Rigoletto
opéra en trois actes (1851)
Livret de Francesco Maria Piave
d’après le Roi s’amuse de Victor Hugo,
Musique de Giuseppe Verdi
Opéra de Marseille
14 juin 2026
L’œuvre
Tout en reconnaissant la supériorité de l’opéra sur le théâtre, qui permet, comme dans le fameux quatuor de Rigoletto, de faire parler plusieurs personnages en même temps, Victor Hugo avait interdit que l’on posât « de la musique le long de ses vers ». Il ne fut heureusement pas écouté : qui se souviendrait de son drame de Le Roi s’amuse, dont le tragique héros est Triboulet, bouffon de François Ier , sans la version lyrique de Verdi ?
Le drame échoue en 1832, mais l’opéra triomphe en 1851. Francesco Maria Piave en avait tiré un livret génialement condensé et la musique de Verdi lui donne une portée humaine archétypale et un succès universel jamais démenti depuis, malgré les traverses de la censure obtuse de l’époque et les dédains minaudiers d’une critique éprise de doucereuses fadeurs. Mais le public ne s’y trompa point, qui fit de l’œuvre un des succès les plus justement populaires du répertoire. Si François Ier est transfiguré en Duc de Mantoue pour satisfaire la bienséance politique qui n’admet pas un roi immoral et menacé de mort, d’autant qu’il porte le prénom de l’Empereur d’Autriche qui règne à l’époque sur le nord de l’Italie, la trame n’en perd pas de sa puissance.
Sans le medium archétypal de la musique de Verdi, comment la phrase prêtée au galant roi français, désabusé (ou abusé par la fausse santé d’une femme qui l’avait affligé d’une MST selon une facétieuse version), « Souvent femme [a]varie, bien fol est qui s’y fie », qu’il aurait gravée de sa bague sur un vitrail, serait-elle connue de l’univers ? Avec l’élégante désinvolture de l’air virevoltant du Duc, en italien :
« La donna è mobile,
Qual piuma al vento,
Muta d’accento
E di pensiero»,
ou, rendant à César ce qui est au César roi, le Français :
« Comme la plume au vent,
Femme varie :
Fol qui s’y fie
Un seul instant. »
Air et paroles gravées non sur la fragilité du verre mais dans la mémoire humaine collective. Pouvoir des mots et de leur adéquation musicale. Pouvoir de Verdi.
À sujet fort, force et expressivité d’une musique toujours étonnante d’inventivité mélodique sans cesse jaillissante : élégance extérieure d’un souverain libertin vulgaire et d’une cour raffinée mais confinée aux bas instincts, basse et grasse complaisance aux caprice du puissant ; laideur et difformité du bouffon bossu Rigoletto, complice empressé des petitesses des grands mais qui cultive au fond de lui, et en secret, la beauté d’un amour pour sa femme perdue et la pureté sa fille qu’il entend préserver, en tyran jaloux, de la dépravation morale du monde dont il vit, mais qu’il réprouve : c’est quasiment Quasimodo amoureux d’Esméralda dans Notre-Dame de Paris, rédemption et tourment.
Grain de sable dans la machine bien
huilée des cruelles facéties des courtisans, cyniques pourvoyeurs en gibier
féminin facile des tocades de leur maître : la malédiction d’un père outré
de l’outrage à sa fille et dont l’impudent mais imprudent bouffon se moque sans
pitié. Ce thème, qui sonne dès l’ouverture à l’orchestre, pèse comme la
fatalité antique sur les épaules du bossu et le poursuit jusqu’à la tragique
fin où le père est puni par où il avait insulté un père. Mais du lever de
rideau à la fin, ce héros difforme, choquant pour la bourgeoisie du temps,
passe par une gamme large de sentiments humains : sarcasmes grossiers,
mépris, crainte superstitieuse, remords, amour et jalousie envers sa fille,
détresse, révolte, supplication, vengeance, désespoir. Et cela, dans une
continuité dramatique toute neuve pour l’époque, que la musique exprime avec
une rare et efficace économie de moyens, dans un flux mélodique continu plus
que dans des morceaux à découpe traditionnelle, même les airs du Duc et de
Gilda (états d’âmes opposés des jeunes héros, rêverie de jeune fille, déception
amoureuse et désinvolte et élégant cynisme du séducteur) sont intégrés à
l‘action.
