Critiques de théâtre, opéras, concerts (Marseille et région PACA), en ligne sur ce blog puis publiées dans la presse : CLASSIQUE NEWS (en ligne), AUTRE SUD (revue littéraire), LA REVUE MARSEILLAISE DU THÉÂTRE (en ligne).
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à
RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
Ci-dessous : liens vers les sites internet de certains de ces supports.

L'auteur

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Agrégé,Docteur d'Etat,Professeur émérite des Universités,écrivain,traducteur,journaliste DERNIÈRES ŒUVRES DEPUIS 2000: THÉÂTRE: LA VIE EST UN SONGE,d'après Caldéron, en vers,théâtre Gyptis, Marseille, 1999, 2000; autre production Strasbourg, 2003 SORTIE DES ARTISTES, Marseille, février 2001, théâtre de Lenche, décembre 2001. // LIVRES DEPUIS 2000 : LA VIE EST UN SONGE, d'après Calderón, introduction, adaptation en vers de B. Pelegrín, Autres Temps, 2000,128 pages. FIGURATIONS DE L'INFINI. L'âge baroque européen, Paris, 2000, le Seuil, 456 pages, Grand Prix de la Prose et de l'essai 2001. ÉCRIRE,DÉCRIRE L'AMÉRIQUE. Alejo Carpentier, Paris, 2003, Ellipses; 200 pages. BALTASAR GRACIÁN : Traités politiques, esthétiques, éthiques, présentés et traduits par B. Pelegrín, le Seuil, 2005, 940 pages (Prix Janin 2006 de l'Académie française). D'UN TEMPS D'INCERTITUDE, Sulliver,320 pages, janvier 2008. LE CRITICON, roman de B. Gracián, présenté et traduit par B. Pelegrín, le Seuil, 2008, 496 p. MARSEILLE, QUART NORD, Sulliver, 2009, 278 p. ART ET FIGURES DU SUCCÈS (B. G.), Point, 2012, 214 p. COLOMBA, livret d'opéra,musique J. C. Petit, création mondiale, Marseille, mars 2014.

samedi, août 06, 2022

MUSIQUE EN CE JARDIN


                               FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA ROQUE D'ANTHÉRON

 PARC DE LA MAISON BLANCHE, 

MARSEILLE, 2 AOÛT 2022


Audrey Vigoureux, récital de piano

 

         Dans un jardin ombreux où chante une fontaine, avec la nuit tombée, les indiscrètes cigales de la Roque semblent avoir délégué leur rauque rengaine à quelques rares oiseaux qui jouent les prolongations crépusculaires pour se taire peu à peu, peut-être impressionnés par le grand volatile noir luisant de projecteurs, aile déployée, prêt à prendre son envol de son nid, une estrade à ras du sol sur fond d’un brouillon végétal griffonné sous un arbre : le piano.

         C’est le parc moelleux de verdure de Maison blanche, locale appellation de la Mairie des 9e et 10e arrondissements de Marseille dont Anne-Marie d’Estienne d’Orves, Maire de secteur, ancienne adjointe à la culture, viendra sobrement présenter le programme de la soirée et d’autres à venir.

 

         Mozart, Fantaisie en ut mineur, K. 475

         De noir vêtue, la brune pianiste attaque son récital par Mozart, disons, littéralement, s’attaque à une œuvre étonnante, sinon dissonante dans son œuvre, ne serait-ce que par sa tonalité mineure rarissime, la Fantaisie n°4 en ut mineur K475, composée en 1785 pour une de ses élèves viennoise sans doute de très haut niveau : un parcours semé d’embûches, un répertoire de difficultés dans lequel le compositeur joue de toutes les surprises, déjoue les attentes, rythmiques, harmoniques, semant et brisant la ligne de silences inattendus, avec des audaces tonales et une liberté totale qui, même en brassant le passé et le stylus phantasticus baroque, embrassant encore les élans tempétueux du Sturm un Drang, dépasse, outrepasse même, le serein classicisme viennois dans une vision, une prévision sonore de Beethoven, qui fera de cette puissante et parfois furieuse fantaisie, lyrique, théâtrale, « tragique » selon certains, un modèle pour les futurs compositeurs romantiques. Mozart n’a pas été un créateur de formes musicales, ni instrumentales ni vocales : si toute son œuvre disparaissait, l’histoire de la musique n’y perdrait rien, mais la Musique perdrait, sinon tout, une part incommensurable de son patrimoine. S’en tenant donc strictement aux formes musicales canoniques de son temps, Mozart les a toutes sublimées, en a rendues indépassables ses réalisations.

