Critiques de théâtre, opéras, concerts (Marseille et région PACA), en ligne sur ce blog puis publiées dans la presse : CLASSIQUE NEWS (en ligne), AUTRE SUD (revue littéraire), LA REVUE MARSEILLAISE DU THÉÂTRE (en ligne).
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à
RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
Ci-dessous : liens vers les sites internet de certains de ces supports.

L'auteur

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Agrégé,Docteur d'Etat,Professeur émérite des Universités,écrivain,traducteur,journaliste DERNIÈRES ŒUVRES DEPUIS 2000: THÉÂTRE: LA VIE EST UN SONGE,d'après Caldéron, en vers,théâtre Gyptis, Marseille, 1999, 2000; autre production Strasbourg, 2003 SORTIE DES ARTISTES, Marseille, février 2001, théâtre de Lenche, décembre 2001. // LIVRES DEPUIS 2000 : LA VIE EST UN SONGE, d'après Calderón, introduction, adaptation en vers de B. Pelegrín, Autres Temps, 2000,128 pages. FIGURATIONS DE L'INFINI. L'âge baroque européen, Paris, 2000, le Seuil, 456 pages, Grand Prix de la Prose et de l'essai 2001. ÉCRIRE,DÉCRIRE L'AMÉRIQUE. Alejo Carpentier, Paris, 2003, Ellipses; 200 pages. BALTASAR GRACIÁN : Traités politiques, esthétiques, éthiques, présentés et traduits par B. Pelegrín, le Seuil, 2005, 940 pages (Prix Janin 2006 de l'Académie française). D'UN TEMPS D'INCERTITUDE, Sulliver,320 pages, janvier 2008. LE CRITICON, roman de B. Gracián, présenté et traduit par B. Pelegrín, le Seuil, 2008, 496 p. MARSEILLE, QUART NORD, Sulliver, 2009, 278 p. ART ET FIGURES DU SUCCÈS (B. G.), Point, 2012, 214 p. COLOMBA, livret d'opéra,musique J. C. Petit, création mondiale, Marseille, mars 2014.

lundi, novembre 06, 2017

DÉPASSER LA GUERRE PAR LA FRATERNITÉ…


Enregistrement 25/9/2017, passage, semaine du 20/10

RADIO DIALOGUE RCF (Marseille : 89.9 FM, Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)

« LE BLOG-NOTE DE BENITO » N° 289

lundi : 12h15 et 18h15 ; samedi : 17h30

Semaine 45
Alexandre Kastalsky (1856-1926)
Commémoration fraternelle, CD Hortus

Avec la commémoration de la première guerre mondiale de 14/18, en 2014, les Éditions Hortus avaient commencé une vaste fresque, une immense collection discographique dédiée à l’événement à travers la musique : Les Musiciens et la Grande Guerre. Réalisée sur cinq ans, cette collection  qui ira jusqu’en fin 2018, centième anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, aura offert plus d’une trentaine d’heures de musique. Cette collection grandiose pose ces questions que nous rappelons :
« Que savons-nous réellement de la création entre 1914 et 1918 ? Que connaissons-nous du répertoire dont les auteurs tombés au combat n’ont pas eu le temps d’asseoir leur notoriété ? Comment se placent les œuvres de ceux aujourd’hui considérés comme des maîtres dans l’ensemble de cette production ? Quelle a été l’emprise du conflit sur l’inspiration des compositeurs ? Quel était le contexte musical avant cette grande tourmente ? Qu’en est-il des hommages musicaux écrits dans l’immédiat après-guerre ?
C’est à ces nombreuses questions que la collection Les Musiciens et la Grande Guerre tente donc d’apporter une réponse.
      Au-delà d’un intérêt musical ou historique, cette collection a pour ambition de constituer une base patrimoniale cohérente offrant un panorama de la création musicale des nations impliquées dans le conflit. Sinon vrai travail de recherche au sens scientifique, universitaire, du terme, cette foisonnante somme de documents musicaux qui sont ici rassemblés, répertoriés, pourrait justement le susciter, inspirer des études musicales et sociologiques, qui pourraient trouver leur place complémentaire précieuse dans l’Histoire de cet affreux conflit mondial par le biais culturel négligé de la musique, la part sans doute la plus humaine dans l’inhumanité de « Grande » Guerre, ainsi  qu’on l’appelle, mais nous corrigerons : "grande" sans doute par le désastre qu’elle fut pour tous les belligérants.
La dernière livraison, c’est déjà le volume XXIV. Les précédents CD avaient offert un vaste panorama de musiques des nations impliquées dans le conflit, Allemands, Américains, Anglais, Australiens, Belges, Français, Italiens, etc, des compositeurs reconnus aux plus confidentiels. Les Russes manquaient à l’appel, dont la participation à la guerre cessa en 1917 à cause de leur Révolution d’octobre, dont on célèbre le centenaire, et sans doute plus à l'extérieur que dans la Russie même qui la vit naître…. Cette Commémoration fraternelle d'Alexander Kastalski, comble donc une lacune. C’est une messe des morts, un requiem  « pour les alliés victimes de la Première Guerre mondiale », frères, hélas, dans la mort. La musique mêle fraternellement, œcuméniquement, des motifs de musiques liturgiques catholiques, orthodoxes, anglicans. Nous écoutons un extrait du début, « Requiem æternam » par le Chœur Kastalsky sous la  direction  d’Alexeï Roudnevsky, avec une émouvante sonnerie de carillons qui semble trouer la densité du silence par leurs lentes notes telles des larmes :