Réalisation
Du cadre ouvert grandiose des Chorégies Orange en 2011 à l’encadrement forcément plus intimiste du plateau fermé de l’Opéra de Marseille en 2019 à cette reprise de 2026, la production de Charles Roubaud et de son équipe, Emmanuelle Favre pour les décors, Katia Duflot pour les costumes, Jacques Rouveyrollis ayant pris le relais de Marc Delamézière pour les lumières, n’a pas pris une ride. J’espère que mes notes d’alors sur la scénographie, que je reprends ici, non plus.
Élément essentiel du décor unique d’Emmanuelle Favre, au symbolisme puissant : pesant, posée de côté comme une titanesque tête de colosse antique chu et déchu des vaines souverainetés instables (le Fou aux échecs est le plus proche du Roi), cette immense marotte, sceptre de Carnaval futile et infantile prêté à la Folie, mais attribut du fou du roi, surmonté d’une tête grotesque agrémentée d’un capuchon bigarré, garni de grelots, gargouille grimaçante, longue langue toboggan pendante, dégueulante gueule à gueuserie, calomnie et vilenie, hochet dérisoire de gloires du monde immonde. D’abord dans la grisaille du doute, soudain éclairée cruellement de la lumière crue de Rouveyrollis, rouges cinglants, sanglants, encore plus effrayante.
Plus que décor unique, même camouflée de verdure, elle reste témoin constant et symbole permanent, cruellement moqueur, du pouvoir inique et de l’ironique malédiction qui épargne le duc coupable mais écrasera le bouffon bouffi de vengeance. Sa hampe, le manche incliné de la marotte, est une longue rampe sur la pente de laquelle on verra d’abord parader, sous une pluie de pétales de roses ou confettis, les danseurs farandolesques de la fête mondaine, dégénérant vite en orgie, dont le signe scénique est la synecdoque (la partie pour le tout) d’une danseuse style Folies Bergères, tutu rose des intimes tu à tu, et boa et truc en plumes au vent des cocottes plumées, puis, en contraste, on y verra à l’acte II Gilda comme sur le fil dramatique descendant de son destin, fragile papillon rosé virevoltant, rossignolant en nocturne d’amour naïf dans son nid douillet, soudain vite dévasté par la violence des hommes qui l‘en arracheront.
Avant même l’ouverture, deux tables
de cocktail dressées avec des lampes Art Déco, et, parmi le personnel stylé qui
les apprête, belle trouvaille signifiante, en serveur zélé, offrant déjà ses
services, Sparafucile, l’assassin à gages comme émanation même de ce monde
lumineux dont il est le revers ombreux. C’est la juste anticipation des amères
imprécations de Rigoletto qui dira « le gibet est près de l’autel » :
le spadassin, prêt à servir, et près de la table.
Époque
La pièce originale est historiquement située dans la Cour de François Ier et l’opéra, chez un vague Duc de Mantoue, sûrement pas le délicat esthète, éclairé commanditaire et mécène de Monteverdi, mais les jeux de pouvoir et de plaisirs sommaires présentés par l’œuvre n’ont pas de date : ils ont l’intemporalité vulgaire que prête l’argent et ses faciles séductions, existant à toute époque.
La localisation historique est celle des costumes, pour le coup raffinés et élégants de Katia Duflot, apparemment des Années folles entrant dans les 30, comme d’une guerre à l’autre, mais cela fait sans doute sens : au sortir de la folie de la Grande Guerre, ces années dites « folles », on comprend le frénétique désir vital de jouer et de jouir, le besoin de rire de tout à tout prix au bord d’un autre gouffre : le fou, est produit symbolique de cette société qui veut encore rire avant de repleurer.