         Cependant, déjà étonnante par sa rare tonalité principale d’ut mineur chez ce grand maître du majeur, cette Fantaisie, une forme sans forme qui livre un libre pas fantasque à l’improvisation, laisse imaginer comment aurait pu évoluer son écriture qualifiée ici, justement, de « beethovénienne ». C’est pourquoi on sait gré à Audrey Vigoureux d’avoir d’entrée ouvert son concert par cette page, déconcertante, d’un Mozart que son jeu, pulsionnel et construit, accusant les contrastes, de dynamique, legato/staccato, piano/forte, semblant hésiter au bord de silences comme des gouffres avant d’y plonger hardiment, arrache ainsi aux grâces sinon gracieusetés pomponnées d’une tradition de clichés confortables d’écoute paresseuse. Elle ne cherche pas à coudre ce que, sinon le genre, le morceau a de décousu, faisant se succéder, après le dramatisme théâtral de l’adagio initial comme un mystérieux rideau de scène qui s’ouvre lentement, les plages lyriques, pathétiques ou tendres, pointillées de pas presque menaçants, perdus dans l’ombre et se précisant en piquantes pirouettes pittoresques et badines de l’allegro trémoussant de triples croches, triolets, trilles limpidement détachés avant un retour, sorte de da capo varié, au début dramatique, qui clôt l’œuvre sur elle-même.

 


Beethoven, Sonate N°23 en fa mineur opus 57 « Appassionata »

         C’est par cette œuvre, aussi connue que celle de Mozart l’est peu, que la pianiste conclura son récital, fermant à mon avis une parenthèse logique, même si sa cohérence n’est pas indiquée sur le programme, tant l’évolution de Mozart de la Fantaisie semble concrétisée par la révolution de Beethoven, illustrée justement par cette sonate.  

         Beethoven n’a pas non plus créé de formes, mais, loin de les respecter comme Mozart, il les a détruites. Même si elle semble ébauchée en 1804, en plein classicisme représenté toujours par Mozart mort et un Haydn toujours actif, même si elle respecte la norme classique de la sonate en trois mouvements, un andante modéré précédé de deux allegros, il s’en va de beaucoup que Beethoven en suive les sages schémas.

         Beethoven l’estimait sa plus grande. Romain Rolland en disait que c’était « un torrent de feu dans un lit de granit » et il y a du vrai dans cette vision  je dirai « élémentaire » qui allie les trois éléments, eau  feu, matière, à laquelle j’ajoute l’air implicite puisque Beethoven, sans récuser ce titre d’ « Appassionata » qui n’est pas de lui, disait que, pour comprendre sa sonate, il fallait lire La Tempête de Shakespeare, qui implique forcément le vent tempétueux, par ailleurs symbolisé par le personnage poétique d’Ariel, esprit follet de l’air opposé au tellurique Caliban, esprit de la terre, le magicien Prospero, duc de Milan déchu, représentant entre les deux la raison et la culture, un arbitre arbitraire, tyrannique, par ailleurs esclavagiste puisque ces  deux personnages antithétiques sont ses esclaves. Plus que la tempête elle-même, la thématique théâtrale révélée par Beethoven lui-même, allégorise un affrontement manichéen des principes du Bien et du Mal, une lutte qui peut être celle de l’humanité mais intériorisée par l’homme, déchiré de contradictions.

         Le compositeur, s’il a surmonté sa tentation suicidaire exprimée dans le Testament d’Heiligenstadt de 1802, quand il découvre que sa surdité est irréversible, n’en est pas guéri pour autant. Sans calquer abusivement la vie sur l’œuvre, il est difficile de ne pas sentir, ressentir dans les déchirures de la ligne, les déchirements, le sentiment tragique de la vie de Beethoven, dans la torrentielle course à l’abîme de doubles croches plus que fiévreuses, frénétiques. La forme en est très novatrice, inédite, inouïe, explore des chemins musicaux inconnus, expérimentaux :  découpage personnel des parties, modulations surprenante chevauchant des tonalités, l'absence de reprise. Il y a déjà un futur de la musique dans cette composition au présent existentiel de Beethoven.

         D’une effroyable difficulté technique, on comprend que les pianistes s’y veuillent mesurer, comme un défi. Gagné pour Audrey Vigoureux qui, dans son jeu, déploie une vigueur, un dynamisme sans faille, sans faiblesse dans cette pièce d’une exigence physique redoutable, doublée d’une concentration mentale de fer pour mener à bien, sans débordement dangereux, cet impétueux torrent au rythme haletant. On ne volera pas au secours de la victoire en saluant, comme tout le public soulevé d’émotion, cette interprétation rageuse, orageuse. Mais, à exalter et souligner la veine et la verve excitées, excitantes de cette œuvre, un seul bémol : ajouter de la passion à l’« Appassionata » relève un peu de la redondance.

Chopin, cinq nocturnes (op. 9 et 48)

         Entre l’arche de Mozart et de Beethoven, doubles parenthèses atypiques, hérissées d’audaces périlleuses, Audrey Vigoureux avait niché, amoureusement cinq Nocturnes rêveurs de Chopin.

         Le genre du nocturne, forme sans forme précise, en un seul mouvement, reçoit ses lettres de noblesse romantique de l’Irlandais John Fields (1782-1837), qui l’invente pratiquement, enfant prodige, représentant en pianos, courant l’Europe, pianiste virtuose, compositeur prolifique qu’on ne dira pas inconnu mais à coup sûr méconnu aujourd’hui alors qu’il jouit d’une grande célébrité en son temps. Liszt, le bohémien regrettait sa désinvolture bohème qui lui faisait négliger son œuvre et, appréciant ce compositeur, fit en 1873 une édition de ses partitions. Pianiste précurseur, Fields préfigure Chopin auquel on le compare : on l’interprète parfois à la lumière de celui-ci, alors que c’est Fields qui explique et anticipe Chopin qui l’admirait et jouait.