1) PLAGE 1

Né en 1856 à Moscou, Alexandre Kastalski est un des plus importants compositeurs liturgiques de Russie. Étudiant au Conservatoire de Moscou, notamment avec Tchaïvovski comme professeur, il fut sensible au mouvement russophile, versé dans la tradition nationale, qui s’opposait au courant occidentaliste de Saint-Petersbourg (depuis Pierre Ier qui fonda la ville), d’où son intérêt pour les musiques populaires et anciennes. Son requiem, qui rendait hommage à toutes les victimes, fut interprété justement en 1917, au fameux théâtre Marinski de Saint-Petersbourg devenue Petrograd  durant la guerre afin d'en effacer la consonance, la désinence germanique, puis Leningrad avec la Révolution bolchévique, à laquelle il adhéra. Il anima des orchestres et chœurs ouvriers pour lesquels il écrivit des chansons, avant d'occuper des postes académiques jusqu'à sa mort en 1926.
Le numéro quatre de cette messe des morts dont le compositeur russe suit fidèlement le modèle, c’est le Ingemisco latin, ‘je gémis,’ mais qui a une brève glose en anglais : Guilty now I pour my moaning, ‘Coupable, je verse maintenant mes gémissements’. Kastalsky honore ici la religion anglicane, brodant sur un hymne d’un musicien anglais dont il donne honnêtement le nom. C’est un passage lyrique dévolu à une soprano, dont la voix se déploie de façon aérienne sur le souffle de l'orgue. C’est ici Ekaterina Yassinskaia, et l’organiste, une femme, Lioubov Chichkhanova :

   2) PLAGE 4
 Cette œuvre monumentale, a été enregistrée en public, par le chœur d'hommes de Moscou « Kastalsky », mais aussi, en renfort, le Figuralchor de Cologne, le chœur de la cathédrale de Graz. Ekaterina Yassinskaia (soprano), Lioubov Chichkhanova (orgue de la Philharmonie de Moscou), Vladimir Degtiarev, assurant la direction.
        Ce CD comprend aussi trois œuvres de trois compositeurs impliqués dans le conflit, un Allemand, Hans Fährmann (1860-1940), Klage, no 1, opus 60, une sombre lamentation du début de la guerre, la Marche héroïque de l’Anglais, Alfred Herbert Brewer (1865-1928) et, enfin, la Canzona du Français René Vierne (1878-1918), dont le frère fut décapité par un obus. Les pièces pour orgues sont exécutées par Sylvain Heili sur l’orgue de la collégiale Saint. Pierre de Douai.
        Nous nous quittons, cependant sur le beau « Lacrymosa » du requiem d’Alexandre Kastalski :

3) PLAGE 6 : FIN ET FOND

Les musiciens dans la Grande Guerre (vol. XXIV) : « Commémoration fraternelle », requiem d’Alexandre Kastalski, Klage d’Hans Fährmann, ,  Canzona de René Vierne,  Marche héroïque d’Alfred Herbert Brewer,  CD Hortus. 

dimanche, novembre 05, 2017

SALON EN FOLIE


VIVE L’OPÉRETTE !

II

Quatre jours à Paris
Opérette en deux actes et six tableaux
Livret de Raymond Vincy et Albert Wullemetz
Musique de Francis Lopez
29 octobre
Quatre jours ? On en prendrait bien quarante, et même autant de fiévreuses nuits, et ce ne serait pas une quarantaine pour fièvre quarte ou autre virale infection, mais pour une vraie affection envers cette troupe qui s’est dépensée sans compter pour nous contenter et si ces  artistes n’avaient paru s’amuser autant que nous, on aurait presque eu honte de rire à leurs dépens, à leur dépense folle d’énergie à conter, chanter et danser cette décoiffante histoire d’un joli coq, coqueluche épidémique, au sens épidermique et érotique du mot, d’un Salon de Beauté dont les beautés assidues le poursuivent de leurs assiduités.