Hommes en sobre costume noir, à la fugace exception de Rigoletto en jaune paillard doré du bossu cossu, cocu d’avance et du Duc pailleté, noire frise masculine allégée des somptueuses robes longues, pastel, épousant, ou plutôt caressant avec volupté les formes des femmes, les chutes de reins mises en valeur, passée la folie court chevelue et vêtue des Garçonnes de la génération précédente. L’élégance, du moins son apparence, s’achète et cher. Une ostensible et outrancière débauche de luxe et luxure d’après l’an 29 de la crise et de la dépression mondiales —pas pour tout le monde. Fresque sombre des frasques masculines, bordélique ballet sur le fil du couteau de la rampe, allégée des teintes légères des dames et de la femme costumée en homme en couple rosé avec la danseuse, la vie en rose bonbon pour des richards ne broyant pas le noir : un relatif ancrage historique mais débordé par l’intemporalité de cette jet set internationale d’aujourd’hui, riches et nouveaux riches paradant, se pavanant, plus que du champagne à flot, ivres de leur vide.
Autre belle trouvaille scénique, arrivé en costume noir, comme les autres, mêlé aux serviteurs puisqu’il en est un, comme le Canio tragique de Pagliacci, Rigoletto pourrait se dire aussi « vesti la giuba », revêtant la veste dorée sur tranche du bouffon, son emploi, il vient endosser un rôle : la personne devient un personnage, le costume déguise sa vérité morale qu’on découvrira après.
Autant le Duc se définit d’entrée par l’allégresse désinvolte de son air de liste même pas donjuanesque puisqu’il lui ne prend même pas la peine de garder le nom des belles dont il effeuille simplement les pétales indifférents, Rigoletto s’ouvre à nous par un soliloque : inférieur socialement, aux nobles ignobles, il se juge moralement supérieur à ses maitres qu’il sert sans grands problèmes de sa noble conscience. Critique, le juge se jauge sans s’admirer, se mire tristement dans son miroir de professionnel de la mascarade, du masque social à offrir, s’afflige in petto de sa difformité de bouffon mais ébouriffant ses cheveux, vérifiant ses disgrâces et ses grimaces, la cultive, la souligne pour faire adhérer cette image qui le blesse en profondeur à celle qu’on attend de lui en surface. Cherchant par nécessité la promiscuité des grands, il est petit et seul dans cette multitude de courtisans.
Pas d’enjeu élevé dans cette basse-Cour mais bassesse du jeu des Grands : bombance et bamboche, débauche d’une belle brochette de poules, poulettes de luxe, banquet et banquettes, niches et creux pour s’ébattre et, pour tout divertissement à leur niveau, une farce cruelle, prolongement d’un soir d’ivresse de nobles dépenaillés, encanaillés, éméchés, montée comme l’alcool à la tête pour se moquer du moqueur amuseur professionnel : le bouffon, bouffi de sa suffisance à faire rire et caresser dans le sens du poil les puissants du monde qui condescendent à le nourrir et à le fréquenter, le déclassé, exilé, venu d’on ne sait où, adulant sans illusion des gens qu’il méprise. C’est l’éternel amuseur public et privé, privé de vergogne, qu'infligent aujourd’hui tant d’émissions où seul importe le rire, audimat et pub obligent, qu’importe la recette, à n’importe quel prix : celui que paient les autres. À courtisans, courtisan et demi, c’est contagieux, le fol ne sert pas follement à l’édification du sage, il l’englue : « il vaut mieux être fou avec tous que sage tout seul », comme dit Gracián repris par La Rochefoucauld.