         Les Trois nocturnes (op. 9) en gardent une indubitable présence. Sans référer forcément à la nuit, le nocturne, poème musical bref, développe une pensée, fait éclore une atmosphère, exhale un sentiment souvent tendre, délicat, mélancolique, une confidence sans voix, mais à la vocalité perceptible du bel canto romantique, aux arcs élégants de la mélodie arrondie, caressante et sensible de Bellini, perceptible chez Fields, avouée et revendiquée par Chopin qui référait même à l’art vocal de la Malibran. C’est un chant, un enchantement que la pianiste déploie avec légèreté dans ces arabesques, ces broderies de la plus belle manière, sans maniérisme, sans rien qui pèse et qui pose, avec un naturel où tout semble couler de source dans ce nocturne parc avec une douceur entre nostalgie et vaporeuse volupté.

         Des Deux nocturnes (op. 48), de 1841, plus longs, le premier, d’une fausse simplicité, semble exprimer une intense douleur qui, dans le second paraît s’être diluée, sinon apaisée, en incurable mélancolie. Chopin doit beaucoup de sa célébrité à ses Nocturnes, et il est vrai qu’ils en sont comme sa signature. Audrey Vigoureux semble en avoir fait la sienne pour ce récital puisqu’elle nous gratifia de deux autres du compositeur, alors qu’on l’espérait sur ce Bach dont elle a enregistré l’intégrale pour clavier avec David Fray, Jacques Rouvier et l’Orchestre National du Capitole de Toulouse.

         Formée à Aix-en-Provence, Marseille et Paris, avec une carrière largement internationale et un enseignement fixe à la Haute École de Musique de Genève, elle nous faisait la grâce de se poser une nuit dans ce parc, bercé d’une miraculeuse douce brise, mais percé par les piqûres de moustiques rappelant la Roque en ses début.

 

Photos : Pierre Morales

mercredi, juillet 20, 2022

LE ROMAN DE LA VIERGE DE LA GARDE

 

Notre-Dame de la Garde de Marseille,

LE GUIDE,

Régis Bertrand et Frédérique Bertrand,

Éditions Candice, collection Mémoires millénaires,

120 pages, 15 euros.

Dans la logique de la ligne finale de l’autoroute nord, dans un bleu horizon, perché sur un promontoire, c’est un doigt pointé vers le ciel, qui se précise un peu en gris bleu, bâtisse verticale accotée d’un bâtiment à bleuâtre bonnet d’une béate rondeur de Bouddha assis sur ses genoux, qu’on identifie enfin en église et clocher prolongé de statue quand on freine et s’arrête au feu rouge. Par l’autoroute est, sur une éminence, c’est, de tribord, un latéral navire à l’étrave de pierre, flanqué à la proue d’un mât puissant, qu’une convulsion de la terre ou de la mer aurait miraculeusement posé, en apesanteur sur un piton rocheux, en bordure d’un gouffre détaché sur le vide, qu’un basculement de l’édifice sur lui-même, silhouette ajustée au creux, suffirait à boucher, à combler.

Bref, on la voit de partout, on la voit des trois autoroutes en arrivant à Marseille, on la voit du port, on la voit de la mer en arrivant et c’est la dernière image en quittant la ville ; presque partout et par tous connue, la Vierge de la Garde, à bien des égards, demeure une inconnue.

Pour mieux la connaître et, quand on croit la connaître, la redécouvrir, ce petit ouvrage, à la fois précis et minutieux, est précieux. En huit brefs chapitres précédés d’un pratique « guide du guide » pour ne pas s’y perdre et trouver les informations nécessaires (adresses, itinéraires, voies et moyens d’accès à pied ou non, horaires), d’une « Introduction », le tout suivi d’une belle bibliographie et d’une notice sur les auteurs, c’est, au figuré, une montée marche à marche à la basilique, à sa rencontre, à sa connaissance pas à pas, avec des stations scandées par des illustrations anciennes (une iconographie de Pierre Béhar et Pierre Lagarde),  illuminé de magnifiques photos de Frédérique Bertrand,  spécialiste  d’études patrimoniales et urbaines, architecte, dont la science exacte mais communicable, la main d’œuvre, a nourri l’écriture du maître d’œuvre Régis Bertrand : deux regards, amoureux, d’experts, sur cette Vierge de la Garde, d’où qu’on la regarde ou contemple si inscrite dans le ciel ou le paysage marseillais que, de patrimoine religieux de quelques-uns, elle est devenue partie prenante d’une culture de tous, croyants et non-croyants.

Régis Bertrand est agrégé d'histoire et docteur d'État, professeur émérite, et membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille.  Non content d’une seule thèse, il est l’auteur de deux : Les Provençaux et leurs morts, l'autre sur Les Santons et santonniers de Provence, larmes et sourire. Fin connaisseur de Marseille et de sa région, on ne s’étonnera pas qu’il ait été Président de la Fédération historique de Provence. Auteur d’un grand nombre d’ouvrages dont le dernier, Henri de Belsunce (1670-1755) : l'évêque de la peste de Marseille, Marseille, éd. Gaussen, est paru en 2020 sans s’imaginer qu’il commémorerait, ironie de l'Histoire, l’épidémie de 1720 par notre pandémie actuelle.