L’œuvre

Pourtant, musicalement, ce n’est pas du meilleur Francis Lopez dont tant de mélodies se coulent si facilement dans l’oreille et la mémoire. « La samba brésilienne » (au Brésil, c’est du masculin) jolie redondance comme si la samba pouvait être d’ailleurs, est peut-être le refrain le mieux connu de l’ensemble. Mais, en revanche, les chansons gagnent en qualité de texte ce qu’elles perdent peut-être en charme musical. Ainsi, les couplets relativement érudits comme du Offenbach entonnés par Hyacinthe sur son rêve d’un « monde sans femmes » (paradoxe du patron du salon de beauté qui ne vit que par elles), qui enfile la litanie plaisante des couples célèbres perdus par la femme depuis Adam et Ève, Samson et Dalila, en passant par Abélard, châtré (on le passe) à cause d’Héloïse, tirade qui relève d’une vraie culture populaire dispensée alors à tous par l’école de la République.


Par ailleurs, contrairement à nombre d’opérettes, ou mêmes quelques opéras, qui sont une enfilade de scènes, de tableaux juxtaposés, mais sans guère d’action dramatique tenant en haleine, il y a ici une vraie construction théâtrale, certes dans les conventions du genre, les surlignant même théâtralement par des clins d’œil, avec ses deux parties contrastantes entre le salon de beauté parisien et l’auberge provinciale où, comme en tout  bon vaudeville, tout le monde se retrouve dans la plus invraisemblable mais hilarante conjonction de conjoints et amants en folie, avec les quiproquos des fausses identités et des méprises à la clé, clé de voûte de la comédie.


L’intrigue se passe à Paris mais, avec Francis Lopez, Basque espagnol né par hasard en la France, la latinité musicale ne perd jamais ses droits, même élargie comme ici au Brésil, un Brésil, plutôt hispanisé en accents et noms, Amparita pour elle, Bolivar pour lui (comme le héros de la décolonisation sud-américaine), acclimaté à un Paname qui a acclimaté bien des Brésiliens, qui a toujours accueilli en son sein le monde entier, ses rythmes les plus endiablés. Ah, le fameux, le pétulant Brésilien de La Vie parisienne d’Offenbach qui vient se faire voler à Paris par de jolies femmes tout l’or que là-bas il a volé ! Ici, on inverse le genre : c’est la pétaradante, puissante et possédante Brésilienne venue aussi faire la fête aux dépens de la bourse et de l’honneur de son riche mari.



Réalisation et interprétation

Nous sommes donc à Paris, dans l’institut de beauté « Hyacinthe de Paris », du nom de son patron. On imagine déjà, avec une moue, ces dames plutôt mûres, des dondons dondonnantes venues pour tenter de « réparer des ans l’irréparable outrage » comme précieusement dit Racine, en clair : pour se faire rafistoler. Mais non, les dames qui animent le plateau dans cette distribution n’ont rien à réparer : elles sont toutes irrésistiblement séduisantes, de la première à la dernière, même hirsutes, emperruquées, ébouriffées elles sont ébouriffantes de charme, quant à la mal fagotée servante de Lapalisse (Julie Morgane), ce serait une lapalissade que de dire qu’on la sent vite maîtresse après son passage à l’institut. D’autant que ces clientes, viennent non seulement pour leur propre beauté mais attirées, toutes, par celle du beau Ferdinand (Grégory Benchénafi, qui justifie bien le rôle !), chef du personnel, amant en titre de Simone (Carole Clin), la manucure, qui n’a cure de ses rivales au pluriel jusqu’à ce qu’une singulière passante la force finalement à passer la main.


Ces belles dames rêvent toutes de séduire le beau gosse. Entre autres, la plus ardente, la richissime Brésilienne (Caroline Géa, volcanique à souhait !), épouse du jaloux Bolivar, qui ne veut pas quitter Paris sans faire la conquête, disons plutôt l’emplette, de Ferdinand et le mettre d’urgence dans son lit : en somme, une souvenir de luxe touristique comme un autre. Pour assouvir son désir, elle a soudoyé le faible Hyacinthe, lui promettant de commanditer son commerce en danger s’il lui obtient les faveurs du jeune premier. Le patron envoie donc en mission amoureuse son bel employé chez l’impatiente sud-américaine. Mais celui-ci (imaginez, le luxe de l’enfant chéri de ces dames !) sans doute blasé de la bringue avec tant de belles grandes bringues, groupies dégingandées, godelureau en goguette, court le guilledou, tout doux, romantique—qui l’eût cru— platonique (!) avec Gabrielle (Amélie Robins), que nous ne verrons qu’au second acte, une bien jolie provinciale venue passer quatre jours à Paris.


