint d’abdiquer et de partir pour l’exil, cette liaison étant la goutte qui fait déborder le vase du mécontentement populaire contre le monarque.
Gaby est une femme libre, émancipée
pour son temps : elle multiplie apparemment les amours. Mais il serait abusif de
l’assimiler à une simple courtisane comme Cora Pearl, Liane de Pougy, Cléo de Mérode et autres
célèbres cocottes qui vivent de leurs charmes, la Belle Otéro, au moins,
étant une authentique danseuse. Gaby gagne des fortunes par son art et n’a pas
besoin d’être entretenue pour maintenir un train de vie fastueux.
Nous découvrons
la voix de Clémentine Decouture dans
Je chante la nuit avec les Frivolités
Parisiennes
Gaby, Marseillaise
expatriée à Paris, représentait à Londres, aux États-Unis et tant d’autres pays
où elle se produisit, la Parisienne,
le chic français ! Et c’est elle qui, après ses triomphes aux USA, où elle
se déplaçait avec un train personnel, introduira en France les nouveaux rythmes
américains, le rag time, l’ancêtre du jazz, bien avant 1917 où l'on croit que les soldats d'une Amérique entrant en guerre importèrent cette musique.
Avec Harry Pilcer, partenaire donc et compagnon
de sa vie, ils triomphent à New-York avec la revue Stop, look and Listen,
sur des musiques d'Irving Berlin, le
célèbre auteur du depuis célébrissime standard : Alexander’s ragstime band. En 1917, c’est encore la Grande Guerre
et l’intervention américaine dans le conflit : au Casino de Paris on
invente pour elle la fameuse descente d'escaliers, redoutable numéro dit "des
échelles" qui deviendra un rituel de toutes les revues pour les
grandes meneuses comme Mistinguet, Cécile Sorel (« L’ai-je bien
descendu ? »). Cette revue, Laisse
les tomber, la seule qu’elle jouera à Marseille, mais avec un succès mitigé, fait vraiment découvrir
le jazz pour la première fois en France. Gaby tourne aussi dans plusieurs films
muets, avec de grands réalisateurs, Cukor, Marcel l'Herbier. En 1918, Gaby et Harry s'installent à Marseille, dans la fameuse Villa
Gaby qu’ils ont achetée sur la Corniche. Gaby succombe à une pneumonie
foudroyante le 11
février 1920 ; elle venait d'avoir à 39 ans. Elle repose au cimetière
Saint-Pierre à Marseille et non dans l’îlot Degaby, offert par son riche mari à une autre actrice de ce nom. Infatigable bienfaitrice, ayant animé quantité de spectacles, de manifestations caritatives en faveur des soldats alliés, des blessés, des aveugles, sans léser sa famille, elle lègue grande partie de ses biens à la ville de Marseille et sa fameuse villa aux enfants convalescents de la tuberculose. Gaby, une femme, une artiste qu'on pouvait admirer et aimer.
Nous avons cette revue pour la revoir, un florilège pour cette fleur à
tous vents du succès en 6 tableaux et avec 10 changements de
costumes, GABY, MON AMOUR !
Nous
nous quittons, en écoutant le pianiste Mark Nadler , J.C. Born et, dans cette première version, Perrine
Cabassud en Gaby :
3) FIN ET FOND
https://www.youtube.com/watch?v=hRp3W45IokE
À retrouver du 7 au 13
Mai au théâtre de l'Atelier des Arts, Sainte-Marguerite (13009) et le 15
Mai à Carry le Rouet, 20 heures sauf les 8, 10 et 13, fériés, à 15 heures..
Vidéo du spectacle :youtube
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