 C’est un joli objet que ce guide raffiné : format confortable, maniable, portable, pratique donc. Cent-vingt pages d’un beau papier glacé, pas gâché par une fâcheuse typographie, mais gâté par des paragraphes et encadrés des plus clairs ; dense par le texte et ses informations pratiques et historiques, mais non touffu, aéré de ces très belles photos sur le monument mais ouvertes sur la ville, dont certaines, aériennes comme il convient à notre colline ventée qui porte loin le regard, parmi lesquelles une, rare, presque abstraite par une ligne carrelée comme soulignant d’ici le lointain Garlaban enneigé. Vues diverses de la ville sur la basilique perchée, et divers visages et rivages de la ville du haut de ce perchoir, les paysages en surplomb de Marseille du haut de la terrasse sur les quatre points cardinaux à vue d’homme, qui n’empêche pas le zoom des longues-vues sur un pied, orientables, à portée d’une pièce de monnaie. De toute la ville, le regard ascendant embrasse la Vierge et, de la Vierge, tout Marseille est embrassé de là-haut, intégré clairement au-delà et au bas de la basilique.

De la Garde, la Vierge

Érigée sur sa hauteur par la dévotion populaire, protectrice Vierge de la Garde, comme un ange gardien féminin (ils n’ont pas de sexe !), gardienne de la cité, la Vierge ne doit en fait ce titre qu’au nom lui préexistant de la colline de la Garde, toponyme courant en Provence et ailleurs pour désigner une hauteur, une tour de guet, de garde, poste privilégié pour alerter de toute approche ennemie, qui plus est, dominant la rade, une cité maritime. Nom de la Garde préexistant mais comme prédestiné à la Vierge apposée, posée sur cette colline, non sacrée à l’origine mais consacrée finalement, religieusement, populairement, couronnée à jamais Notre-Dame de la Garde, d’un titre où lieu et fonction se confondent.

De tout temps et de toute religion, les lieux de culte, orientés souvent, on le sait, selon l’axe symbolique levant et couchant du soleil, ne sont pas situés au hasard, souvent sur une éminence s’imposant à la vue de tous. Les ordres monastiques chrétiens, je le rappelle, ont également des situations qui ne doivent rien au hasard, un distique latin en témoigne :

                        Bernardus, valles, colles Benedictus ;

                        Oppida Franciscus, magnas Ignatius urbes.

Bref, les bernardins recherchent les vallées, les bénédictins, les collines ; les franciscains, des hauteurs fortifiées, et les ignatiens, les jésuites, les grandes villes. Or, contrairement à des légendes, on ne trouve sur cette colline de la Garde d’avant la Vierge nul vestige archéologique attestant de l’antériorité d’un lieu de culte, d’un temple païen. Nulle apparition de la Vierge, nul miracle ni statue retrouvée, nul saint fondateur, comme en tant d’autres lieux de culte, n’ont présidé à l’érection de ce sanctuaire. Sans ces pieux patronages ou prétextes religieux, il semble bien, preuves à l’appui, qu’un simple laïc, sans autre nom qu’une initiale P, Maître P., poétique anonymat, obtient en 1214, de l’abbé de Saint-Victor, le droit de cultiver la terre arable de la colline Garde au-dessus du monastère et d’y élever ensuite une modeste chapelle, comme tant d’autre en Provence, grange et abri, dont une bulle papale de 1218 atteste l’existence, la désigne et la nomme pour la première fois.

         Autre originalité, la chapelle sera gérée et entretenue par des fidèles, non des religieux, une confrérie fondée par les pêcheurs, qui n’hésiteront pas à ester en justice contre le prieur en titre de Saint-Victor qui entendait en récupérer la gestion —on entend les dons et revenus— preuve que la dévotion populaire ne laissait pas sa Vierge adoptive démunie. Ils auront gain de cause et l’on aura ce rare et beau paradoxe d’un sanctuaire né et préservé par des laïcs, jusqu’à la Révolution, et pendant, clandestinement.

La chapelle initiale à Marie est née en pleine époque d’exaltation mariale, de dévotion particulière à l’image la plus universelle et humaine de la religion chrétienne : la Mère et l’Enfant, le Père immatériel se perdant peu à peu dans les nuées, s’évanouissant dans l’iconographie, comme je l’ai montré dans un livre. C’est le culte transcendé de la Dame parfaite des troubadours, dont témoigne un exceptionnel monument musical du XIIIe siècle, les quatre-cent-une Cantigas de Santa María d’Alphonse le Savant de Castille qui, dans la première, se définit comme le troubadour de Notre Dame Sainte Marie.

Vierge de paix dans un fortin guerrier

         Autre paradoxe, échaudés par la prise de Marseille par les Aragonais en 1423, qui emportèrent en butin, avec les reliques de Saint-Louis d’Anjou volées dans l’église de Saint-Ferréol, la chaîne qui fermait le port, trophée prestigieux qui orne toujours une salle capitulaire de la cathédrale de Valence, les Marseillais, juste un siècle plus tard, subissent le siège de la ville par les armées de Charles Quint menées par le connétable de France, Charles de Bourbon, qui a trahi François Ier. Ce dernier, pour fortifier la ville, ordonne la construction du Château d’If, et dote l’encore fragile Vierge de la Garde d’une enceinte bastionnée qui, vue d’en-dessous, en fait une écrasante forteresse à l’allure de vaisseau défiant l’air et fendant le flot du ciel de son étrave de pierre. 