Fureur tropicale d’Amparita frustrée et de Simone, la maîtresse larguée, affolement des clientes privées de leur beau Ferdinand. Lui, pour échapper à son vraiment fanatique fan club féminin, a filé, prétextant que sa grand-mère chérie est gravement malade (confusion poilante avec la plus vieille poule du poulailler de l’auberge du père de Gabrielle), fuyant celles qui le pourchassent et pourchassant qui le fuit, courant après Gabrielle, repartie pour Lapalisse, Allier (vous connaissez ?). Poursuivi poursuivant, il la retrouve enfin. Enfin, pas qu’elle, tout le monde se retrouve, l’Institut Hyacinthe du premier au dernier Ambroise rêvant aussi l’ambroisie de Ferdinand, fous à (Al)lier, dans l’auberge de « Grand-mère », avec des quiproquos d’une grande drôlerie, le brésilien mari qui débarque, « Je vous salue, mari ! », bien marri de marrantes découvertes, pour nous, vertes et pas mûres pour lui, des scènes de ménage qui déménagent, armes en main, de dépit et délire amoureux : « Lady Di, Lady Didi, Lady Gaga… » la gagatise de l’amour et refrain à chacun selon sa situation : « Ah, quelle nuit de printemps ! »  Mais tout s’arrange dans le monde heureux de l’opérette : chacun retrouve sa chacune. À Paris. Ouf !

Il faut oser le dire : monter ce genre d’œuvre, avec tant de personnages, dans un tempo qui n’a aucun temps mort, n’est pas une mince affaire et Jacques Duparc semble bien à la sienne : on est littéralement emporté par le rythme de cette opérette qui n’est pas particulièrement courte, et l’on ne voit pas le temps passer. Paroles, jeux de mots, chansons, danses intégrées dans l’action et non détachées (jolie chorégraphie et danseuses de Lætitia Antonin) tout s’enchaîne dans un tourbillon étourdissant qui nous emporte, et avec une telle aisance qu’il faut retrouver, entre deux rires, tout son sens froid critique pour apprécier tout le travail intense et du metteur en scène, qui incarne par ailleurs Montaron, et de tous les acteurs chanteurs derrière cette apparence facilité, sûrement conquise par l’effort. Un dynamisme à couper le souffle, le nôtre et pas le leur.

Dire que tout le monde est à citer n’est pas une simple formule puisque,dans une troupe, chacun existe par tous les autres. Ainsi, Jean Goltier est à la fois Dieudonné et Ambroise, le jeune éphèbe efféminé gaiement bien dans sa peau, heureux signe des temps. On voudrait tout le monde heureux comme nous et l’on regrette que la charmante Clémentine de Priscilla Beyrand soit injustement rebutée par Nicolas et la maîtresse femme, Simone, accorte Carole Clin, par Ferdinand, mais l’on se réjouit que cette dernière devienne la première dans le cœur de Nicolas, un Grégory Juppin dont on a dit et redira les immenses qualités : un seul regard, mélancolique, et il fait exister son personnage au-delà du bouffe de la situation de bavard incontinent, naïf. Mais il chante remarquablement et, vrai athlète danseur, il suffit de quelques pas, un pas de deux, un preste duo plein de prestesse acrobatique avec Julie Morgane, digne alter ego féminin, et l’on retrouve le brio scénique de deux artistes complets, chant, danse et comédie, déjà appréciés. Cette dernière, a un vrai rôle de théâtre et, d’un personnage bouffe, elle fait une merveille d’émotion et de drôlerie : elle est, pour les autres, la pauvre servante « simplette » Zénaïde, une sorte de souillon, de Cendrillon, mais papillon sortant de sa chrysalide à Paris, elle séduira enfin le patron ronchon : La Serva padrona enfin.


Guy Bonfiglio est un Bolivar fracassant, tonitruant, tuant (enfin, presque) des rivaux imaginaires tant il est jaloux de sa femme. Et comme on le comprend ! En Brésilienne délurée, avec de délirants dérapages langagiers en son exotique accent tenu sans faille, Caroline Gea, Amparita désemparée des faux bonds de l’élu de son cœur, non, de son corps, robes fringantes, capelines, seyantes, est si capiteuse qu’elle justifie amplement le péché capital : œil et voix de velours même dans le déchaînement passionnel, un gaspillage d’énergie et de volupté prometteuse que laisse passer ce nigaud de Ferdinand. Il est vrai qu’il est amoureux. Et comme on le comprend ! quand on la voit, quand on entend sa voix, de Gabrielle, une Amélie Robins au mieux de sa forme (de ses formes aussi), timbre raffiné, couleur d’un diamant sans arêtes, rond, qui surmonte l’acoustique ingrate de la salle.  C’est la jeune première digne du jeune premier Grégory Benchénafi, beau, traînant tous les cœurs après soi, bien disant, bien chantant, mais il faut souligner aussi pour saluer ces artistes, que l’une des difficultés de l’opérette est ce passage constant, fatigant, de la voix parlée à la voix chantée, qui peut être périlleux, et ce n’est pas un mince mérite que de le surmonter. De remarquables et beaux comédiens dignes des comédies musicales américaines de la belle époque d’Hollywood.


