vendredi, janvier 28, 2011

L'HEURE DU THÉ

L’HEURE DU THÉ
20 janvier 2011
Foyer de l’Opéra de Marseille

Bon début d’année pour la rituelle Heure du thé des solistes du CNIPAL, qui ont rempli nos vœux et reçoivent les nôtres.
Trois perles rares venues d’ailleurs, du Japon et de la Corée, la troisième, rarissime, de Georgie, les deux premières voix déjà entendues. Tomoko Hayakawa, de Kyoto, ouvrait le ban de cette première partie dévolue au lied et l’on retrouvait avec plaisir sa solide voix de mezzo corsé, large et pleine, au timbre un peu étrange mais très personnel, son talent évident de comédienne à l’humour sensible. Ogresse truculente dans le récent Hänsel und Grettel (voir Heure du thé de décembre), elle campe encore avec bonheur des personnages bien typés, hauts en couleur, ici, Baba la turque, la femme à barbe barbante et volubile du Tom, libertin velléitaire du Rake’s progress de Stravinsky. Sa voix puissante s’allège tendrement pour la berceuse de la Mère du Consul de Menotti, fait montre d’une belle ligne phrasée dans Urlicht de Mahler, de beaucoup de noblesse dans l’aria di portamento de la Cornelia du Giulio Cesare de Händel, sur la tenue du souffle, qui lui convient mieux que les vocalises encore un peu raides ou timides de l’aria de Junon de Semele, aux aigus éclatants. On imagine que bientôt, avec une voix à peine plus grave, un personnage comme Mistress Quickly, du Fasltaff de Verdi, (« Reverenzia ») lui irait comme un gant.
D’aussi belles qualités parent le baryton Taeil Kim, également déjà apprécié dans le rôle du Père lors de ce Hänsel und Grettel. Malgré quelques « graillons » importuns du froid subit dans Allerseelen et dans Zweignung de Richard Strauss, cet excellent chanteur dissipe ce léger encombrement bronchial avec beaucoup de métier et nous émeut d’intensité pudique dans l’ultime ballade de Billy Bud de Britten, toute en retenue de sa large voix, dans cette marche doucement funèbre, motif lancinant, lunaire, bercé d’étranges clapotis de vagues au piano poétisé de Nina Huari. Dans deux des « Chansons de voyage », de Ralph Vaughan Williams, il régale de son timbre éclatant, du volume égal de sa voix, de son sens du texte. Enfin, une aria de Berenice de Händel lui permet de donner sa mesure dans le vrai bel canto au sens précis du terme de chant baroque orné, démontrant sa maîtrise du style, l’agilité des vocalises, la facilité de l’aigu, et l’intelligence des variations du da capo.
La découverte, c’est la mezzo Irina Aleksidze, qui se produit pour la première fois en ce lieu. Allure et figure, élégance du port, présence immédiate, visage aigu à l’expression intense d’une Callas géorgienne qui aurait dépassé ses problèmes vocaux. Émission aisée, vibrato slave, timbre riche, grave somptueux, aigus souples et irradiants sans problème apparent de passage, ne seraient que de strictes qualités techniques si elles ne servaient, avec un égal bonheur des rôles divers, les diableries vocaliques du Rossini de l’Italiana in Algeri, allégeant sa grande voix, avec une incarnation si plaisante d’Isabella qu’on croit rêver à la voir entrer si pleinement dans le cauchemar éveillé de l’Azucena verdienne du Trovatore. D’excellente comédienne d’humour et coquetterie, elle devient une tragédienne évidente, audible et sensible, maîtrisant son émotion perceptible pour créer la nôtre, bouleversante.
On connaît et goûte les qualités de Nina Huari au piano, non seulement partenaire humblement attentive aux chanteurs, mais soliste exemplaire qui fait, avec une fougue toute italienne pour une finnoise, un véritable morceau de concert du ballet rêveur et cauchemardesque du Macbeth de Verdi.

2 commentaires:

  1. n’arrêtes pas ce bon travail merci.

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