Sans être une vierge guerrière, la guerre ne s’y fait pas oublier : par son allure et armure de pierre et les blessures visibles de la Libération, et ce tank libérateur déposé à son pied, offrande ou trophée, dont je me demande si, réduit à la miniature, il ne mériterait pas de faire aussi un paradoxal ex-voto inverse : un exorcisme contre la guerre. C’est sa hautaine ambivalence de massive protection de pierre et relai céleste sur son sommet d’azur : chapelle dans un fort, vigie, tour de garde terrestre et maritime ; les mots, les noms, ont des sons qui font sens :  Marie, étoile du matin, Marie, Maris Stella, ‘étoile de la mer’ de l’hymne grégorienne, dans les attributs en chapelet du rosaire, appels angoissés de ses enfants perdus, ou rappels éperdus de reconnaissance. Visible de loin dans la rade, rassurante à l’arrivée, dernier trait d’union visuel au départ, elle est devenue presque de nature, humaine et surhumaine, protectrice des marins, et les Marseillais le sont en majorité, supplantant Notre-Dame de la Mer, restant en plan sur sa hauteur, devenue Notre-Dame du Mont, dans le quartier, sans ironie nommé la Plaine.

La chapelle Saint-Lazare des ex-voto, demandes ou actions de grâces est émouvante, placardée, constellée en ses murs de ces marques de dévotion populaire, naïves, les plus touchantes, ou sophistiquées, entre foi et survivances superstitieuses, magiques, comme ces poétiques cierges pieusement allumés, dont aucune ampoule électrique ne pourra remplacer le charme chancelant de la flamme d’un souffle animée, ou d’un souffle éteinte, comme une vie.

Avatars de la Vierge, « la Bonne Mère »

C’est vraiment comme un condensé de roman qu’on lit les deux pages face à face : « De la Vierge d’argent à la vierge de bois » ; « De la Vierge de bois à la Vierge d’argent » qui retrace la circulation de l’effigie, circulaire du matériau de la statue de la Vierge, métal fondu avec les aléas révolutionnaires, la statue clandestine comme un prêtre réfractaire, sa disparition puis retour métallisé. Et triomphalisme colossal de la dernière, dorée, Vierge à l’Enfant juchée sur le clocher, couronnant la basilique, dominant la ville et les environs.

Si la Vierge de la Garde est familièrement nommée « la Bonne Mère », recouvrant ou récupérant l’exclamation populaire (« Oh, bonne mère ! ») ce nom ou titre lui est spécifique puisqu’on ne le retrouve dans nul autre sanctuaire marial. On le devrait aux Oblats. Mais, s’il y a une logique géographique, topographique, à placer un temple sur une hauteur, ce sanctuaire sans apparition ni miracle, voulu par un laïc, né de sa ferveur, ou nécessité du peuple dont témoigne le culte marial de la première renaissance médiévale au XIIIe siècle, n’y a-t-il pas une logique que la bienfaisante et Vierge Mère, dont on prie l’intercession auprès du Fils, qu’on remercie de ses grâces,  consolatrice des affligés, protectrice des marins, des missionnaires, comme un attribut naturel d’une mère, ne soit considérée comme « bonne » dans cette familiarité finalement sans la distance du respect religieux formel ? Cela n’a-t-il pas facilité l’appropriation populaire sans la médiation de la hiérarchie religieuse, avec une fière affirmation d’appartenance : « Notre Dame » ?

 Je ne sais : n’étant pas très dévot des charmes autres que sentimentalement humains, culturels, artistiques, des lieux de culte, où l’art en son mystère m’y est la transcendance, en y constatant le général silence respectueux qui y règne aujourd’hui, produit de la distance moderne au religieux que contredit l’Histoire qui nous les montre comme des lieux grouillant de vie, il me semble avoir trouvé dans Notre-Dame de la Garde un sympathique désordre humain, un bruissement, un bourdonnement, une familiarité touchante avec le religieux, ou plutôt, avec la « Bonne Mère », que je n’ai constatée qu’en Amérique latine, dans une religion vécue au quotidien. En Espagne aussi, dans les processions, mais si touristiquement folklorisées qu’on peut mettre en doute la sincérité de ses signes trop spectaculairement extérieurs, la contrainte franquiste d’un catholicisme momifié ayant imposé un respect glacial à l’intérieur des sanctuaires à un peuple muet et à genoux. Et entendre, sous les résonantes voûtes, les sévères ou colères injonctions au silence, comme à une classe dissipée, d’un âcre diacre dépassé, a quelque chose de réjouissant comme l’impossible mission de réprimer la jouissance du lieu, du moment, de l’action, de grâce d’où qu’elle vienne : après tout, « Notre » Dame est bien de tous.