   On ne sait —mais on devine— comment, en 1948, au sortir de la guerre, la Libération n’étant pas forcément celle des mœurs, comment le public pouvait appréhender le personnage scénique de l’homosexuel Hyacinthe, le patron ultra maniéré, efféminé au-delà de la frontière du genre. Mais Antoine Bonelli, emperlé, embagouzé, a un tel bagout que, tout en jouant de tous les clichés, de toute la rhétorique gestique et vocale du stéréotype scénique, lui donne un tel naturel dans l’artifice, un tel caractère bonhomme et bon enfant, que cet homo, disons « gay » —mot à la mode du politiquement correct qui cache encore hypocritement ce qu’on ne saurait voir—n’est jamais ni grivois, ni graveleux, ni grossier, juste une gauloise gaudriole inversée, comme le genre, bon enfant, et l’on rit franchement avec lui sans aucune méchanceté, heureux signe des temps, parce qu’il est drôle et non bizarre, sans arrière-pensée vulgaire.

À la tête de l’Orchestre du Théâtre de l'Odéon, d’une vraie fosse (on ne le voit pas !) Bruno Membrey dirige le plateau et son monde d’une baguette au rythme étourdissant, euphorique.
Les décors d'Art musical Christophe Vallaux et Marcel Pierre Chassany sont plaisants et leurs costumes élégnants même dans la parodie.
 
On retrouvera avec bonheur dans ce même Odéon Grégory Benchénafi avec Manon Taris le 30 novembre, 20 heures, dans Broadway symphonique, avec l’Orchestre philharmonique de Marseille, Caroline Gea avec Marc Larcher dans 1 heure avec, Aux portes de l’Espagne, le 6 décembre à 17h15, accompagnés au piano par Caroline Oliveros et, le 3 janvier, ce sera le tour de Julie Morgane et Grégory Jupin, avec la même pianiste, pour Fantaisie ! À ne pas rater 
Quatre jours à Paris
 Odéon, Marseille
28 et 29 octobre
Direction musicale : Bruno MEMBREY
Mise en scène : Jacques DUPARC
Décors et Costumes : Art Musical, Christophe VALLAUX et Marcel Pierre CHASSANY
Chorégraphie : Lætitia ANTONIN
Distribution :
Gabrielle : Amélie ROBINS
Amparita : Caroline GEA
Zénaïde : Julie MORGANE
Simone : Carole CLIN
Clémentine : Priscilla BEYRAND
Ferdinand : Grégory BENCHENAFI
Nicolas : Grégory JUPPIN
Hyacinthe : Antoine BONELLI
Bolivar : Guy BONFIGLIO
Montaron : Jacques DUPARC
Dieudonné et Ambroise : Jean GOLTIER
Orchestre du Théâtre de l'Odéon

Photos : © Christian Dresse
1. Le beau et ses belles (Benchénafi and girls) ;
2. Brésilienne en folie (Géa) ;
3. Hyacinthe et Nicolas (Bonelli, Juppin) ;
4. La belle Gabrielle (Robins) ;
5. Brésilenne et Nicolas (Géa, Juppin) ;
6. Zénaïde et Nicolas imbriqués (Morgane, Juppin) ;
7. Dieudonné et Zénaïde ( Goltier, Morgane) ;
8. Jeunes premiers (Robins, Benchénafi) :
9.  Chantons sous la pluie des larmes de rire.


vendredi, novembre 03, 2017

LE FEU COUVE AU COUVENT


Benito Pelegrín

VIVE L’OPÉRETTE !

         « Vive le mélodrame où Margot a pleuré ! », s’exclamait Musset.
Vive l’opérette où nous avons ri, dirons-nous, surtout en des temps qui prêtent moins à rire qu’à pleurer.
         L’Opéra de Toulon a ainsi ouvert d’un franc éclat de rire sa saison lyrique avec Mam’zelle Nitouche, vaudeville-opérette, dynamitant les convenances conventuelles et l’Opéra de Marseille/Odéon a sainement ponctué les sombres drames à l’affiche, Le Dernier jour d’un condamné, La Favorite et Tancredi de Quatre jours à Paris ensoleillés, dynamisant les règles conventionnelles de l’opérette par le vaudeville.
I
LE FEU COUVE AU COUVENT

MAM’ZELLE NITOUCHE (1883)
Vaudeville-opérette en trois actes
Musique d’Hervé
 Livret d’Henri Meilhac et Albert Millaud
NOUVELLE PRODUCTION
Opéra de Toulon, dimanche 15 octobre




I. L’œuvre

Très connue hier mais aujourd’hui peu jouée, Mam’zelle Nitouche (1883) d’Hervé, pleine de trouvailles, méritait bien ces retrouvailles