Interprétation
On admire l’osmose entre la lisibilité de la scène, portée par Roubaud, enfant de Marseille, et la fosse, transportée par la fougue verdienne de l’Italien, Paolo Arrivabeni, chéri du public marseillais, à la tête de l'Orchestre de l'Opéra de Marseille. On apprécie, de plus, chez ces vieux routiers du lyrique, une connaissance intime des nécessités des chanteurs qui ne sont, chez eux, jamais exposés par des exigences périlleuses de mise en scène gratuite ou des excès d’orchestre, tempi ou volume, qui les mettraient en danger. Cette sensible harmonie entre les deux, fait partie de celle du spectacle et de son succès qui couronnait une brillante saison de l’Opéra de Marseille.
Avec cette œuvre, Verdi inaugurait avec éclat une nouvelle manière mais le fracas dramatique orchestral de certains passages n’exclut pas les délicatesse timbriques expressives et l’on aura apprécié comment, quand Gilda, dissimulant à son père la rencontre du jeune homme beau et fatal, est ironiquement trahie, au moment même où elle le rassure, par ces sourires malicieux de clarinette qui semblent piquer de rire malicieux le tissu lénifiant de son chant, honte intérieure du malicieux mensonge par omission, et adresse sérieuse au public que la fille celée est proche de céder, faisant voler cette aussi « précaution inutile » du barbon paternel jaloux, attrapé à son propre piège d’utopique pureté. C’est bien la finesse d’un chef qui ne sacrifie pas à la masse émotionnelle de la musique le détail psychologique du musicien. Les percussions percutantes qui accélèrent le cœur et les cuivres passionnels, sans estomper la trompette fulgurante de la vengeance, ne cèdent pas au danger de l’outrance qui guette souvent le drame romantique.
On en dira autant du Chœur de l’Opéra de Marseille préparé et contenu par Florent Mayet, d’une grande élégance vocale et scénique, de la danse festive jouant des rythmes d’aujourd’hui à une parodie de menuet et au débraillé du cortège fêtard revenu de sa nocturne mission.
Le traitement général du chœur nombreux est nuancé par certains traits psychologiquement réussis qui caractérisent et distinguent, par des attitudes singulières, dans les groupes de personnages, des individualités, même n’ayant que peu à chanter, mais nécessaires au climat d’ensemble et à l’action. Avec à peine quelques répliques, crinière blanche, Norbert Dol existe en officier. Le Page d’Ana Escudero nous rappelle agréablement la Sœur Constance qu’elle fut récemment dans le Dialogue des carmélites. On sent, dans la Comtesse Ceprano de Laurence Janot, rien qu’à son élégante allure et robe, qu’elle est prête ou s’apprête à les déposer en faveur de favorite du Duc, en dépit de son piteux mari dépité, peut-être consentant selon les insinuations de Rigoletto, Jean-Marie Delpas, pourtant impressionnant. La voix légère d’Alfred Bironien en Matteo Borsa en fait un pendant, pendard paillard, de la légèreté du Duc, l’art du courtisan étant de singer le maître, tandis que la voix sombre et noble de Gilen Goicoechea dément cruellement la noblesse de cœur que Rigoletto prête au Chevalier Marullo, peu chevaleresque à l’heure de vérité. Les actes démentent les paroles, comme celles, perverses de duplicité, de la mezzo-soprano Marie Lenormand, souple Giovanna, maquerelle plus que duègne de Gilda qu’elle vend au Duc, dupant le père soupçonneux. Personnage tragique dans cette cour corrompue, ayant le cœur, au cœur même de la fête, de dénoncer le Duc qui a profané sa fille, Monterone trouve dans le baryton-basse Maurel Endong un interprète à la hauteur, d’une noble grandeur et l’on comprend que Rigoletto soit glacé e sa malédiction.