De la Vierge de la Garde à Notre-Dame de la Garde : XIXe siècle

         On lira dans ce guide à tous les niveaux précis, la difficile traversée de la Révolution et son interdiction du culte, l’ouverture puis les tracasseries ultérieures, les processions interdites par la IIIe République et les municipalités anticléricales. Et l’obstination rebelle du peuple des dévots à cultiver son culte, en secret ou non.

         Autre paradoxe culturel, c’est au XIXe siècle positiviste, scientiste et anticlérical, dont la critique anticatholique aboutira en France à la séparation de l’Église et de l’état, aux lois anticléricales de 1903, que la Vierge de la Garde devient finalement Notre-Dame de la Garde et prend sa forme actuelle.

         Peut-on hasarder une hypothèse historique contextuelle ? Le pape Pie IX, qui a condamné l’ouvrage d’Ernest Renan qui définissait le christianisme comme un culte, une secte qui avait réussi, en supplantant d’autres, qui avait excommunié le modernisme, menacé par l’unité italienne en marche —ancien conflit entre le pouvoir temporel de l’Empereur et le spirituel de l’Église— sent qu’il va perdre ses territoires séculiers disputés. Tentant de garder sinon reconquérir l’espace spirituel discuté, se préparant une controversée « infaillibilité papale », il ressuscite le culte marial en proclamant le dogme de l’Immaculée Conception de Marie (1854), déclenchant ou réactivant des apparitions de la Vierge, dont celle de Lourdes en 1858.

Mais sans doute le goût historiciste du XIXe siècle, la mode du Moyen-Âge,  traduite par le style troubadour, a-t-il, sinon causé, facilité cette résurgence mariale. En tous les cas, à Marseille, les décisions de restaurer, ou construire à nouveau, parallèlement, les deux immenses monuments dédiés à la Vierge, anticipent la proclamation du dogme et sont pratiquement contemporains par le début et la fin des travaux :  la cathédrale Sainte-Marie-Majeure, dite La Major (1852-1893), Notre-Dame de la Garde (1853-1896).

Il faut à l’évidence situer ces énormes travaux dans ceux que connaît la ville dans l’irrésistible développement de sa puissance économique et coloniale. Marseille a pratiquement doublé sa population du début du XIXe au milieu : de 106 000 à 195 000 habitants. Ces deux monuments emblématiques à la Vierge s’inscrivent dans une grandiose reconfiguration commencée au Second Empire : Palais de la Bourse (1852), liaison du port de la Joliette par la rue Impériale, aujourd’hui de la République (1858-1864), rénovation de l’Hôtel-Dieu, et construction du Pharo (1858-1871) par l’architecte Henri-Jacques Espérandieu, à qui l’on doit aussi le palais Longchamp (1862-1869), palais-château d'eau de style néo-classique.

C’est à ce jeune architecte protestant de vingt-quatre ans qu’est confiée, superposée à l’ancienne, la nouvelle Vierge de la Garde dont la première pierre est posée en 1853. Avec des interruptions, elle est consacrée en 1864, encore inachevée, le clocher complété en 1866, la statue, posée en 1870, et Notre-Dame de la Garde, telle quelle aujourd’hui, est achevée en 1896, parachevée et 1897.

Comme le néo-classicisme de Longchamp, Notre-Dame de la Garde illustre une autre version du goût historiciste, syncrétique, du milieu du XIXe siècle. Ville ouverte sur le Proche-Orient, bientôt sur l’Extrême-Orient par le futur Canal de Suez, le style de la basilique, comme la Major, est décidément néo-byzantin, inspiré d’une ville mythique, Constantinople, Byzance, charnière entre Europe et l’Asie. Style caractérisé par de multiples arcades, de voûtes en plein-cintre et un bourgeonnement de dômes permis par la révolution architecturale —le premier exemple semble être Sainte-Sophie— des pendentifs, ces triangles sphériques permettant de passer du plan carré au circulaire pour élever une coupole en répartissant le poids des voûtes. Mais cette imposante masse de pierre s’adoucit au dehors d’effets polychromes de la brique et de la pierre, bicolore des voussoirs blancs et noirs en régulière alternance des arcs, de modelés de stuc et, dans la décoration interne, du scintillement de la mosaïque. Quelque chose, en dur et doux, d’une savoureuse cassate napolitaine qui ne fondrait jamais.

Longtemps décriée, au nom d’un grisâtre classicisme normatif qui ne voit dans les monuments que le gris de la patine du temps, ou rêvant de temples antiques blancs, ignorant leurs criantes couleurs originelles, on rend justice aujourd’hui à la beauté de la riche polychromie des matériaux, des pierres, dont les noms, leurs diverses origines avec précision désignées, font  pour moi la poésie du texte : marbre de Carrare, rouge ou blanc de Toscane, marbre griotte, vert des Alpes, turquin gris-bleu, porphyre vert, golfolina, brocatelle d’Espagne, gris de Corse, jaune de Sienne, lapis-lazulis de Russie, grès rose, granite rose de Mâcon, rouge jaspe…On apprend que les coupoles sont décorées de mosaïques, aux tesselles en smalto de Venise, pâte de verre revêtue de feuille d’or, comme à Ravenne la byzantine…

Tout cela est commenté, illustré, expliqué minutieusement, sans lourdeur, dans ce guide concis mais presque exhaustif, pratique, élégant, agréable à lire et à regarder.