Sainte Nitouche ? Ironiquement, c’est une personne, une jeune femme, une jeune fille, qui joue hypocritement les innocentes, bref, qui cache prudemment, sous le masque de prude, une vie un peu moins pudique. Oh, il n’y a pas de quoi fouetter un chat et, encore moins, une chatte. D’autant que le personnage à double vie est plutôt le héros, en fait, masque réel du compositeur qui l’inspire : Hervé. Un simple prénom qui en cache plusieurs, symboles d’une vie à multiples facettes. En effet, Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, est un compositeur, auteur dramatique, acteur, chanteur, metteur en scène et directeur de troupe français, né en 1825 et mort en 1892.Anticipant Offenbach, il peut à juste titre se proclamer, et réclamer le titre : créateur de l’opérette en France. Pour gagner sa vie, Florimond Ronger est organiste des plus sérieux à Saint-Eustache, institution religieuse des plus sévères, à Paris : il tiendra ce poste pendant plus de huit ans.


Parallèlement, attiré par le théâtre, s’étant découvert une voix de ténor et des dons de comédien comique, devenu compositeur, il s’en allait chaque soir chanter et jouer clandestinement, anonymement, dans les petits théâtres de banlieue. Il lui fallait cacher cette double vie qu’on ne lui aurait pas pardonnée dans la pieuse institution et qu’on aurait tournée en dérision dans le monde de la fête et du théâtre. D’où le pseudonyme d’Hervé. Près de quarante ans plus tard, Meilhac le fameux librettiste de Carmen et d’Offenbach, assisté de Millaud, mettent en scène sa double vie, il en compose la musique, et cela donne Mam’zelle Nitouche, opérette qui triomphe, longtemps très jouée, filmée avec de grands acteurs jusqu’après la Libération, rien moins que Raimu et Fernandel.



Double trouble, triple c : couvent, coulisses, caserne

Mamz’elle Nitouche met donc en scène Célestin, l’organiste de l’austère Couvent des Hirondelles, institution huppée de jeunes filles, qui, le soir venu, se transforme en Floridor, compositeur dont on va donner la première opérette au théâtre. Mais il n’est pas seul à jouer un double jeu de rôles : passant allègrement des deux côtés de la clôture, nous avons un galant Major frère, sinon de la Majorette, de la Supérieure du couvent ; un vicomte courant le guilledoux et la dot, jouant pour fin de compte —courant— les inspecteurs pour inspecter sa tirelire inconnue, des soldats jetant la casaque aux orties pour le tutu, et surtout, au-dessus du troupeau bêlant des virginales pensionnaires et de la mêlée méli-mélo des mâles, l’air de rien mais touchant à tout, battant les mousquetaires au couvent en faisant le mur de celui-ci pour aller au théâtre et du théâtre à la caserne, Denise de Flavigny, notre Sainte Nitouche. Et concentrant et mettant en abime toutes ces doubles faces, la Supérieure et la diva Corinne sont supérieurement et divinement jouées par un homme, Olivier Py pépiant, caquetant, imposant, décrétant, minaudant, vocalisant, diva empanachée, décorsetée et déjupaillée, Carmen, Manon, Dalila, qui s’assume enfin comme tel, enfin presque, ânonnant en innocent Loriot, comique troupier, bêtifiant benêt à l’œdipe mal résolu, cornéliennement déchiré entre papa et maman.


Parmi les jeunes filles en fleur à l’ombre du cloître gris, des roses, un bouton prometteur : la couvée du couvent chérie de la Supérieure a donc éclos d’une pure colombe, Denise. Mais l’on sait —non, on ne sait pas, alors je le rappelle aux connaisseurs ou le révèle aux ignares— les colombes et les roses, autrefois érotiques attributs de Vénus, par le renversement sens dessus dessous de la bigoterie chrétienne, devinrent les catholiques symboles virginaux de Marie, Eva devenue Ave par les vertus de l’eau bénite, et le mois de mai des amours et des roses fut fait, défait, mois des maris marris (mariages interdits) mais celui de la Rosière, la virginale colombe du Prix de Vertu qui gardera sa fleur pour le pieux époux du pieu conjugal. Bref, sous la grise cendre de la couventine estampillée vertu modèle par la Mère Supérieure du couvent couve le feu divin et non dévot de la divette qui brûlera les planches et enflammera le public du théâtre et le théâtre d’opérations d’une troupe guère opérationnelle, d’une bande débandée de soldats en tutu-pan-pan, sans faire pour autant tata mais « taratata, c’est le clairon qui sonne ».