Par sa stature géante, la basse Patrick Bolleire, dans la lumière de la fête puis tapi dans l’ombre, en Sparafucile, spadassin salarié proposant un contrat dans les règles, semble une statue fatale du destin, qu’il semble servir professionnellement des ombres oraculaires de sa voix, déjà sépulcrale. Gémelle en taille sinon en esprit criminel toujours complice, sa sœur Maddalena, la mezzo Deniz Uzun, vamp longiligne et sculpturale, justifie la toquade du Duc s’aventurant en pareil lieu pour cueillir ce fruit, professionnellement pas défendu, mais sachant se défendre, opposant, à la presse de l’homme, le désir de paresse séductrice de la femme, guère abusée par les paroles séduisantes de l’homme. La chaleur et la beauté du timbre sensuel, velouté, voluptueux sans lourdeur, la justesse de son jeu, rendent crédible le personnage, le désir de l’homme, et leur enlacements érotiques ont une vérité d’autant plus cruelle à l’incrédulité de la pauvre Gilda, témoin contraint de l’infidélité de son Prince, sous le regard sadique de son père voyeur.
Le Duc de Mantoue est incarné avec prestance par le ténor John Osborn. Son timbre n’a sans doute pas la chaleur latine de ce rôle frivole, mais témoigne de la qualité stylistique, sans frontières aujourd’hui, des écoles de chant. Avec aisance et finesse vocale interprétative, il dessine les lignes avec élégance, attentif au raffinement des détails de sa riche partition.
De la soprano Ruth Iniesta, on ne dira pas qu’elle compose le personnage de Gilda, elle semble l’incarner, elle paraît l’être, le vivre, coulé en elle comme coule sa voix, timbre frais, médium charnu, aisance de l'émission, technique sans faille, diction naturelle, au service d’une juste et touchante interprétation. On sent encore la petite fille innocente mais malicieuse, avec une vivacité et des impatiences de frêle oiseau désireux sans doute de s’envoler de sa cage, dans sa robe rose.
À ses côtés, Sebastian Catana est une immense masse physique et vocale. Sa voix de baryton, large et puissante, est imposante, apparemment sans effort. Mais, est-ce parce qu’il est blessé à la jambe ? Il fait habilement de sa claudication la démarche théâtrale du bossu Rigoletto, contraint d’être souvent assis sur une chaise bien intégrée au jeu scénique, mais il manque de nuances dans les moments où le forte naturel de son organe devrait s’attendrir de tendresse et de douleur. On lui saura gré, malgré tout, d’avoir assuré courageusement le spectacle avec ce métier terrible où les acteurs, incarnant les héros les plus puissants en fiction, ne sont heureusement pas des machines mais aussi des hommes soumis à nos misères humaines.
RIGOLETTO, de VERDI
PRODUCTION Opéra de Marseille
Direction musicale : Paolo ARRIVABENI
Assistant direction musicale :
Giorgio D’ALONZO
Mise en scène : Charles ROUBAUD
Assistant mise en scène :
Jean-Christophe MAST
Décors : Emmanuelle Favre
Costumes :Katia DUFLOT
Lumières :Jacques ROUVEYROLLIS
Assistante lumières : Jessica DUCLOS
Régisseur de production :
Jean-Louis MEUNIER :
Second régisseur :
Cyril COSSON :
Régisseuse de figuration :
Alexandra BEIGNARD :
Gilda : Ruth INIESTA
Maddalena : Deniz UZUN
Giovanna : Marie LENORMAND
La Comtesse Ceprano : Laurence JANOT
Le Page :Ana ESCUDERO
Rigoletto : Sebastian CATANA
Le Duc de Mantoue : John OSBORN
Sparafucile :Patrick BOLLEIRE
Le Comte Monterone : Maurel ENDONG
Le Chevalier Marullo : Gilen GOICOECHEA
Matteo Borsa : Alfred BIRONIEN
Le Comte Ceprano : Jean-Marie DELPAS
L’Officier : Norbert DOL
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille
Chef de Chœur Florent MAYET
Pianiste / Cheffe de chant Fabienne DI LANDRO
Photos : Camille Rovera
1. Fête chez le Duc ; 2. : Comtesse Ceprano ; 3. Asile secret de Rigoletto ; 4. Gilda effondrée ; 5. Sparafucile et Maddalena.
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