Sur son piton rocheux, œuvre des hommes, Notre-Dame de la Garde fait partie du paysage comme un élément tout aussi naturel. Elle a dépassé sa finalité simplement religieuse, passant du culte de quelques-uns à la culture de tous : superstition ou foi ? Comment qualifier cette cérémonie de la bénédiction des motards, venus de toute la France, le lundi de la Pentecôte ?

Une comédie musicale montrant trois exilés rentrant à Marseille et saluant la Vierge de la Garde, faisait chanter à l’un : « Je suis comme un païen qui aime sa Madone… », exprime parfaitement cette appropriation, patrie, patrimoine, au-delà ou par-dessus toute religion autre que celle du cœur.

Mais, ce texte étant le prolongement de deux émissions faites en présence de Régis Bertrand, je lui avais dédié ce fado portugais, Barco negro que, quel que soit mon amour du portugais et d’Amália Rodrigues, je préfère dans cette traduction française, trahissant magnifiquement le texte, qui en fait un véritable ex-voto vocal, devenu une invocation à la Vierge de la mer par Dalida qui lui donne une vibration immémorielle :

https://music.youtube.com/watch?v=GJ1KBi_IbKg&list=RDAMVMGJ1KBi_IbKg   

Madona

Vierge de la mer, toi qui me tends les bras,
Sainte au voile d'or, je crois encore en toi,
Toi, la vierge noire aux mains gantées de lumière,
Dis-moi que la mer sera clémente pour moi.

Les femmes du port qui guettent le ciel lourd,
Les femmes aux voiles noirs, aux ailes de vautour,
Ont vu au ciel des morts, passer sa barque frivole,
Dis-moi que les femmes du port sont des folles,

Madone, Madone !
Ramène dans le port
La voile blanche de mes amours,
Réveille dans mon cœur
La foi brûlante des beaux jours ;
Ramène dans le port
La voile blanche de mes amours,
Réveille dans mon cœur
La foi brûlante des beaux jours!

Ne me dites pas
Qu'il est trop loin pour m'entendre,
Je vois son visage quand je ferme les yeux

Vierge de la mer, prend garde à mon chagrin,
Si l'orage est plus fort que ton regard divin,
/Au village on dira/ que tu n'es pas notre mère. /J’IRAI CRIER PARTOUT, amélioration B. P. ?/
Que tu n'es que statue de bois sans mystère!

Madona, pardonne!
Ramène dans le port
La voile blanche de mes amours,
Réveille dans mon cœur
La foi brûlante des beaux jours.
Ramène dans le port
La voile blanche de mes amours,
Réveille dans mon cœur
La foi brûlante des beaux jours.

Vers toi notre prière
Monte.

 

 

 PHOTOS FRÉDÉRIQUE BERTRAND

 

 



 

vendredi, juillet 15, 2022

MUSICALES CÉZANNE (II)

 

LES MUSICALES DE LA ROUTE CÉZANNE

(II)

Du 28 au 31 juillet au 2022

                                        Le Tholonet

Dans la précédente émission, j’ai présenté les conditions de naissance de ce nouveau festival, rêve du confinement de 2020 du pianiste Christophe Bukudjian, concrétisé en 2021 où il le fonde et en assume la direction artistique, avec la complicité souriante de la mezzo-soprano Stéphanie d’Oustrac qui en devient et demeure la marraine.  Il mérite bien qu’on le présente un peu.

Né à Paris, Christophe Bukudjian commence dès son plus jeune âge des études de piano au CNR de Paris puis de Boulogne-Billancourt auprès de grands maîtres jusqu'à son entrée à l'unanimité au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Il y obtient son diplôme, mention très bien, se perfectionne au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris avec Christian Ivaldi en musique de chambre et Marie-Françoise Bucquet en pédagogie, ce qui lui permet d'obtenir son Certificat d’Aptitude à l’enseignement de la musique.

C’est le début d’une carrière où son enseignement est nourri par sa pratique de soliste et chambriste, dans des festivals en France et à l'étranger, dans des festivals renommés, en France sous les auspices de la Fondation Gulbenkian à Paris et à Porto (Portugal).

Son ouverture culturelle l’amène à travailler de manière occasionnelle avec le milieu du 7e art en participant, en tant qu’interprète de la sonate de Stravinsky, au film de Jan Kounen, Coco Chanel et Igor Stravinsky, récompensé au festival de Cannes en 2009. J’espère qu’il pourra venir nous parler un jour de cette expérience.

 Christophe Bukudjian, avec son diplôme d’Aptitude à l’Enseignement, est très engagé dans son activité pédagogique, est professeur de piano au CRR (Conservatoire à rayonnement régional) de Saint-Maur-des-Fossés depuis 2003 ainsi qu'au Conservatoire Maurice Ravel (Paris XIII). Il est aussi tuteur de la Formation diplômante au CA, du CNSM de Paris. L'été, il est professeur à l'Académie Musicalta en Alsace.