La réalisation

Dès le hall d’entrée, accueil patriotique : personnel à cocarde tricolore et, dans la salle, un vaste fond de scène aux mêmes couleurs, l’épique Liberté guidant le peuple de Delacroix campée héroïquement sur une barricade, flanquée à gauche de l’insurgé à gibus mais arborant un bouquet au lieu d’un fusil, à droite, de Gavroche brandissant aussi des fleurs et non des pistolets, mais la souriante Marianne attisant l’ardeur des hommes sur fond de Tour Eiffel n’a pas le beau sein fièrement nu mais les mamelons pudiquement et hypocritement offusqués d’une étoile : la féminité honteuse en gros plan ? Plan pan, pan-pan cucu bourgeois et triste tartuferie des temps : « Cachez ce sein… » ? Bien peu émancipateur en tout cas, à l’inverse de la banderole qui proclame : « Opéra révolutionnaire », dont rien, dans le texte et la musique, ni la mise en scène, ne viendra corroborer le qualificatif, à part les clinquantes couleurs, chaud au cœur, bleu, blanc, rouge des costumes et décors.

Au pied de cette gaudriole étoilée, attaché au plateau, triste gauloiserie, un vrai coq s’égosille sur scène à un cocorico de vulgaire coucou et l’on se demande, en souffrant pour lui, ce que la pauvre bête vient faire dans cette galère : libérez le poulailler, les poules et le coq !

Ceci dit, il y a tant à dire et à rire dans ce spectacle qu’on serait tenté de tout dire en ne disant mot : en riant. Coups de théâtre, quiproquos, danses, dialogues burlesques, chants, tout s’enchaîne sans solution de continuité et l’on redoute même l’inéluctable fin, tant la faim euphorique est insatiable, aiguisée par cette mise en scène de Pierre-André Weitz, dont l’hilarante évidence épidermique ne doit pas masquer la sérieuse virtuosité profonde qui y préside. Du hall à la scène, jouant lui-même les clowns présentateurs mieux que Monsieur Loyal, puis le Régisseur Piero affolé, il paie partout de sa personne, en belle monnaie sonnante et trébuchante mais jamais claudicante, menant de plein et solide pied les maquillages (et ceux de Py sont dignes d’anthologie), des costumes inventifs et festifs, des nonnains aux apaches parisiens, puritains et coquins (Sainte Nitouche, sous sa bure, l’impure !), auteur de l’habile scénographie de manège à tourner la tête : couvent, gare, coulisses du théâtre, avec des lumières complices de Bertrand Killy, à la fête des yeux et une  chorégraphie dans la même veine et verve joyeuse d’Iris Florentiny. Touche à tout sinon Nitouche, Weitz est un homme-orchestre, et sa troupe est réglée dirait-on métronomiquement comme autant d’instruments parfaits répondant à l’impeccable mécanique du vaudeville bien ajustée à la direction musicale de Jean-Pierre Haeck dans la fosse au diapason du plateau, malgré quelques turbulences.


D’Olivier Py, je ne connaissais que le metteur en scène, mais, successivement Mère Supérieure au port altier d’abbesse de Port-Royal, avec les hublots de ses lunettes, puis Corinne, diva irascible et susceptible et même attendrissant dans les couplets du brigadier Loriot, qui a hésité entre deux carrières grandioses : l’armée de papa et la passementerie de maman, il est tout simplement irrésistible. Malgré cette écrasante présence, tous les autres acteurs chanteurs ne sont heureusement pas écrasés : voix pure, timbre doucement acidulé, Lara Neumann est une Denise Nitouche en demi touche au début avec ses airs de chaste demoiselle convenue, mais airs qui, enfreignant la convention, se décalent, déglinguent en seconde partie, trahissant les aspirations moins chastes de la jolie personne. Malgré barbe et moustache qui lui font prendre un coup de vieux, jeune premier avantageux, Samy Camps campe un séduisant Champlâtreux, vicomte désargenté chantant avec cynisme le mariage de raison. En Floridor à la double vie, avec beaucoup de passages parlés fatigants pour la voix chantée, Damien Bigourdan crée un personnage crédible, attachant. Attaché à ses basques pour le botter, Eddie Chignara est un Major vert-galant en goguette, grognon avec ses hommes, gâteux avec la cocottante cocotte Corinne, vantant l’avantage d’une épouse sourde d’oreille. Clémentine Bourgoin est une angélique Sainte Nitouche à la touche moins farouche quand elle soulève les jupons.

Avec à peine quelques mots ou quelque phrase chantée, soldats, apaches, danseuses de cancan, tous les autres acteurs, chanteurs, danseurs, seraient à citer, faisant exister ce spectacle fou, ces idées folles, fofolles pour notre bonheur : Sandrine Sutter, Ivanka Moizan, Antoine Philippot, David Gilardi, Pierre Lebon.


Ce spectacle truculent, succulent, est appelé à tourner et l’on y applaudit, non parce qu’il est dans les bons rails opportuns des tournées officielles sans risques et souvent sans grandeur, mais parce qu’il le mérite amplement par un remarquable travail à tous niveaux.
On salue  de retrouver à Toulon la belle tenue du programme bien documenté, bien illustré. 