On comprend donc que dans ces Musicales de la Route Cézanne, il ait inclus, en bon français, ces classes de maître (masterclass, disons-le en anglais pour qu’on comprenne le français !) Cours public de pièces du répertoire avec de jeunes talents de la région.  Hervé Billaut, au piano, en sera le maître. Donc, Master classe  30 juillet, 10h00, Domaine Saint-Joseph, Hôtel Les Lodges Sainte-Victoire. Ces cours publics d’interprétation à de jeunes artistes de la région, ouvert gracieusement au public, se veulent un généreux tremplin pour de jeunes talents.

J’avais présenté le Concert au Musée du 28 juillet 19h00 Musée Granet, un programme chambriste d’inspiration italienne.

Comment ne pas rêver d’avance à ces Nuits du 29 juillet, 21h00, au Château du Tholonet, dans son parc nocturne que nous promet la grande soprano Véronique Gens, timbre fruité bien accordé avec les fruits musicaux savoureux cultivés par I Giardini, quatuor à cordes, tout un programme fleuri de mélodies françaises du XIXe siècle et, et Édith Piaf !

         L’une des originalités de ce festival, né des déambulations à la fraîche de Christophe Bukudjian, c’est de proposer des levers de soleil en musique, des promenades musicales, à la découverte de lieux insolites, suscitant des correspondances.  Cette Aube musicale est proposée le 31 juillet, 8h00, Domaine Saint-Joseph, récital de piano au lever du jour, par Laurianne Corneille au piano. N’y manqueront pas les Gesänge der Frühe (Chants de l'aube, ou Chants du matin), op. 133 de Robert Schumann, une musique complexe, troublante, d’une sérénité parfois que le malheureux n’avait plus dans cette pièce testament avant sa folie finale. Le concert sera suivi d’une conférence de Bruno Ely, conservateur du Musée Granet, Cézanne et Picasso.

         Mais écoutons ceci :

https://www.youtube.com/watch?v=mGbj3buPr7U  

 

          C’est le fameux Tango d’Albéniz (1893) par le grand pianiste brésilien Nelson Freire, mort accidentellement cette année et auquel le Festival de piano de la Roque d’Anthéron rendra hommage. C’est le prélude  à cette  Route de l’Espagne du 31 juillet | 21h00, Château du Tholonet. 

C’est un Concert-mosaïque en trois temps d’inspiration : musique pour piano, danse contemporaine, flamenco.  Le récital de piano espagnol sera donné par Hervé Billaut qui a signé, avec Guillaume Coppola, un CD Rêves d’Espagne, dont nous écoutons un bref extrait, la fameuse « Danse rituelle du feu » du ballet El amor brujo, de Manuel de Falla :

 https://www.youtube.com/watch?v=X-oCp5masL

Une Espagne dont rêvait aussi Debussy qui sera du programme.

La danse contemporaine d’inspiration espagnole est issue du ballet Preljocaj du Pavillon noir d’Aix-en-Provence À la vie, à la muerte ('A la vida à la mort', si l'on retourne le titre bilingue), une production chorégraphique originale de Cecilia Torres Morillo, danseuse au sein du ballet Preljocaj, confiée à un couple de danseurs de la troupe, Théa Martin et Erwan Jean-Pouvreau.

         Nous nous réjouissons que, pour la partie Flamenco de cette dernière soirée, le Festival ait invité nos amis et partenaires du Centre Soleà de Marseille qui, par ses cours, son activité assidue de qualité, a réussi à implanter dans toute la région PACA un flamenco labellisé même par l’autorité en la matière du Centre andalou de Séville. Fille de la fondatrice Marie Pérez, la jeune Ana Pérez en est devenue une étoile. 

Nous la retrouverons avec, pour partenaire, Juan Fernández. Le chant sera assuré par une étoile du flamenco, Pepe de Pura.

       Les enfants ne seront pas oubliés et je gardais, pour finir, le 30 juillet  21h00,  au Château du Tholonet Pierre et le loup. Le célèbre conte musical de Serge Prokofiev pour orchestre de chambre et récitant, ici Emmanuelle Béart.


Mise en place de séances pédagogiques de sensibilisation avec les écoles du Tholonet. Orchestre de chambre, Musiciens des orchestres de Paris et des Opéras de Marseille et de Paris.  Chaque personnage, dont les animaux, est représenté par un instrument. Nous nous quittons sur le tout début de cet adorable récit animalier, musical, enfantin, qui nous fait tous rêver :

https://www.youtube.com/watch?v=eAqSYmtWAe8

Infos et réservations sur :

www.lesmusicalesdelaroutecezanne.fr 

Tarifs :

Plein tarif : 25 euros
Tarif réduit (étudiants, -de 18, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap) : 15 euros
Tarif enfant (- de 10 ans) : 10 euros
Master class et répétitions publiques gratuites sur réservation
Pass 3 jours : 50 euros

Adresse des lieux de concerts :

Hôtel Les Lodges Sainte Victoire, 2250 route Cézanne 13100 - Le Tholonet Château du Tholonet, route Cézanne 13100 - Le Tholonet Lodges : les 3 jours de 9h à 12h et de 15h à 18h

3099 route Cézanne, 13100 - Le Tholonet //Domaine Saint-Joseph

 

 Émission N°619 de Benito Pelegrín du 5 juillet 2022


 


 

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