Mam’zelle Nitouche 
Vaudeville-opérette d’Hervé
Opéra de Toulon,
13 et 15 octobre

Production Bru Zane France, coproduction Opéra de Toulon, Angers Nantes Opéra, Opéra de Limoges, Opéra de Rouen Normandie, Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon
Direction musicale : Jean-Pierre Haeck.

Mise en scène, scénographie, costumes et maquillage : Pierre-André Weitz.

Lumières : Bertrand Killy.

Chorégraphie : Iris Florentiny.

Distribution :
Denise de Flavigny : Laura Neumann ; La Supérieure / Corinne : Miss Knife (alias Olivier Py) ; La Tourière / Sylvia :  Sandrine Sutter ; Lydie : Clémentine Bourgoin ; Gimblette :  Ivanka Moizan.

Célestin : Damien Bigourdan ; Fernand de Champlatreux : Samy Camps ; Loriot : Olivier Py ; le Major, comte de Château-Gibus : Eddie Chignara ; le Directeur : Antoine Philippot ; Gustave, officier : Pierre Lebon ; Robert, officier : David Ghilardi ; le régisseur Piero : alias Pierre-André Weitz.

Photos : © Frédéric Stéphan :

1. Rideau de scène ; 
2. Weitz ;
3. Invocation à sainte Nitouche (Bourgoin, Neumann) ;
4. Paris canaille ;
5. Directeur et danseuses ;
6. La gare ;
7. Tambour battant à la caserne (Neumann et danseurs).

LE PIRE : PAS DE PHOTO DE PY





jeudi, novembre 02, 2017

DE DON JUAN EN DON JUAN, MON TROISIÈME…

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PREMIÈRE JOURNÉE, CINQUIÈME TABLEAU

Scène 4
[Le navire de Don Juan rentrant en Espagne après le scandale napolitain a fait naufrage sur la côte de Tarragone ; le sauvant de la noyade, la pêcheuse Thisbé le prend dans ses filets, mais va tomber dans les siens…]

(Thisbé prend Don Juan évanoui sur son giron, le contemple entre ses bras).


THISBÉ :
         Beau jeune homme, noble et gentil cavalier, revenez à vous !

DON JUAN :
         Où suis-je ?

THISBÉ :
         Je crois que cela se voit :
         Une femme vous tient dans ses bras.

DON JUAN :
         Je me mourais dans la mer
         Mais dans vos yeux je revis
         Car de son liquide enfer
         J'émerge en leur paradis.
         Une tempête effroyable
         Coula mon vaisseau sur ces bords
         Mais pour mieux m'offrir le port
         De vos deux bras secourables.
         Déjà je me sens renaître,
         Mais pourquoi s'en étonner ?
         Voyez-vous, le verbe aiMER
         Contient la "mer" d'une lettre !

THISBÉ :
         Vous montrez beaucoup de flamme
         Pour quelqu'un d'aussi transi !
         Pour quelqu'un qui rendait l'âme
         Vous montrez beaucoup d'esprit !
         Mais si vous avez subi
         La torture de ces flots,
         C'est le supplice de l'eau
         Qui vous fait parler ainsi !
         Je crois que vous y avez bu
         Le sel de vos fariboles
         Sans lequel vous n'auriez pu
         Rendre ces belles paroles.
         Vous savez être éloquent,
         Votre silence en dit long :
         Vous aviez perdu le sens
         Mais non point les sensations.
         Vous gelez à fendre l'âme
         Mais à qui vous en croirait
         Vous promettez belle flamme :
         C'est trop beau pour être vrai !
         Vous semblez cheval de Troie
         Tout mouillé en apparence
         Qui, pour briser ma défense,
         Porte le feu sous le froid.
         Et si vous brûlez ainsi
         Bien que vous soyez en nage,
         Une fois sec, je présage
         Vous risquerez l'incendie !
         Vous promettez un beau feu
         A qui vous écouterait,
         Feu de paille de l'aveu.
         Plaise à Dieu que ce soit vrai !

DON JUAN :
         Il eût mieux valu pour moi
         Mourir sain d'esprit dans la mer
         Que périr de désarroi
         Dans la rigueur de vos fers !
         Car la mer pouvait m'étreindre
         Mais non me faire embraser
         Quand vous refusez d'éteindre
         Le cœur que vous enflammez.
         Vous ressemblez au soleil
         Bien que vous soyez de glace
         Car la neige de vos grâces
         Allume un feu sans pareil.

THISBÉ :
         Il y a chez vous un tel feu
         Bien que vous soyez glacé
         Que l'on se prend à ce jeu.
         Plaise à Dieu que ce soit vrai !

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